Société

18 mai : jour de fête et de prise de conscience pour les Haïtiens


Le 18 mai 1803, lors du Congrès de l’Arcahaie, Jean-Jacques Dessalines et ses Généraux ont pris la plus importante décision de l’histoire d’Haïti. En dévoilant le drapeau du pays, ils ont juré de se défaire à tout jamais des chaînes de l’esclavage, de s’affranchir du joug français et de se donner un pays.

Ainsi donc, le 18 mai, en Haïti, marque la fête du Drapeau.

Le drapeau haïtien est-il né de celui des Français ? Le bicolore noir et rouge a-t-il été le premier choix de Dessalines?

Aujourd’hui, chers compatriotes, ces interrogations m’importent peu. Je mets provisoirement de côté les controverses relatives à notre drapeau national. Bien que je valorise l’historicité de notre passé glorieux, je me préoccupe tout autant, si ce n’est plus, de notre présent.

Or, force est de reconnaître que notre présent n’est pas glorieux lorsque nous constatons qu’Haïti, notre chérie, est kidnappée par les gangs de rue, prostituée et exploitée par la bourgeoisie pétionvilloise et délaissée par des politiciens incompétents et corrompus.

La fête du 18 mai ne doit pas être réduite à un jour de congé, de repos, auquel les gens se disent « Bonne fête du Drapeau », sans prendre conscience de la nécessité de perpétuer l’héritage de leurs ancêtres.

Certes, l’impérialisme vampirique de l’Oncle Sam a eu beaucoup d’impact sur la paupérisation d’Ayiti, mais nous devons procéder à une autocritique afin de prendre notre destin en main et créer la force dont nous avons besoin pour redresser la situation dans laquelle se trouve le pays.

Osons le dire : l’élite haïtienne, influencée et soutenue par l’Occident, porte une grande part de responsabilité dans l’exode massif des jeunes Haïtiens qui fantasment sur le rêve américain et qui préfèrent même le cauchemar dominicain à celui de leur pays.

Comme le dit si bien Dany Laferrière, « l’élite haïtienne est comme un voyageur en première classe qui ne se soucie pas de la présence d’une bombe en classe économique ».

Qu’il s’agisse de Clifford Apaid, de Dimitri Vorbe, de Michael Madsen ou de Gilbert Bigio, des multimillionnaires qui se sont enrichis sur le dos des pauvres, nous devons dénoncer l’indifférence flagrante de cette oligarchie face à la pauvreté grandissante de la République.

La fête du 18 mai ne doit pas être réduite à un jour de congé, de repos, auquel les gens se disent « Bonne fête du Drapeau », sans prendre conscience de la nécessité de perpétuer l’héritage de leurs ancêtres.

Cette date importante devrait nous permettre de cogiter sur le symbolisme du bicolore, sur nos aïeux qui ont défendu notre étendard au prix de sang et de cendre, ce qui nous conduirait à ressentir de l’amour et de la fierté pour notre patrie.

Plus important encore, le 18 mai 1803 devrait nous rappeler que les Noirs et les Métis ont compris qu’ils ne remporteraient pas la lutte pour la liberté s’ils ne s’unissaient pas.

En effet, un grand nombre d’officiers indigènes (Noirs et Métis) ont déserté l’armée française, dirigée alors par le général Leclerc, pour se joindre aux troupes de l’armée révolutionnaire du général Jean-Jacques Dessalines.

L’union fait la force.

Or, 218 ans plus tard, Haïti est affaiblie par une déliaison sociale, une ségrégation raciale.

Les bourgeois, composés principalement de Blancs, de métis et d’arabes, qui ne représentent que 3% de la population haïtienne, mais qui gèrent 80% de l’économie nationale, sont d’un côté, les Noirs, de l’autre.

C’est un exemple frappant du système d’apartheid.

Enfin, il importe de souligner que le classisme existe dans toutes les nations, toutefois, dans le contexte haïtien, cette division enfreint les règles dessaliniennes.

De ce fait, pour maintenir notre fierté, notre liberté et notre indépendance, nous avons le devoir de réinstaurer la formule « L’union fait la force » dans notre conscience collective.


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