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Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, le Canada a commis le génocide


Alors que le bilan des restes d’enfants autochtones retrouvés s’est alourdi hier, le 30 juin, où 182 tombes anonymes ont été découvertes sur le site d’un ancien pensionnat autochtone en Colombie-Britannique, le gouvernement Trudeau se retrouve dans une position sens dessus dessous, cherchant les mots pour expliquer cette affaire horrible et scandaleuse.

Pourtant, au lieu de faire des détours politiciens pour prononcer des mots tendres enrobés de douceur, le premier ministre JustinTrudeau devrait simplement dire qu’il y a eu génocide des peuples autochtones au Canada.

Plus de 1000 enfants autochtones dans des tombes anonymes ont été découverts, et selon le juge Murray Sainclair, ancien sénateur et président de la Commission de vérité et réconciliation (CVR), ce nombre pourrait atteindre 15 000 à 25 000.

Une journée de réflexion ?

En conférence de presse, le 25 juin dernier à Ottawa, après la détection de 751 tombes anonymes en Saskatchewan, Justin Trudeau a invité les Canadiens à réfléchir à la réconciliation et à leur relation avec les peuples autochtones plutôt qu’à célébrer la fête du Canada avec des feux d’artifice et des bulles cette année.

Je ne dis pas que les Canadiens doivent ratiociner des heures durant, mais une journée de réflexion n’est pas suffisante pour comprendre les difficultés éprouvées par ces gens qui vivaient heureux avant l’arrivée des colons sur leur terre.

Le premier ministre Justin Trudeau

Je tire mon chapeau à notre cher premier ministre pour son humilité et sa lucidité politique, car aucun Canadien ne devrait entonner l’ « Ô Canada » avec fierté à l’heure actuelle. Cependant, quand je pense que le Canada a eu amplement le temps et les ressources nécessaires pour régulariser la situation des Autochtones, je remets vite le chapeau sur ma tête.

Donc, si je comprends bien, ce premier juillet, les gens vont cogiter sur la méchanceté de l’Église catholique en sirotant une boisson fraîche dans le confort de leur maison ou sur la terrasse de leur restaurant préféré ?

Cette hypocrisie nationale a assez duré.

Je ne dis pas que les Canadiens doivent ratiociner des heures durant, mais une journée de réflexion n’est pas suffisante pour comprendre les difficultés éprouvées par ces gens qui vivaient heureux avant l’arrivée des colons sur leur terre.

C’est en ayant le courage de se dire les vérités les plus amères que les Canadiens franchiront la première étape du processus qui consiste à les réconcilier avec les peuples autochtones.

En d’autres termes, le Canada doit sortir une fois pour toutes de son déni et reconnaître son caractère génocidaire afin de réparer financièrement les Autochtones.

De l’ethnocide au génocide

Oui, chers compatriotes, notre pays, le Canada, qui s’est souvent classé au premier rang mondial pour sa bonne réputation, doit révéler au grand public que du début du 19e siècle jusqu’en 1996, plus de 150 000 enfants autochtones ont été volés à leurs familles pour être chosifiés par des Frères religieux.

Cela fait des années que des survivants de ces camps de concentration tentent de nous raconter leur cauchemar afin de chasser leurs bourreaux de leur esprit, mais nous faisons la sourde oreille, nous les enfermons dans leur traumatisme.

Des enfants dont l’enfance a été perdue et détruite par les pratiques assimilationnistes de l’Église catholique : des abus physiques et sexuels, ainsi que la malnutrition ont causé la mort de milliers d’entre eux.

C’est ce qu’on appelle les pensionnats de la honte.

Financés par l’État, mais gérés par le clergé, ces pensionnats, qui étaient au nombre de 130 à l’échelle nationale, étaient créés pour assimiler de force les Autochtones, à savoir « tuer l’Indien dans le cœur de l’enfant ».

On leur interdisait de parler leur langue maternelle et il n’était pas permis de communiquer entre frères et sœurs.

Il s’agissait bien là de génocide et d’ethnocide, et non des erreurs graves commises par le clergé.

Cela fait des années que des survivants de ces camps de concentration tentent de nous raconter leur cauchemar afin de chasser leurs bourreaux de leur esprit, mais nous faisons la sourde oreille, nous les enfermons dans leur traumatisme.

Nous faisons également semblant de ne pas voir la pauvreté extrême, les taux de suicide élevés et les difficultés d’accès à l’éducation des peuples autochtones.

Ces gens ont beaucoup souffert et continuent de souffrir du colonialisme canadien.

Chers lecteurs, permettez-moi de vous donner quelques chiffres qui devraient aiguillonner votre journée de réflexion.

Selon Statistique Canada, en 2016-2017, alors que les Autochtones représentaient à peine plus de 4% de la population adulte canadienne, ils forment 28% des détenus dans les prisons et pénitenciers, une situation qui dévoile clairement l’existence du racisme systémique.

Étiez-vous au courant de ce fait ?

Une indifférence générale

En réalité, les Canadiens ont toujours affiché une attitude je-m’en-foutiste envers les problèmes des Premières Nations, et les revendications territoriales de celles-ci font souvent face à une hostilité générale.

J’ai encore en mémoire la crise d’Oka de 1990, qui a été un parfait exemple du colonialisme canadien qui étouffe les Autochtones.

Lors de cet événement qui a duré 78 jours, où des barricades ont été érigées par les Mohawks, une bonne partie de la population québécoise s’est indignée contre la « patience » des gouvernements provincial et fédéral.

Dans les médias, les Mohawks ont été démonisés et crucifiés. On refusait de comprendre pourquoi les Mohawks n’acceptaient pas que des promoteurs opportunistes agrandissent un terrain de golf, afin que des Blancs bienheureux s’adonnent à leur passe-temps favori.

On s’est même permis de louanger le courage d’un soldat de l’armée canadienne, Patrick Cloutier, qui a tenu tête à un Warrior lors d’un célèbre face-à-face qui a fait le tour du monde.

En lisant les commentaires au sujet des découvertes des enfants autochtones sur les réseaux sociaux, j’ai constaté que certains ont commencé à jouer au ping -pong, se renvoyant la balle, laissant de côté l’essentiel du problème : « non, c’est l’Église catholique », « le Québec n’a pas été impliqué », et « ce n’est pas la faute du Canada ».

Enfin, pour ceux qui désirent avoir une image plus globale de la réalité des peuples autochtones, je vous suggère de fouiller dans leur histoire.

Ainsi, vous serez étonné de constater que cette histoire est également la vôtre, celle du Canada, car il n’y a pas d’opprimé sans oppresseur.


Je vous invite à participer à la conversation en laissant un commentaire un peu plus bas sur le site. Merci.

2 Commentaires

  1. Cher frère, merci pour cette analyse pertinente et empreinte de vérité. Oui, l’état canadien, avec la participation honteuse de l’église catholique, est coupable de génocide a l’endroit des des vrais propriétaires du Canada. J’ai honte d’être canadien.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Vous l’avez bien dit, Serge. Les Premières nations sont les vrais propriétaires du Canada, et c’est rassurant que des gens comme vous le reconnaissent. Il y a espoir.

      Merci pour ce commentaire très pertinent, camarade. À bientôt.

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