Société

Ces prédateurs sexuels qui se cachent derrière le sport pour agresser nos enfants


En cette période de Jeux olympiques, les jeunes se permettent de rêver de faire partie de l’élite du sport. Afin de réaliser leur rêve, ils pratiquent le basketball, le hockey, le soccer et d’autres sports individuels. Malheureusement, pour certains d’entre eux, ce rêve se transforme en cauchemar, comme ce fut le cas pour Simone Biles, la gymnaste afro-américaine.

Qu’il soit Noir, Blanc, Arabe ou Latino, aucun être humain ne mérite d’être sous l’emprise de prédateurs sexuels.

Le scandale de l’école secondaire Saint-Laurent

Mais quand on apprend que de jeunes étudiantes ont subi des humiliations et des traumatismes causés par des gens auxquels elles ont fait confiance, cela devrait nous concerner au plus haut point.

On ne peut laisser les actualités et les événements liés au convoi de la liberté passer sous silence les arrestations des trois entraîneurs de basketball de l’école Saint-Laurent, accusés d’agressions sexuelles sur des étudiantes, mercredi dernier.

Il s’agit de Daniel Lacasse, 43 ans, Robert Luu, 31 ans et Charles-Xavier Boislard, 43 ans.

Souvent, certaines de ces insitutions préfèrent soutenir un entraîneur qui leur rapporte des médailles plutôt que les victimes.

Le trio pédophile présumé de l’école secondaire Saint-Laurent

Deux anciennes membres de l’équipe féminine de basketball de l’école secondaire Saint-Laurent ont porté plainte à la police.

Sans vouloir tomber dans la tautologie, je réitère qu’il est triste de constater que les klaxons des camions du convoi de la liberté fassent plus de bruit que le séisme causé par le scandale de l’école secondaire Saint-Laurent dans les médias.

C’est en partie cette forme de banalisation qui incite les victimes d’abus sexuels à se taire.

Heureusement que des anciennes victimes du trio présumé pédophile de l’école secondaire Saint-Laurent se sont confiés à l’animateur Kevin Calixte, qui, par la suite, s’est servi de sa Page Facebook pour ouvrir un dialogue sur la prévalence du harcèlement et des abus sexuels dans le sport chez les jeunes de 4 à 18 ans.

Un témoignage reçu par Kevin Cakixte, alias Keke, nous fait comprendre qu’une culture d’agression s’est peut-être développée à cette école reconnue pour son programme de basketball.

« C’était une secte, des coachs de 25 + dans des fêtes ou soirées privées avec les jeunes joueuses en dehors des heures d’école et de coaching. Il y a plus que ces trois-là. Robert, Xavier ainsi que Daniel, et ce n’est pas tout », a révélé une ancienne de l’école à Keke.

Témoignage d’une ancienne victime affiché sur le profil Instagram de l’animateur Kevin Calixte

Le cas de l’école secondaire Saint-Laurent n’est pas du tout un cas isolé. De 1999 à 2019, les tribunaux ont condamné 222 entraîneurs pour des délits sexuels envers les mineurs, qui sont au nombre de 603.

C’est ce qui ressort d’une enquête menée par des journalistes de Radio-Canada, qui ont retenu tous les crimes de nature sexuelle, du leurre d’enfant à la possession de matériel pornographique juvénile.

On a également constaté que ces abus pouvaient durer assez longtemps.

Dans le cas des deux victimes de l’école secondaire Saint-Laurent, leur calvaire a duré 9 ans. Une série de gestes de nature sexuelle ont été commis à leur endroit par leurs entraîneurs qui ont consolidé leur réputation par des victoires, des championnats et des médailles.

Voilà le problème !

Souvent, certaines de ces institutions préfèrent soutenir un entraîneur qui leur rapporte des médailles plutôt que les victimes.

L’affaire Simone Biles

Cette situation est caractéristique de plusieurs autres : des agresseurs sexuels, dont plusieurs récidivistes, sont protégés par les instances dirigeantes.

Prenons le cas de l’affaire Simone Biles, quadruple championne olympique, qui a été abusée par Larry Nassar, le médecin de l’équipe américaine féminine.

Lors d’un témoignage devant le Sénat à propos des abus qu’elle a subis, Biles a déclaré qu’elle blâme Nassar, certes, mais également tout un système qui a fermé les yeux sur les événements malsains qui ont eu lieu dans l’équipe américaine de gymnastique.

Après ma classe de sport, car, a-t-il dit, je n’avais pas participé avec autant d’enthousiasme dans la séance. Après, il m’a amné dans son bureau un peu éloigné des autres salles et m’a demandé d’enlever mon pantalon. — Claude-Alix Bertrand

« L’USA Gymnastics et le Comité olympique et paralympique des États-Unis savaient très bien que j’avais été abusée par leur médecin officiel », a-t-elle martelé.

Dans cette histoire horrible, on a appris que 40 mineures et adultes ont été agressées sexuellement après que le FBI a été mis au courant des allégations contre Nassar en 2015.

Avant de briser les chaînes de Larry Nassar, Simone Biles et ses co-équipières ont souffert en silence, sous le regard passif des autorités.

Ah, l’omerta, petite sœur de la complicité.

Un ancien ministre haïtien épinglé

Transportons-nous maintenant en Haïti, lieu de refuge de tous les tabous, où une autre histoire sordide, impliquant un professeur d’école et un étudiant, fait couler beaucoup d’encre.

À l’émission No Filter, diffusée sur Instagram, la semaine dernière, le joueur de polo Claude-Alix Bertrand a déclaré que l’ancien professeur de Saint-Louis de Gonzague et ministre des Sports, Evans Lescouflair, l’a abusé sexuellement alors qu’il n’était âgé que de 11 ans.

L’encien ministre des Sports Evans Lescouflair et Claude-Alix Bertrand

« Après ma classe de sport, il m’a demandé de rester, car, a-t-il jugé, je n’avais pas participé avec autant d’enthousiasme dans la séance. Je n’avais pas d’autres choix que de lui obéir. Après, il m’a amené dans son bureau un peu éloigné des autres salles et m’a demandé d’enlever mon pantalon… », a raconté Claude-Alix Bertrand sur le Live d’Instagram.

Pour se défendre, l’ancien ministre a joué sans honte la carte de l’homophobie, mettant l’accent sur l’orientation sexuelle de Claude-Alix Bertrand : « Je n’ai rien à dire dans la mesure où l’homme qui a fait cette déclaration est marié à un homme de nationalité étrangère. Cette accusation concerne deux juridictions. »

Selon des sources sûres, le comportement pédophile d’Evans Lescouflair est connu de tous. Les élèves ainsi que la direction de Saint-Louis de Gonzag savaient ce qui se passait dans le bureau de l’ancien professeur d’éducation physique.

La vérité, c’est que de nombreux délinquants sexuels se retrouvent sur les terrains de foot, dans les salles de gymnastique et dans les vestiaires du hockey et du basketball. Que ce soit au Québec, aux États-Unis, en Haïti ou dans les pays africains, les prédateurs sexuels utilisent le sport pour perpétrer des actes qui laissent des séquelles sur les victimes et leur famille.

En réalité, je pourrais éterniser ce texte en vous parlant de la crise de soccer gabonais, où l’ancien entraîneur-chef de l’équipe gabonaise des moins de 17 ans, Patrick Assoumou Eyi, a agressé sexuellement des centaines d’enfants, et celle du soccer anglais en 2016 ; cependant, tenons-nous-en à l’essentiel.

L’objectif n’est pas de répertorier tous les cas de pédophilie du monde, mais bien de regarder dans notre cour afin de protéger nos enfants de ces monstres.

Comment protéger nos enfants des cas d’abus sexuels ? En étant très présent dans leur vie sportive et étudiante, et en prônant la dénonciation.

Selon SurvivorsUK, un organisme britannique, les hommes victimes d’une agression sexuelle attendent en moyenne 26 ans après les actes pour porter plainte à la police.

Comme vous le savez, le machisme et le sport sont des mots qui s’entendent bien.

Et lorsque je parle de dénonciation, ça inclut aussi les entraîneurs, qui devraient être en mesure de détecter un collègue suspect.

D’après l’Académie américaine de pédiatrie, les signes inquiétants chez un enfant qui a été agressé sexuellement par un entraîneur se traduisent par un désir d’abandonner son sport, le déclin de la motivation et de l’enthousiasme, la perte de concentration et la chute des performances.

L’augmentation des blessures et du temps de récupération et l’évitement des séances avec son entraîneur représentent également des comportements à prendre au sérieux.

Il importe de savoir que le sport contribue au développement positif des jeunes, et que tous les entraîneurs ne sont pas des bourreaux.

Après tout, nous aimons tous les victoires, les médailles et la gloire sportive. Cependant, le bien-être des jeunes doit être notre priorité.


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