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Comment prévenir le féminicide dans la communauté noire ?


Les statistiques sont impitoyables. En moins de 10 jours, deux femmes de la communauté noire ont perdu la vie sous les coups de couteau de leur ancien conjoint. Depuis le début de l’année 2022 au Québec, 9 femmes ont été tuées par des hommes qui refusent de combattre leur lâcheté.

Quelles qu’en soient les circonstances, Viergemene Toussaint, Gisèle Itale Betondi et les autres victimes de cette vague de féminicides qui frappe Montréal ne méritaient pas de mourir.

Un tueur si proche

Il est inutile de chercher les raisons de ces comportements sauvages, car ces deux femmes ont été tuées parce qu’elles sont des femmes.

Cette violence atroce doit cesser.

Il faut être aveugle pour ne pas voir que les femmes et les filles sont constamment exposées à la violence fondée sur le genre. Il faut être sourd pour ne pas entendre le cri de douleur et de désespoir de plusieurs femmes de notre société, qui promeut encore l’idéologie de la suprématie du mâle.

Prenons le cas de Viergemene Toussaint, cette femme d’origine haïtienne, qui aurait été assassinée par son ex-conjoint, dont le corps a été découvert par son nouveau petit ami, vendredi.

Selon les informations fournies par La Presse, l’accusé a un passé de violence conjugale : il aurait séquestré et battu la victime l’été dernier.

Arrêté par les forces de l’ordre, il a été remis en liberté à la fin du mois de juillet, et il lui était interdit de s’approcher de la victime et de son domicile.

Cette sordide histoire ressemble à celle de Gisèle Itale Betondi, 29 ans, et de tant d’autres femmes qui ont été victimes de féminicide.

Cette mère de famille d’origine camerounaise a été poignardée à mort dans le stationnement de l’immeuble où elle habitait, dans l’arrondissement de LaSalle. Le plus triste dans cette histoire, c’est que ses enfants, dont un nouveau-né, se trouvaient avec elle au moment de cet acte horrible.

Interviewée à la station de radio 98,5, Sally, une amie de Gisèle Itale Betondi, a affirmé que chaque fois que la victime croisait son ex, il lui disait qu’il allait la tuer.

Or, confusément, son ex-conjoint avait été acquitté de menace de mort à son endroit en juin dernier.

La pensée possessionnelle

C’est une histoire qui se répète : des agresseurs, des tueurs de femmes qui bénéficient des largesses du système judiciaire.

C’est d’une tristesse incroyable.

Malheureusement, il existe encore dans notre société des hommes qui pensent que leur conjointe leur appartient, qu’eux seuls détiennent les droits sur leur vie.

Quelle indigence intellectuelle, ruinée par le machisme, que de croire qu’une femme ne peut pas mettre fin à une relation et refaire librement sa vie avec un autre !

Cette pensée possessionnelle est largement répandue par le mythe de la virilité, qui légitime l’« infériorité » de la femme .

De toute évidence, la lutte contre le féminicide passe par l’éducation et la sensibilisation auprès des jeunes garçons afin de briser le cycle de la violence commise contre les femmes.

Viergemene Toussaint, Gisèle Itale Betondi, Camila de Queiroz, Audrey-Sabrina Gratton, Cynthia Landry, Louise Avon, Madeleine Désormeaux, Maria Cristovao et Patrizia Rao, ces femmes qui ont été victimes de féminicide en 2022, ne doivent pas mourir pour rien.

Que ces décès nous servent d’avertissement.

Il existe bel et bien une culture de violence conjugale dans notre société. Aucune femme n’est à l’abri du féminicide.

Les chiffres en disent long

Permettez-moi d’ajouter quelques chiffres aux mots afin de mieux saisir l’amplitude de ce fléau.

Le féminicide, un fléau universel

Qu’elle soit noire, blanche ou arabe, d’après Statistique Canada, au Québec, une femme risque de faire partie des 20 000 personnes victimes de crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal.

Les femmes composent presque la totalité des homicides (74 %), enlèvements (100 %), séquestrations (98 %) et agressions sexuelles (98,5) commis par un conjoint ou un ex-conjoint.

Et environ 30% des victimes de violence conjugale ont entre 30 et 39 ans, et 13% ont été menacées d’une arme.

Alors, que fait-on ?

Certes, nous devons traquer ces tueurs de femmes afin qu’ils paient pour leur crime, mais il est impératif que nous enseignions aux jeunes garçons les bonnes manières. Outre les termes de civilité tels que « s’il vous plait » et « merci », il existe des méthodes qui mettent en valeur la femme.

En fait, les garçons doivent grandir dans le respect de celle qui les a mis au monde, c’est aussi simple que cela.

Et les hommes ont intérêt à s’allier à la cause féminine, ne serait-ce que pour le bien de leurs propres filles, leurs sœurs et leurs cousines.

Enfin, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en ce qui concerne l’égalité des sexes, mais ce voyage est essentiel à la société.


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1 Commentaire

  1. Mon cher,
    Je partage entièrement ton idée qui consiste à chercher jusqu’à trouver une formule à partir de laquelle, on arrive à faire cesser ces cas de féminicide dans la communauté noire, blanche ou jaune.
    On est encore impuissant, paraît-il, face à une telle situation aussi révoltante soit-elle, ne devrait plus continuer à offrir un si mauvais spectacle à tout le monde.
    Je crois que la justice devra punir les coupables avec une peine proportionnelle à leur forfait.
    De toute façon, je soutiens cette initiative et de bonne guerre.
    Sois fort dans une telle entreprise.

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