Femme noire

Dans les chalets, comme dans les espaces publics, la femme noire est une cible


La violence à l’encontre d’une femme noire, qu’elle soit le fait d’un homme noir ou d’un étranger, constitue un problème urgent auquel la Santé publique devrait s’attaquer. Mais lorsqu’une jeune femme noire se fait rudoyer, brutaliser par des hommes noirs dans la société nord-américaine, c’est de la « misogynoir » de haute trahison, de la lâcheté et de la haine de soi.

Gens de la Communauté, l’heure est grave et il y a effectivement urgence.

Une violence gratuite

Tout comme plusieurs d’entre vous, je suis tombé sur la vidéo virale où on aperçoit une jeune femme noire subir une violence particulière lors d’une soirée d’Halloween organisée dans un chalet.

Elle a été agressée, maltraitée, harcelée et humiliée sous le regard passif et jouissif de jeunes hommes noirs cherchant à immortaliser la scène avec leur téléphone intelligent.

Selon les informations reçues, on aurait brûlé ses cheveux avant de la jeter dehors d’une manière barbare.

Malgré les sacrifices consentis par nos braves femmes pour nous défendre contre le profilage racial et les abus policiers qui nuisent à la qualité de notre vie, nous continuons à les négliger.

Il s’agit bien là d’une violence gratuite qui a sûrement causé des dommages corporels à la victime, mais aussi des blessures psychologiques, autant à elle qu’à la majorité des femmes de la communauté noire.

Et cette violence excessive devrait atteindre également les hommes afrodescendants.

Personnellement, en visionnant la vidéo, je n’ai pu m’empêcher de penser aux défuntes Rebeka Harry, Nadège Jolicoeur et Marly Édouard, des femmes noires qui ont été victimes de la lâcheté masculine qui a frappé notre communauté le printemps dernier.

Messieurs, cette jeune femme qui a été attaquée sauvagement par ces gens sans aveu aurait pu être ma sœur ou la vôtre…

Que dis-je ?

Elle est notre petite sœur et nous ne l’avons pas protégée.

Comme l’a dit Malcolm X lors d’un discours concernant le sort réservé aux femmes noires, en mai 1962, «la personne la moins respectée en Amérique est la femme noire. La personne la moins protégée en Amérique est la femme noire. La personne la plus négligée en Amérique est la femme noire».

Certes, nous n’avons pas été présents sur les lieux de cet acte turpide, cependant nous avons cette mauvaise habitude de faire la sourde oreille aux difficultés de nos sœurs et ignorer leur signal de détresse.

Les femmes noires, les laissées-pour-compte de la société

Nous les reléguons au dernier rang de nos priorités.

Malgré les sacrifices consentis par nos braves femmes pour nous défendre contre le profilage racial et les abus policiers qui nuisent à la qualité de notre vie, nous continuons à les négliger.

Nous leur portons rarement secours et protection afin qu’elles surmontent les obstacles de l’intersectionnalité causée par le machisme et le racisme de l’Occident.

Pire encore, nous participons à la culture de dénigrement dont elles sont fréquemment l’objet.

D’ailleurs, les mots réducteurs qu’a utilisés celui qui a filmé les images du drame d’horreur pour décrire la jeune victime en sont la preuve.

Je concède que certains se sont dissociés de cette attaque « mysoginoiriste » en aidant la jeune femme à quitter les lieux. Et dans l’une des vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux, on a pu voir un frère tendre la main à la victime pour la protéger du hooliganisme des fêtards.

Il y a de l’espoir, mais le travail est énorme.

Je crois que si chaque famille de la Communauté met l’accent sur la valorisation de la femme noire dans les sujets de conversation à la maison, nous réussirons à faire un grand pas vers la bonne direction.

En effet, les valeurs afroféministes doivent être inculquées aux jeunes garçons ainsi qu’aux jeunes filles dès leur jeune âge.

Je dis bien afroféminisme, car, de toute évidence, plusieurs hommes noirs semblent accorder plus d’importance aux femmes blanches, arabes et hispaniques qu’à celles de leur communauté.

Oui, oui, chers compatriotes, il nous arrive de fauter sous l’influence des colons qui demeurent présents dans notre psychée.

Et si nous supprimions de notre vocabulaire les termes nigg** et bitch**, qui font partie intégrante de la culture hip-hop, et qui nourrissent la dichotomie entre les hommes noirs et les femmes noires ?

Et si nous gommions de notre pensée le concept selon lequel la femme noire est au bas de la pyramide sociale ?

Et si…

Avec des « si », messieurs, on va à Paris, toutefois, en posant des gestes concrets en faveur de la femme noire, nos sœurs pourront circuler en toute quiétude dans les lieux publics de Montréal.


Je vous invite à participer à la conversation en laissant un commentaire un peu plus bas sur le site. Merci.

8 Commentaires

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Nous partageons tous les larmes de la famille de cette jeune femme. Merci pour votre commentaire, et à bientôt.

  1. Lorsque j’ai vu la vidéo, je suis restée bouche-bée avec un sentiment d’impuissance…Étant une femme noire et une mère de 3 enfants, je ne baisserai pas les bras pour leur inculquer la protection et la défense envers les nôtres!
    …………………………………..Merci pour ce texte

  2. Jude-Alain Mathieu Répondre

    Merci pour ce texte Walter!
    Quand j’ai vue que c’est une jeune femme noire qui se faisait maltraiter ainsi, j’étais sous le choc et tout de suite j’ai pensé à ma fille.
    Il y a plusieurs frère comme moi qui veulent changer les choses.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Exactement, Jude-Alain Mathieu, nous avons tous une soeur, cousine ou une fille. Donc, la violence faite aux femme nous cl cerne. Et je suis fier de votre sensibilité

      Merci pourt ce commentaire, camarade. À bientôt.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Exactement, Jude-Alain Mathieu, nous avons tous une soeur, cousine ou une fille. Donc, la violence faite aux femmes nous concerne. Et je suis fier de votre sensibilité

      Merci pourt ce commentaire, camarade. À bientôt.

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