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Le simplisme, Donald Trump et son obsession des Haïtiens


À l’évidence, Donald J. Trump ne s’est pas libéré de ses souffrances intellectuelles : après avoir qualifié Haïti de pays de trou de merde, en 2018, le plus idiot des chefs d’État américains atteint le paroxysme du crétinisme lorsqu’il associe de manière malveillante les migrants haïtiens au sida.

Certes, Donald Trump n’occupe plus la plus haute fonction des États-Unis d’Amérique, cependant ses paroles antihaïtiennes ont suffisamment de poids pour conduire les Haïtiens de la diaspora à la persécution.

De la désinformation et du racisme

Pour la mise en contexte, lors d’une interview accordée à Sean Hannity sur Fox News, l’ancien locataire de la Maison-Blanche a affirmé que l’arrivée des migrants haïtiens aux États-Unis est un danger pour les Américains en ce qui concerne la pandémie du sida.

« Haïti a un énorme problème avec le sida. Beaucoup de ces personnes ont probablement le sida et elles entrent dans notre pays et nous ne faisons rien », a déclaré le 45e président des États-Unis. « C’est comme un vœu de mort pour notre pays », a-t-il ajouté.

Quelle simplification de la pensée !

Indubitablement, cette dérive raciste nous ramène aux années 1980, où les Haïtiens ont été indûment accusés d’être les principaux porteurs du VIH/sida par les autorités sanitaires américaines, mais elle s’ajoute également à la longue liste d’actes raciaux perpétrés par Donald Trump et son entourage.

Permettez-moi de relater quelques-uns de ces cas qui ont été rapportés par le New York Times il y a quelques années.

1973 : Le Ministère américain de la Justice a poursuivi Trump Management pour la violation de la Fair Housing Act (loi sur l’équité en matière de logement).

Les responsables fédéraux ont trouvé des preuves qui leur permettaient de croire que Trump avait refusé de louer à des locataires noirs et avait menti sur la disponibilité de ses appartements aux Afrodescendants en quête d’un logement.

Les années 1980 : Kip Brown, un ancien employé afro-américain de Trump’s Castle, a raconté comment les patrons ordonnaient à tous les Noirs de se retirer quand Donald et Ivana Trump venaient au casino. « C’était les années 80. J’étais ado, mais je m’en souviens : ils nous on tous mis à l’arrière ».

1989 : Dans une affaire controversée, qui a été qualifiée comme « le crime du siècle » par le maire de New York de l’époque, Ed Koch, cinq adolescents, dont quatre Noirs et un Latino (le Central Park Five), ont été faussement accusés d’avoir attaqué et violé une femme blanche faisant du jogging au Central Park.

Dans la foulée de cet événement, Trump déploie un arsenal publicitaire dans les grands quotidiens new-yorkais, exigeant le retour de la peine de mort, tandis qu’il s’est montré complètement indifférent au sujet d’un homme noir qui avait été poursuivi et tué par des adolescents blancs à Howard Beach.

Bien que ces jeunes aient été innocentés après avoir passé sept à 13 ans en prison, quelques semaines avant son élection à la présidence, Donald Trump a déclaré qu’il croyait à la culpabilité des adolescents noirs, malgré des empreintes génétiques qui prouvent le contraire.

Malgré sa vision misogyne et raciste, ainsi que ses propositions farfelues, notamment la fermeture des États-Unis aux musulmans, 62 millions d’Américiains ont voté pour lui en 2016, et en 2020, cet adepte du hooliganisme a reçu 12 millions votes de plus.

Le Central Park Five

1991 : Dans un livre écrit par John O’Donell, ancien président du Trump Plaza Hotel and Casino, on apprend que pour exprimer sa désapprobation d’un comptable de son entreprise, Donald Trump pense que la paresse est une partie intégrante des Noirs, et que ces derniers ne peuvent contrôler cet aspect.

Bref, Trump a toujours promu la haine raciale et, malheureusement, c’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles il a été le vainqueur de l’élection présidentielle de 2016.

Un acharnement anti-haïtien

Malgré sa vision misogyne et raciste ainsi que ses propositions farfelues, notamment la fermeture des États-Unis aux musulmans, 62 millions d’Américains ont voté pour lui en 2016, et en 2020, cet adepte du hooliganisme a reçu 12 millions de votes de plus.

Incroyable.

Serait-il un reflet de la société américaine ?

Les images des gardes-frontières du Texas qui se sont crus dans un film western de John Ford, lorsqu’ils ont pourchassé les migrants haïtiens avec fouets et lassos, semblent répondre à cette question.

Les grades-frontières américains pourchassant les migrants haïtiens

Pourquoi donc cet acharnement anti-haïtien, cette obsession d’un peuple souffre-douleur des puissances occidentales ?

De grâce, n’évoquons pas l’indigence intellectuelle comme explication du mépris raciste de Donald Trump et de certains de ses compatriotes.

La lâcheté, la méchanceté et l’insensibilité sont les mots les plus appropriés pour décrire leur comportement.

Enfin, en dépit de son inanité, il me faudrait une dizaine de textes pour exprimer tout le mal que je pense de cet être machiavélique, mais je me dois d’aller à l’essentiel, c’est-à-dire dénoncer vertement ses propos haineux.

Oui, je sais, la dénonciation constante est parfois agaçante et harassante, toutefois c’est l’un des principaux outils dont nous disposons pour combattre les actes d’injustice et le racisme.

De ce fait, qu’il me soit permis de dire à l’Amérique noire, qui a protesté judicieusement contre la mort de George Floyd à l’été 2020, que la vie des migrants haïtiens au Texas compte également.


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