Société

La libération du mot nègre ? Non merci, Dany !

Dany Laferrière a raison en ce qui concerne la polémique sur l’emploi du mot « nègre » : « en tant que lecteurs, nous aimerions que tous les mots du dictionnaire puissent vivre », dit-il. Cependant, les étudiants noirs de l’Université d’Ottawa et tant d’autres Afrodescendants ont encore plus de raisons de vouloir enterrer une fois pour toutes ce mot lié à l’esclavage et à la colonisation.

Voilà ce que je réponds à ceux et celles qui sont perplexes face aux propos de l’écrivain Dany Laferrière qui s’est exprimé en faveur de la démocratisation de l’expression « nègre ».

Il convient également de souligner que les raisonnements de Dany, que je considère comme l’une des personnes les plus intelligentes du monde, sont d’une telle ténuité et d’une telle subtilité qu’il nous est parfois difficile d’en percevoir le sens.

Un mot qui a toujours blessé

Cela dit, afin d’analyser la situation de manière adéquate et honnête, entendons-nous bien sur ce point : qu’il soit utilisé dans un contexte historique, humoristique ou artistique, le mot « nègre » a toujours servi à inférioriser et dévaloriser les personnes noires.

Il n’existe rien de positif ou d’avantageux dans ce mot qui a accompagné tant de violences, de coup de fouets, d’injustices, de lynchages, contre des hommes, des femmes et des enfants noirs.

D’ailleurs, dit-on, c’est le dernier mot que de nombreux Noirs ont entendu avant leur assassinat au cours de l’histoire.

C’est aussi le mot blessant qu’on entendait dans les cours d’école, dans le métro et dans des soirées organisées par des Blancs.

On croyait pourtant que le terme commençant par N avait été relégué aux oubliettes, car le 25 septembre 2015, le Québec – la dernière province du Canada à agir – a supprimé 11 noms de lieux qui comportaient les mots « nigger » ou « nègre » sur son territoire.

Or, la controverse soulevée par la « faute de langage » de Verushka Lieutenant-Duval, une professeure québécoise de l’Université d’Ottawa, nous porte à croire que le terme « nègre », qui s’est faufilé dans le vocabulaire de l’Occident depuis plus de 500 ans, n’est pas près de disparaître.

Selon les dires de quelques internautes de la communauté noire, des stations de radio du Québec ont profité de l’affaire Verushka Lieutenant-Duval pour détabouiser le mot qui commence par N en l’utilisant en roue libre.

Le dimanche 18 octobre, le titre d’un article paru dans le Journal de Montréal est très révélateur du vent de liberté qui souffle sur le Québec depuis quelques jours : « Le mot nègre, il va dans n’importe quelle bouche ».

Il est étonnant de constater que dans ce texte propagandiste, l’auteur, un Blanc québécois, fait l’éloge de la pensée Négritude d’Aimé Césaire. Pourtant, depuis le grand succès The Frog Song du chanteur Robert Charlebois, en 1976, aucun des « Gens du Pays » n’a revendiqué sa « froggitude ».

Il n’existe rien de positif ou d’avantageux dans ce mot qui a accompagné tant de violences, de coup de fouets, d’injustices, de lynchages, contre des hommes, des femmes et des enfants noirs.

La liberté d’expression à tout prix ?

Certes, dans une société démocratique, la liberté d’expression nous permet de dire ce que l’on veut, mais conjointement avec celle-ci, il existe la liberté de penser, qui est un exercice de la rationalité, qui nous pousse vers des questionnements réflexifs avant d’exprimer son opinion.

Autrement dit, avant de prononcer le mot « nègre », une personne blanche devrait penser aux sévices physiques et psychologiques que ses ancêtres ont infligés aux captifs africains dans les cales des négriers.

Avant de réclamer le droit d’utiliser le terme « nègre » dans son roman, un auteur blanc, qu’il agisse de bonne foi ou non, doit se demander si cette appellation ne ramène pas l’esclavage et la colonisation à la mémoire des Noirs.

Personnellement, quand j’entends ce mot, je pense à la fois où j’accompagnais ma sœur chez son futur époux à Montréal-Nord, où un xénophobe/raciste m’a lâchement frappé à la tête en criant « retourne dans ton pays, ostie de nègre ! »

Je n’avais que 11 ans et il devait être dans la mi-vingtaine.

Pas plus tard que l’année dernière, un ami blanc, tout sourire et fier de son jeu de mots, m’a demandé si je collaborais avec un « nègre » pour rédiger les articles de mon blogue.

Face à l’incapacité de supprimer de son petit esprit ce terme qui porte atteinte à ma communauté, je l’ai soustrait de mon cercle d’amis.

Ça commence toujours par une blague

Cet incident malheureux où le mot « nègre » a été utilisé malicieusement me rappelle la fois où Jean Perron, un analphabète fonctionnel, pour qui « Paris ne s’est pas construit en plein jour », a insisté pour que Georges Laraque lui donne le nom du « nègre » qui l’a aidé à écrire son livre.

En 2011, en direct à la télé, conscient qu’il ne pourrait affronter physiquement l’ancien hockeyeur noir, le père du perronnisme a eu recours à la violence verbale : « Scuze le jeu de mots, mais ça a été qui le nègre, celui qui l’a écrit pour toi là ? Ah, on appelle ça le nègre… Le nègre, celui qui écrit pour un autre… »

Des dérives racistes de ce genre, qui contaminent la télévision québécoise, sont monnaie courante. Parlez-en à Véronique Cloutier, Louis Morissette et le reste de l’équipe du Bye Bye 2008.

L’invasion raciste commence toujours avec une blague comportant le mot « nègre », ensuite une deuxième et une troisième… et nous sommes dépossédés de tous nos acquis des dernières décennies.

En conclusion, aucune personne blanche ne devrait utiliser le mot commençant par N. C’est un terme dépréciatif qui rappelle l’époque où les Noirs ont été désubstansialisés comme êtres humains.

Et, à ceux qui encouragent les Noirs à embrasser leur négritude, sachez que les temps ont changé depuis l’époque où Aimé Césaire et Léopold Senghor étaient fiers d’être nègres.

Aujourd’hui, la jeunesse noire s’inspire plutôt de l’écrivain nigérian Wole Soyinka, qui dit qu’« un tigre ne proclame pas sa tigritude. Il bondit sur sa proie et la dévore ! »


Je vous invite à participer à la conversation en laissant un commentaire un peu plus bas sur le site. Merci.


29 Commentaires

  1. Merci de traduire si bien ma pensée.
    Tous ces politiciens noirs qui declarent bien haut que l’interdiction d’utilsation de ce mot humiliant et deshumaniant est trop, sont tout simplement dans l’erreur ou encore font juste de la politicaillerie pour ranger de leur côté leur clientèle blanche.
    Honte à eux!

    • Jesse Dubreuil Répondre

      D. laferriere a roule sa bosse depuis 45 and au Canada a jouer les negres de service, ca lui a reussi, tant mieux pour lui. Mais il ne saurait parler pour nous.

      • Gabrielle renaud Répondre

        Attention à vos sources ! La personne identifée comme la professeure n’est pas la bonne personne !

        • Walter Innocent Jr Répondre

          Merci beaucoup Gabrielle. Tout est réglé. J’apprécie grandement.

      • Bertrand RIVIÈRE Répondre

        Le mot doit être jugé dans son contexte. Ce professeur l’a utilisé dans un contexte particulier qui est celui de l’exemple du pouvoir des mots. Et elle a perdu son boulot pour ça. C’est ce qui est intolérable dans la situation. Je déteste ce mot. Mais ne pas le citer ou l’effacer est comme gommer ce qu’il représente alors qu’il représente tellement….!
        Le contexte, la profondeur du pourquoi il a été utilisé doit être jugée. La forme, ce sur quoi on s’attache aujourd’hui est selon moi une belle bêtise. On est entre la culture de la liberté d’expression face à la démarche culturelle de l’effacement. Et en rien le problème du racisme systémique ou non est géré.
        Ce professeur doit être réintégré avec des excuses de la part des personnes qui l’ont virées, pour avoir commis une faute de jugement. Sauf si son cour était orienté, fascinant, raciste etc. Mais dans le cas contraire, il est stupide de maintenir cette sanction qui n’arrange rien.

    • Jocelyn Guillemette Répondre

      Très intéressante réflexion qui amène comme peu de commentaires récents l’origine de cette opposition.
      Me reste un malaise. Oui il faut abolir les mots chargé de connatation discriminatoire et portant une marque agressive sur
      l’histoire des noirs. Mais pourquoi référer au mots en Y qui désignent de façon discrimitoire et agressive les gens de la communauté juive. Sinon votre texte est excellent et fait montre d’un grand sens de la démocratie.

      • Walter Innocent Jr Répondre

        Merci beaucoup pour les bons mots, Jocelyn. Et un gros merci pour le point que vous avez apporté : oui, vous avez raison. le mot Y ne devrait pas faire partie du texte. Je m’en occupe à l’instant même.

        J’espère échanger avec vous de nouveau. À bientôt.

  2. Bonjour Walter. Tu as écris, encore une fois, un texte très dense.

    Comme la chronique de Steve Fortin que tu as signalée, il y a eu beaucoup d’autres « sorties » cherchant à exploiter le cas limite (car j’imagine que c’en est un) de la professeur d’Ottawa. Ils se servent des cas limites afin de nier la légitimité globale de la cause des Noirs dans ce cas-ci ou d’autres minorités. Le but étant de rassurer leur clientèle à tendance xénophobe, socialement et religieusement intolérante.

    D’ailleurs, Legault et la plupart de ses ministres ne sont jamais bien éloignés de leur base de supporteurs. Il est stupéfiant de voir qu’ils se soient permis de s’immiscer dans une affaire strictement ontarienne. Si le contraire survenait, on peut être certains que tout ce beau monde déchireraient leur chemise.

    Pour revenir à la professeure, j’imagine qu’elle s’exprimait en anglais. Ce qui est une circonstance aggravante, car historiquement ce mot est, en langue anglaise, hautement dégradant depuis fort longtemps. Au Québec, son utilisation était pratiquement inexistante avant que la province ne s’ouvre aux États-Unis. Il pouvait même être utilisé sans choquer tel dans le livre de Vallières.

    Le ton employé par la professeure est selon moi très important. Le recteur a clairement dit que l’utilisation du mot était fautive, mais j’ajoute que si en plus c’était dit avec arrogance et un désir de provocation (tel Jean Perron) alors elle n’a plus aucune défense. C’est un cas limite si elle s’est exprimée avec délicatesse. Tant qu’à Jean Perron, c’est un con fini. De toutes évidences, sa question ne visait qu’à étiqueter Georges Laraque et à le rendre mal à l’aise.

  3. Merci d’avoir pris le temps d’écrire ça et de partager ça avec les internets, vos propos sont justes. Par ailleurs, je tenais à vous informer que vous avez associé la mauvaise personne à Mme. Lieutenant Duval–la photo que vous avez mise, ce n’est pas elle (je l’ai eue comme professeure la session dernière et puis vous en assurer).

  4. Merci pour votre approche nuancée. J’essaye de me construire ma propre opinion concernant ce sujet et j’avoue être un peu perdu. Je n’arrive pas à me positionner de façon assumée.

    1. Je comprend sans contredit la violence et le mépris que représente ce mot et son utilisation est définitivement condamnable. Je ne l’utiliserais jamais pour décrire qui que ce soit, mais j’ai peine à comprendre pourquoi il est méprisant de le prononcer pour dénoncer son utilisation (le cas de la professeure). L’intention derrière l’utilisation du mot me semble être ce qui est réellement à préscrire. L’utilisation de l’expression « le mot en n » ne me semble pas mieux que l’utilisation du mot en question puisque tout le monde entend le mot dans leur tête lorsque quelqu’un utilise l’expression « le mot en n ». Si tous les racistes de ce monde se metteraient à cracher: « espèce de mot en n » à toute personne de couleur, la violence faite serait, il me semble, tout aussi grande que si ils utilisaient le vrai mot en question.

    2. Je ne sais pas quoi penser non plus du mot qui se retrouve dans certaines références culturelles, tel que le livre de Laferrière. Je ne peux me prononcer sur ce livre, puisque je ne l’ai pas lu, mais je pense notemment à la musique, qui contient de nombreuses références à ce mot.

    Je trouve insuportable d’écouter des pièces contenant le mot crié avec haine et violence tel que dans le hip hop de la fin des années 90 et ce, malgré le fait que ce soit prononcé par des personnes de couleur. J’aime cependant une pièce par Taj Mahal, intitulée Cajun Waltz, dans laquelle le mot est dans le refrain. À chaque fois que je l’écoute, je me demande cependant si je ne devrais pas me sentir coupable d’aimer cette chanson. Et que dire de la chanson « Rednecks » de Randy Newman (un chanteur blanc reconnu pour ses dénonciations des injustices raciales et sociales)? La chanson dépeint l’extrème imbécilité des racistes du sud des États-Unis. Je ne fais jamais jouer cette chanson, qui se veut ironique, de peur qu’un voisin l’entende et ne comprenne pas l’ironie, me prenant du coup pour un monstre raciste. Est-ce normal? Comment gérer tout ça?

    • En Haïti , pays encore francophone le mot nègre , nèg , nègès veut dire homme noir fort, courageux et de caractère.
      Femme vaillante et courageuse.

      Nous sommes tellement fier de ce mot qu’il faudrait immigrer en France ou au Canada pour comprendre sa connotation péjoratif.

      Vu que Danny Laferrière a grandit en Haiti, il doit encore garder la fierté du mot nègre que nous ressentons en Haïti.

    • Le mot nègre dit entre noirs fait moins mal, mais il est pas souvent utilisé. C’est la seul chose importante à considérer.

      Quand un blanc utilise le mot nègre, il l’utilisera toujours chez lui dans sa maison. Le raciste, il l’utilisera quand il sera en panique sachant que son vocabulaire est limité. Le prof on la connaît pas vraiment et l’étudiante non plus . La direction, même chose. Comme dis le monsieur aux cheveux oranges, ça c’est des fake news.

  5. Bonjour, je suis de tout coeur avec vous concernant cette situation.

    Concernant la photo du professeure, c’est en effet la mauvaise personne. C’est l’image de Alexandra Vincent, elle est doctorante en service social.

    Solidaire,

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci beaucoup Julie ! Alexandra et moi avons pu régler le problème. J’apprécie votre soutien.
      À bientôt !

  6. Salut, très bien expliqué, mais de ce que je comprends, la professeure expliquerait que le mot N était utilisé et acceptée entre les noirs eux-mêmes, pourquoi utilisez-vous le mot N entre-vous et qu’il soit acceptée? Entre blanc Québécois nous ne nous traitons jamais de Frogs….

    • Le mot nègre à permis à plusieurs esclaves de se libérer. Aujourd’hui, si ma mère fait un souper haitien avec plusieurs membres de la famille et j’utilise ce mot, c’est presque sur que je dois m’excuser ou manger ailleur.
      Si je dis ce mot pendant que j’écoute du Ice cube avec mes amis, personne ne sera outrés.

      Bref même entre noirs, il y a un stress à utilisé le mot. Le mot fait mal pour plusieurs et avec raison , mais le mot démontre une certaine résilience que plusieurs être humains qui proviennes des quatre coins du globe n’auront jamais. Spécifiquement, quand il est dit entre noirs.

  7. Andley Dorgervil Répondre

    Je crois qu’il vaut mieux apprendre à maîtriser le langage que de se préoccuper d’un seul mot. Il est certain que le terme en question est chargé, mais qu’il faut le voir à priori comme un mot parmi tout les autres. De plus croyez-vous qu’il est possible d’effacer un mot de la conscience collectif? Un mot qui a des « cousins » dans d’autre langue qui ne sont pas aussi chargé (souvent qui ne représente que la couleur noir) mais qui ont la même racine linguistique (nero, negro, etc…)? Bonne chance!

  8. Angelot Ducheine Répondre

    Merci de nous rappeler l’incident en 2011 avec Jean Perron et Georges Laraque.
    Merci de nous rappeler le Bye Bye 2

    Je pense que nous, membres de la communauté noire au Québec, avons la mémoire courte.

    Pensez-vous que nous devons inciter les rappeurs à ne pas utiliser le terme «nigga» ou «nigger» dans leurs textes?
    Pensez-vous qu’il faut employer le terme «nonm» en créole haïtien signifiant «homme» au lieu «nèg» ?

    Cordialement,

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Bonjour Angelot ! Inciter les rappeurs à ne pas utiliser le mot « nègre » est primordial. Plus nous utiliserons ce mot, plus nous aurons de la difficulté à guérir nos blessures.

      Quant au mot « nèg », qui est un héritage esclavagiste, il est différent du mot « nègre ». Et, malheureusement, je ne crois pas que nous porrons changer la langue haïtienne, Angelot.

      Au plaisir d’échanger de nouveau avec vous, camarade. À bientôt.

      • On peut pas demander à un rappeur de changer le mot N pour un autre.

        Un rappeur noirs qui réussit c’est un nègre puisqu’il se fait dire non lorsqu’il veut rentrer dans un studio d’enregistrement qui appartient à des groupes de personnes qui n’aime pas les chansons provocatrices. Pourquoi les gens utilisent cette musique au gym ? Posé vous la question.
        Quand plusieurs petits blanc m’ont battu qyand j’étais jeune après l’école, j’ai du me défendre. Mouvement de nègre ?
        Bien sûr et j’étais fier. Ces jeunes là ne m’ont plus jamais fait chier et la police ne m’a jamais enmerdé. Le nègre existe la vie du nègre exsite et le nègre a le droit d’être heureux. Surtout quand il écoute du rap.

  9. Verushka Lieutenant-Duval ne dira plus jamais le mot en classe. Pour en être certaine, elle a retiré les oeuvres afro-américaine de son cours.

    Voilà le résultat. Ce n’est pas celui que vous attendiez? Dommage..

    • Walter Innocent Jr Répondre

      David, ce que les étudiants noirs veulent, c’est que l’on respecte leur entiment. Le mot N les blesse énormément, et on doit respecter ce fait.

      Merci pour votre partcipation.

  10. Christiane Gervais Répondre

    La prof n’a nullement fait un faute de langage, elle a donné un exemple et les manipulateurs s’en sont emparés nous dévoilant là, leur propre racisme.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Christiane, les « manipulateurs » dont tu parles ne sont pas à l’aise avec ce mot. Ça les blesse et on doit respecter ce fait.

      Merci pour votre commentaire. À bientôt.

  11. Bonjour M. Innocent,

    J’ai souvent pensé à ce mot et la réappropriation du terme ces derniers temps. Est-ce que vous pensez qu’il est justifié de l’utiliser entre personnes noires? Je ne le sais pas mais il me semble que les Juifs n’emploient pas les mots racistes entre eux que vous mentionnez ci-hauts. Du côté personnel, j’essaie simplement d’écouter ceux qui en témoignent la négativité qu’apporte ce mot et de me sensibiliser aux enjeux des communautés racialisées.

    Merci.
    MvB

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Bonjour Michael,
      Je suis content que vous ayez posé cette question : le mot « nègre », qu’il soit utilisé par les Noirs, y compris moi, ou les Blancs, n’est pas acceptable. Cependant, venant de la bouche d’une personne blanche, c’est très blessant. Oui, les rappeurs noirs l’utilisent en abondance, mais ça , c’est un problème que la communauté noire devra régler elle-même.

      Personnellement, je n’ai jamais été un fan de ce mot, même dans le contexte du mouvement Négritude. Les professeurs d’université sont assez intelligents pour saoir comment présenter ce mot dans un contexte historique sans blesser qui que ce soit. Et le Mot N… est la manière idéale.

      Merci pour votre intervention, Michael. À bientôt.

  12. Pascal Grenier Répondre

    Parmi toutes les vives réactions que le débat suscite de part et d’autre, je tiens à dire que j’apprécie le ton de votre billet et l’ouverture à la discussion qu’il permet.
    La communication est la clé, j’imagine.

  13. Je ne pense pas que la professeur avait tous les acquis et atouts pour parler de la chronologie historique de ce mot ni de l’emploi dans les différentes culture en Amérique. Si elle avait fait une approche avec tact je ne pense pas que les étudiants l’auraient mal pris. Si depuis le debout elle avait expliqué qu’en haiti, le mot negre est utilisé pour identifier tous hommes car dans la culture héritée des africains tous le hommes sont égaux, cela aurait apporté une autre vision plus valorisante et globale de ce mot. Je suis certaine qu’elle ne connait pas cette partie de l’histoire mais veut parler du mor negre, n’importe quoi!! Contrairement a l’emploi de ce mot de nos frères aux états unis ce mot est d’une valeur dégradante . Malheureusement beaucoup de professionnels blancs parlent de l’histoire des noirs en parlant que de l’aspect occidental et sans avoir de formation spécialisée sur la culture et l’histoire des afro descendants. Il est normal de sentir insulter lorsqu’on se fait raconter son histoire par une personne qui connait qu’une parcelle de celle ci.

    Merci pour ton article très valorisant et rassurant pour nous.

  14. Bonjour Walter. La récupération par les démagogues de Québécor de l’affaire Lieutenant-Duval est à vomir, mais elle était tellement prévisible.

    Ils font le coup à chaque fois qu’une affaire teintée en gris fait les manchettes. Ils vont toujours dans le même sens, soit réconforter la majorité, possiblement secouée dans ses convictions par une minorité. Ici, la minorité peut être n’importe quoi, les exemples sont nombreux.

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