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Mort de Joyce Echaquan : les Haïtiens du Québec doivent soutenir les Autochtones

Comme l’a dit, John Donne, le poète anglais, « la mort de tout homme me diminue parce que je suis du genre humain ». Or, dans le contexte actuel marqué par le racisme qui sévit dans les hôpitaux de la Belle Province, la mort tragique de Joyce Echaquan, une femme autochtone, devrait révolter les Haïtiano-Québécois.

Avant de poursuivre, signalons que si le premier ministre François Legault avait besoin de preuves empiriques sur l’existence du racisme systémique au Québec, il ne devrait pas chercher plus loin que l’affaire Joyce Echaquan.

Allongée sur un lit de l’hôpital de Joliette, l’Atikamekw de Manawan a subi pour une dernière fois des injures crasses de son oppresseur qui n’a jamais effacé l’image folklorique des Autochtones de sa pensée.

« C’est meilleur pour fourrer qu’autre chose, hein ? Surtout que c’est nous autres qui paie pour ça. », dit une infirmière qui devait prodiguer des soins à sa patiente.

« Je pense que t’as de la misère à t’occuper de toi, on va le faire à ta place. », laisse également tomber une autre.

Quelle attitude paternaliste qui continue de régner au sein du public et dans les services sociaux du Québec !

« La vie est parfois difficile », se lamentent plusieurs d’entre nous qui doivent modifier le cours de leur vie en raison des mesures de sécurité relatives à la deuxième vague de la COVID-19.

Cependant, il importe de savoir que cela a toujours été le cas pour les Autochtones, qui ont été victimes du plus grand vol à main armée de l’histoire du Canada, où la terre a été servie comme butin.

Non seulement ont-ils été dépossédés de leur terre, mais jusqu’en 1951, il leur était interdit d’embaucher des avocats pour protéger leurs droits.

Or, ayant perdu approximativement 98% de leur territoire, les Premières Nations ont été refoulées dans des réserves isolées. De la fin du 19e siècle jusqu’en 1996, plus de 150 000 enfants autochtones ont été volés à leurs familles pour combler les vides des familles blanches.

Des abus physiques et sexuels, ainsi que la malnutrition ont causé la mort à quelque 3200 de ces enfants.

Étrangement, la rédaction de ces lignes me donne une impression de déjà-vu.
J’ai l’impression de faire un survol de l’histoire d’Haïti, mon pays d’origine.

Bon, je ne prétends pas connaître à fond l’histoire des Autochtones autant que la mienne, mais il existe des similitudes notables entre les deux, d’où mon soutien sans réserve à la population des Premières Nations.

Certes, nous n’avons pas la même couleur, cependant nous partageons une douleur qui est vivace.

Par exemple, le cas de nombreuses femmes autochtones qui sont violentées et tuées annuellement sans aucune intervention judiciaire me rappelle celui des Afro-Américains qui sont victimes des pratiques barbares des policiers blancs.

Quand je regarde, avec indignation et tristesse, comment les Autochtones se font maltraiter par les « macoutes » du SPVM dans les rues du centre-ville, je pense au profilage racial qui perturbe la vie des jeunes Haïtiens de Montréal-Nord, de Saint-Michel et de Repentigny.

En réalité, Joyce Echaquan aurait bien pu porter le nom Jocelyne Jean-Louis et être victime de ce racisme décomplexé, quelques minutes avant sa mort.

Enfin, de profondes cogitations sur cet incident sordide me portent à croire que je ne me bats peut-être pas pour la cause noire, mais bien pour la cause humaine.


Je vous invite à participer à la conversation en laissant un commentaire un peu plus bas sur le site. Merci.

9 Commentaires

  1. Elle a prouvé non seulement aux médias mais aux monde entier qu’en 2020 ya tjrs pas de changement,que la discrimination systémique persiste tjrs non seulement envers la nation Atikamekw mais envers les Autochtones et d’autres origines ethniques.

    Mikwetc Joyce🌹

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci beaucoup pour ce commentaire, Yann Nikweto ! Que justice soit faite à sa famille.
      À bientôt, camarade.

      • Carline Joseph Répondre

        La mort de cette femmes autochtones aurait du faire survolter tous les peuples racisée du Canada et du monde entier car elle (sa mort) est exactement la même que celle de Georges Floyd ! La vidéo démontre clairement un meurtre prémédité! Et la phrases « Je pense que t’as de la misère à t’occuper de toi, on va le faire à ta place. », en est la preuve ! Alors ce que je ne comprends pas c’est pourquoi ce silence presque général de notre part ? Est-ce parce qu’elle une femme? Une indienne? Est-ce la peur?

        Personnellement je sens une complicité de meurtre de tous les ethnies du Canada de part ce grand silence et pire encore je sens un message clair de bienvenue vous pouvez continuer de nous assassiner. Les meurtriers (ères) perdront seulement leurs jobs! Avec la pénurie d’infirmières ça prendra pas de temps qu’elle va se retrouver un emploi et ce très rapidement!

        Merci Walter ce texte rappelle tellement les enjeux que vivent nos compatriotes dans les quartiers ci-haut mentionnés mais tant que la loi de l’omerta régnera nous serons toujours VICTIMES!

        • Walter Innocent Jr Répondre

          Carline, je te remercie beaucoup pour cette lumière : la phrase « Je pense que t’as de la misère à t’occuper de toi, on va le faire à ta place » est incriminante. Je n’y avais même pensé.

          Et tu as raison, ce ne serait pas surprennant que cette infirmière qui a été congédiée soit emoloyée dans un autre hôpital assez rapidement.

          Merci pour cette belle intervention, Carline. À bientôt.

  2. et quid de la reparation des anciens esclaves français d »Haiti par l’état français qui les a maintenus dans l’état de deshumanisation absolue jusqu’à leur rebellion en 1802
    l’histoire d’aujourd’hui est la continuation de l’histoire d’hier . et ce qu’a fait la Nouvelle France aux hommes et femmes des premières nations ne devraient pas faire oublier aux haïtiens ,ce que la France , mère des droits de l’homme, a fait souffrir aux victimes de la commission des deux crimes contre l’humanité qu’ont été la traite et l’esclavage .
    Alors pourquoi ce sommeil dogmatique des haïtiens envers l’état français qui est la source et l’origine de leur tragique passé esclavagiste , Quid de la dette que la France a extorquée un siècle durant au peuple d’Haiti

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Espérons que les fils de Dessalines lisent votre commentaire, Boukman.

  3. Merci Walter, pour ta noble prise de position.

    Je ne suis pas particulièrement friand des cellulaires, que je trouve beaucoup trop invasifs. Toutefois, on doit reconnaître que, sans eux, beaucoup d’horreurs auraient passé tout à fait inaperçues. La fin de vie de Mme Echaquan est très révoltante. Espérons qu’elle amorce un réveil chez les Québécois, particulièrement ceux dits de souche et espérons aussi que le PM Legault ait enfin le courage de risquer de déplaire à sa base. Cela rappelle un certain président.

    Bon nombre de Québécois de souche réagissent fortement à la moindre indignité infligée à un des leurs, mais ils sont extraordinairement réticents à défendre les minorités québécoises. J’en ai vraiment pris conscience lors de la crise d’Oka en 1990. Beaucoup de nationalistes criaient pour que l’armée canadienne écrase, si nécessaire dans le sang, ces effrontés de Mohawks. Ces mêmes gens blâmaient pourtant sévèrement les libéraux de 1970 pour avoir déployé l’armée afin de protéger les personnalités publiques. A noter, que je ne parle pas des arrestations sans mandat effectuées par les forces policières. Elles étaient honteusement abusives.

    Un petit mot sur les « macoutes » du SPVM. Beaucoup moins depuis la pandémie, mais auparavant, j’allais souvent sur l’avenue Du Parc, entre Sherbrooke et Prince Arthur. On y voyait souvent des autochtones, principalement Inuits. Je n’ai jamais éprouvé le moindre mépris à leur égard. Au contraire, j’ai été souvent touché par leur bonne humeur, malgré des conditions de vie épouvantables. Je me souviens de l’un d’eux. Il avait confectionné, à l »aide de rebuts, un mannequin qu’il actionnait pour qu’il quémande avec son gobelet. Le type riait de bon cœur de la surprise des passants.

    Toutefois, ces gens sont source de problèmes, autant pour eux-mêmes, que pour les commerçants du coin. Pourtant, il m’a semblé que les policiers étaient, somme toute, conciliants. Évidemment, je suis très loin de connaître tous les faits.

    PS J’emploie la mal aimée expression « Québécois de souche » car je ne connais pas d’autre façon de les distinguer de l’ensemble des Québécois francophones.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Salut mon cher Luc ! Il y a tellement longtemps. En effet, sur l’avenue du Parc, entre Sherbrooke et Milton, il y en a beaucoup qui s’y trouvent, et chaque fois que je les vois, je pense à l’histoire honteuse du Canada concernant les Prmières Nations. Et je savais qu’une bonne personne comme toi serait touchée par la mauvaise condition de quelque uns de ces Autochtones qui circulent au centre-ville.

      Quant à la crise d’Octobre, je suis du même avis que toi. D’ailleurs, toi et moi avons beaucoup discuté de cet événement. Et il me semble que c’était Bourassa qui suppliait Trudeau de « faire » quelque chose. Honnêtement, je ne vois pas de quelle autre manière que cette crise aurait pu être gérée. Selon moi, l’arrivée de l’armée était essentielle pour rétablir l’ordre au Québec. Donc, si on me demandait si je prendrais la même décision que Pierre Trudeau si j’étais premier ministre, je répondrais : « Just watch me ! » Ha ha…

      Comme d’habitude, ta réflexion était très pertinente, Luc. À bientôt.

  4. Je pense que c’est une lutte pour l’égalité. Qui dit que la couleur, l’origine, la culture ou la religion doivent déterminer quelque chose. Nous sommes tous des êtres humains et nous devons être respectés. Je suis une immigrante au Québec et juste pour avoir la peau plus foncée et parler avec un accent différent, j’ai été victime de discrimination. La planète terre appartient à tout le monde.

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