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L’Halloween, Michael Jackson et les zombies haïtiens

Permettez-moi de commencer ce texte par un petit quiz musical : quel est « l’hymne national » des partys d’Halloween? Si vous avez répondu autre chose que la chanson « Thriller », c’est que vous n’aimez pas Michael Jackson, ou vous êtes un « hater », comme diraient les jeunes d’aujourd’hui…

Et les « vieux » d’aujourd’hui, eux, se souviennent parfaitement du 2 décembre 1983, date de la diffusion mondiale du clip vidéo de la chanson « Thriller ».

Rarement une vidéo n’aura autant attiré l’attention. Nous étions tous rivés devant notre écran de télé.

Une vidéo qui a changé le cours de l’histoire de la musique

À minuit, le monde entier allait voir le meilleur clip vidéo de l’histoire, mais au Québec, nous pouvons affirmer avoir été les premiers à visionner le chef-d’œuvre du cinéaste John Landis, car, pour une raison inconnue, dès 21h, il a été présenté à l’émission de Michel Jasmin.

C’était certes l’événement musical le plus attendu, et la légende de ce court-métrage de 14 minutes s’articule autour de la chorégraphie de danse macabre exécutée par Michael Jackson et ses nombreux acolytes zombies dans un cimetière.

Contrairement au clip vidéo « Thriller » où on le fait danser, et aux scènes du film La Nuit des morts-vivants où on le voit semer la terreur, le zombi haïtien est un humain qui est ramené des « morts » par un bokor – sorcier vaudou – pour faire du travail forcé.

MichaelJackson et ses acolyes zombies

Galvanisés par la voix diabolique de l’acteur Vincent Price, les morts-vivants, y compris le roi de la pop, sortent de leur tombe pour danser le breakdance, le ballet-jazz et d’autres danses de l’époque.

Ainsi donc, depuis lors, Michael Jackson est intimement lié à l’Halloween, et les costumes zombies sont de plus en plus populaires.

Le zombie holywoodien

Et qu’en est-il donc de ces zombies?

Romancées et commercialisées par Hollywood, les histoires de zombie ont toujours fasciné le monde. Que ce soit en Europe ou en Amérique, on se pose les mêmes questions : « les zombies existent-ils vraiment? », « sont-ils morts, ou morts-vivants? »

Le zombie, selon Hollywood, dans le film La Nuit des morts-vivants

Eh bien, oui, en Haïti, les zombis – sans le « e » final – existent.

Et si l’adresse du comte Dracula se trouve en Roumanie, plus précisément en Transylvanie, l’histoire des morts-vivants a commencé en Haïti, durant l’esclavage.

Contrairement au clip vidéo « Thriller » où on le fait danser, et aux scènes du film La Nuit des morts-vivants où on le voit semer la terreur, le zombi haïtien est un humain qui est ramené des « morts » par un bokor – sorcier vaudou – pour faire du travail forcé.

En réalité, le zombi ne meurt pas vraiment, pour ensuite revenir à la vie. Empoisonné par la tétrodotoxine, il tombe dans un état comateux, c’est-à-dire un état de mort apparente, qui se produit six heures après l’empoisonnement.

La famille du zombi pleure sa mort et l’enterre en bonne et due forme. Le lendemain, le bokor et ses lougawous – loup-garou – le déterrent pour le contraindre à la soumission totale.

Paraît-il qu’il y a plus de mille cas de zombification par année en Haïti, et le cas le plus célèbre est sans aucun doute celui de Clairvius Narcisse, qui a subi ce triste sort en 1962, mais a tout de même pu s’échapper de ses malveillants deux ans plus tard.

Le célèbre zombi Clairvius Narcisse

La fête des Guédés

Pour ne rien vous cacher, chers amis de la communauté haïtienne, j’affirme qu’à la fin des années 80, quelques individus ont voulu mettre en scène ces histoires de zombi qui ont la capacité d’alimenter des conversations banales.

En 1988, des rumeurs ont circulé selon lesquelles Ti Pòtoprens, un jeune homme qui avait perdu la vie à la suite d’une altercation entre lui et un compatriote, était devenu le zombi d’un restaurant haïtien très connu à l’époque…

Or, selon les raports des forces de l’ordre, Ti Pòtoprens a bel et bien été poignardé, et non empoisonné par la tétrodotoxine.

Comme je vous l’avais dit d’entrée de jeu, les zombis d’Haïti constituent l’intrigue de plusieurs ouvrages. Ils font partie de la culture et de l’imaginaire de plusieurs, de Michael Jackson au commun des mortels.

En conclusion, alors que l’Amérique du Nord s’est déguisée pour fêter l’Halloween ce weekend, des Haïtiens consacreront ce samedi 2 novembre à la célébration de leurs proches décédés.

Pour eux, c’est la fête des morts, la fête des Guédés, où le vaudou se manifeste par le bruit des tambours, la danse, la nourriture et les bouteilles d’alcool possédant une bonne dose de piments forts.

Après tout, c’est un peu leur « Halloween ». Chacun sa culture, chacun sa façon de voir les choses…


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