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NFL : Jay-Z aurait-il trahi les Noirs?

Si vous vouliez avoir un exemple de traîtres collaborant de plein gré avec l’ennemi, ne cherchez pas plus loin que le partenariat entre la NFL – Ligue nationale de football – et Jay-Z.

Pour répondre sans détour à la question-titre, oui, le rappeur multimillionnaire a bel et bien trahi Colin Kapernick, Trayvon Martin, Eric Garner, Michael Holmes et bien d’autres individus noirs qui sont tombés injustement sous les balles des policiers blancs, aux États-Unis.

En fait, en apposant sa signature à côté de celle de Roger Goodell, le commissaire de la NFL, Jay-Z a vendu la population noire des USA, qui n’a jamais pu vivre le « rêve » tant souhaité par le leader Martin Luther King, car son sommeil est perturbé par le racisme structurel.

De plus, son geste égoïste redonne un élan nécessaire à la NFL, qui était en perte de vitesse.

Pour mieux analyser la fragilité de l’esprit de solidarité et de fraternité de certains Noirs influents des USA, revenons sur les années qui ont précédé la capitulation de Jigga.

L’entente de la honte

Le billet vert ou la cause noire?

Certains affirmeront qu’il a préféré les « billets verts » à la cause noire. Disons qu’il n’y a assurément rien de plus vrai dans ces propos…

Pour mieux analyser la fragilité de l’esprit de solidarité et de fraternité de certains Noirs influents des USA, revenons sur les années qui ont précédé la capitulation de Jigga.

En 2016, pour dénoncer le mauvais traitement de sa communauté, le quart arrière noir des 49ers de San Francisco a posé un genou au sol durant l’hymne national des États-Unis avant un match.

Depuis ce temps, Kaepernick est suspendu par la NFL. Cette ligue, visiblement raciste et insensible, croit que lancer un ballon dans les airs est beaucoup plus sérieux qu’un humain criant « I can’t breathe » – Je ne peux pas respirer » -, dans les mains des forces de l’ordre.

Eric Garner et le célèbre « I can’t breathe »

Autrement dit, pour Roger Goodell et les 32 propriétaires de la NFL, un match de football est ce dont les Américains ont besoin, alors que les vies des Noirs, elles, ne comptent pas…

Un pacte avec le diable

Avant son « pacte avec le diable », Jay-Z était pourtant un allié de Colin Kaepernick. Il avait même fustigé le rappeur Travis Scott pour sa participation aux activités musicales de la mi-temps du dernier Super Bowl.

Imaginons un peu la durée de l’agenouillement et l’asservissement des Noirs si Jean-Jacques Dessalines avait été « rémunéré » par les Français.

Que s’est-il donc passé pour que l’idole de la jeunesse noire change son fusil d’épaule en se travestissant en « chef de la milice bourgeoise » de la NFL?

Qu’en est-il du profilage racial, du privilège blanc et des inégalités sociales des « États désunis » d’Amérique, Jay-Z?

En réponse à cette dernière question, le rappeur richissime, qui est aussi le mari de la talentueuse Beyoncé, a dit bêtement : « Je pense que le mouvement genou au sol est derrière nous ».

Par les propos de Jay-Z, qui a été récompensé 22 fois aux Grammy Awards, j’ai compris deux choses : qu’il a officiellement commencé son travail de commandeur et que son affairisme est de loin plus élevé que son noirisme.

Le genou au sol de Colin Kaepernick

Chers lecteurs, Noirs et Blancs, qui avez à coeur l’intérêt humain, imaginez un peu ce qui serait arrivé si Martin Luther King disait aux Afro-Américains que « la marche protestataire est derrière eux », et qu’il se joignait au gouvernement américain pour apaiser sa communauté.

Imaginons un peu la durée de l’agenouillement et l’asservissement des Noirs si Jean-Jacques Dessalines avait été « rémunéré » par les Français.

Imaginons Oprah Winfrey travailler en collaboration avec Donald Trump, prétextant qu’elle va limiter les bêtises de celui-ci..

En fait, non! Je refuse d’envisager de pareils scénarios.

Complexe d’infériorité

Le plus triste dans cette histoire, c’est que Shawn Carter – Jay-Z – a assez d’argent pour avoir son autonomie et bénéficie de suffisamment de notoriété pour s’éloigner de ce monde sans scrupule.

Malheureusement, en s’associant à la NFL, qu’il critiquait avec véhémence, il vient de montrer que derrière ses chansons de dur à cuire, se cache un homme faible, qui ressent toujours le besoin d’être mené par le Blanc.

Diagnostic : le complexe d’infériorité ou peut-être le syndrome de Stockholm.

Pour finir, Jigga a 99 problèmes, et la paupérisation des Noirs aux USA n’en est certainement pas un pour lui.

Cependant, le célèbre rappeur doit savoir que dans le rêve de Dr King, il n’était pas question de l’ascension d’un individu noir au plus haut rang de la société américaine, mais bien de l’émancipation de la collectivité noire.


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