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Par tous les moyens, les Noirs américains doivent se séparer de leur oppresseur et devenir une force économique

Il se fait tard, compatriotes ! Combien d’autres hommes et femmes noirs devront être tués par les forces de l’ordre pour reconnaître le fait que la cohabitation entre Noirs et Blancs est dysfonctionnelle ? Quand est-ce que nous allons comprendre que malgré les émeutes et les bâtiments incendiés, les Blancs américains continueront d’afficher leur proverbial je-m’en-foutisme ?

« Enough is enough ! » Assez, c’est assez, clament haut et fort les Noirs de Minneapolis, d’Atlanta et d’un peu partout aux États-Unis, qui ne trouvent plus de mots pour exprimer leur colère, depuis le meurtre de George Floyd, nouvelle figure emblématique de la lutte contre l’oppression.

Ce ras-le-bol est également observé par les Noirs du Canada. À Montréal, des milliers de gens se sont réunis devant le quartier général du Service de police de la Ville de Montréal ( SPVM ) pour protester contre le racisme et la brutalité policière.

Or, pourquoi les 40 millions Noirs des États-Unis ne pourraient-ils pas s’autodéterminer et choisir librement et démocratiquement leur modèle politique?

Tout comme vous, chers amis, je dis assez, c’est assez.

Sauf qu’en 1992, durant les émeutes impliquant l’affaire Rodney King, nous avons tenu le même discours. Et en 2014, après l’assassinat de Michael Brown, qui a fécondé le mouvement « Black Lives Matter », même son de cloche. « Nous en avons assez ».

Or, après autant d’années passées à comptabiliser les cadavres noirs empilés dans les rues des villes des États désunis de l’Amérique, notre lassitude doit se traduire en actions concrètes.

En paraphrasant Frantz Fanon, je déclarerai sans ambages que, par tous les moyens – légaux – possibles, les Noirs doivent se séparer de l’Amérique blanche, cette société raciste, paternaliste et démone.

Et ne pensez surtout pas que je parle d’un retour dans la patrie africaine, car il y a belle lurette qu’ils ont raté le bateau de Marcus Garvey, et, faut-il le rappeler, la terre de l’Amérique appartient autant aux Noirs qu’aux Blancs.

J’émets plutôt le souhait que l’Amérique noire fasse sécession et ainsi devenir un « État dans l’État ».

Par exemple, avec ses 800 habitants, le Vatican est un État à part entière dans l’État italien. Créé en 1929, ce petit État est même représenté aux Nations unies.

Or, pourquoi les 40 millions Noirs des États-Unis ne pourraient-ils pas s’autodéterminer et choisir librement et démocratiquement leur modèle politique?

En d’autres termes, les Afro-Américains devraient avoir leur propre corps policier, leurs propres institutions financières, leur propre système éducatif et autres éléments qui composent un État, tout comme les Albanais du Kosovo, qui ont réalisé leur rêve d’indépendance en 2008.

Pendant encore combien de temps l’Amérique noire va-t-elle accepter que l’histoire des Noirs soit falsifiée dans les manuels scolaires?

Combien de temps lui faudra-t-il pour se rendre à l’évidence qu’il n’existe aucun traitement contre le comportement abusif de l’Amérique blanche?

Quand est-ce que nos frères et sœurs vont-ils cesser d’appuyer les commerces de gens tels que les Asiatiques, qui ne disent jamais un mot quand les Afro-Américains non armés tombent sous les balles des hommes en bleu?

Le moment est venu pour les Afro-Américains de passer de peuple opprimé à peuple autonome.

À cet effet, le mouvement « Buy Black », qui encourage les Noirs à soutenir les commerces tenus par des Noirs est un bon pas vers la bonne direction, vers la voie de l’autonomisme.

Pensez-y bien : si les indépendantistes du Québec peuvent encore ressentir les douleurs de l’oppression anglaise, imaginez donc la souffrance des Afro-Américains, qui sont quotidiennement confrontés à la cruauté de la suprématie blanche.

Après 400 ans de coexistence, marquée par l’assujettissement et des rapports conflictuels, les Noirs et les Blancs de l’Amérique n’ont plus rien à se dire. Le courant ne passe tout simplement pas entre ces deux solitudes. Elles ont des réalités différentes, des visions différentes, bref elles sont différentes, point barre.

Ce n’est pas un secret de polichinelle : les Blancs aiment bien voir les Afro-Américains chanter et danser, jouer au basketball et au football, mais apprécient moins de les voir s’unir et penser à la création d’un État et d’une force économique.

Pour mieux appuyer ces dernières lignes, permettez-moi de vous raconter brièvement l’histoire du massacre de « Black Wall Street ».

Au début du 20e siècle, le quartier Greenwood de Tulsa était appelé le « Black Wall Street », car il était habité par des Noirs qui s’étaient enrichis des découvertes pétrolières.

Rien ne manquait dans ce quartier élégant : des magasins d’automobile, un cinéma, des salons funéraires, des salles de billard, des salons de beauté, etc.

Avec une population de 10 000 habitants, le quartier de Greenwood était considéré comme l’épicentre des affaires et de la culture des Afro-Américains. De nombreux Noirs fuyant le racisme ont également déménagé dans la région, à la recherche d’une vie meilleure.

Or, à la suite d’une fausse allégation d’agression sexuelle, à l’instar de l’affaire Amy Cooper, cette privilégiée qui a faussement accusé un homme noir au Central Park, des milliers de Blancs ont envahi le « Black Wall Street », tuant hommes et femmes, incendiant et pillant des magasins et des maisons.

Ai-je bien écrit « des Blancs pillant des magasins » ?

Dans ce massacre qui a été motivé par la jalousie des Blancs, qui s’inquiétaient de l’essor économique des Noirs, des centaines de personnes ont été tuées et plus de 10 000 Noirs se sont retrouvés sans abri.

Ainsi donc est mort le « Black Wall Street », mais des célébrités telles que Oprah Winfrey, Jay-Z, Michael Jordan et tant d’autres peuvent ressusciter cette force économique si elles s’unissent.

En conclusion, pour mieux comprendre ce qui se passe actuellement à Los Angeles, Chicago et ailleurs aux USA, il faut fouiller dans l’histoire des Noirs.

Et vous serez étonnés de constater que cette histoire est également celle de l’Oncle Sam, car il n’y a pas d’opprimé sans oppresseur, et de violence libératrice sans violence dominatrice.

3 Commentaires

  1. You’re right!
    Tout est dit.
    Il nous reste effectivement qu’un seul choix, c’est d’arrêter de geindre, de demander et d’attendre. Il faut passer à l’action.
    Je ne suis pas un bon leader dans ce domaine, mais je suis un bon suiveur…J’attends juste la sonnerie du lambi pour le grand rassemblement…

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Smaille! C’est peut-être le plus authentique commentaire que j’ai lu son mon site. « Je ne suis pas un bon leader dans ce domaine, mais je suis un bon suiveur…J’attends juste la sonnerie du lambi pour le grand rassemblement… ».

      Ça, mon ami, si tout le monde vait votre humilité, nous serions loin..Chacun son rôle, sinon nous ne réussiorons pas. Bravo camarade, continuez à aider la cause, c’est avec des gens comme vous que le bataille sera gagngnée.

  2. Mes hômage mon cher frère. J’aborde dans le même sens que toi dans l’idée que les afro-descendants des USA forment un état indépendant. Honnêtemenrt, si c’était le cas, je mettrai le cap pour les States ilico presto. J’en ai aussi le ras-le-bol du Québec aussi. C’est une autre version aussi toxique de l’oppression raciale. Je l’ai vécu sur plusieurs angles et je trouve tout celà pathétique et demande de grandes actions pour y remédier. Je ne croies pas beaucoup en cette vague médiatique de manifestation anti-racisme médiatisée, car le tout est toujours orchestré par les mêmes bandits que l’on dénonce. Il y a, en toute évidence, une synchronisation de tout cela qui semble converger vers les élections américaines. Ça m’agace énormément le doos t’avouer. Alors non, la révolution ne sera pas télévisée. Elle se fera en catimini comme les révoltes de Dessaline. Elle se fera dans un nouveau langage commun, rassembleur. Elle se fera loin des plateformes de réseaux sociaux, elle ne se fera sûrement ni en anglais, ni en français, ni en créole…. Elle ne se fera absolumentr pas sous le coup de l’émotion, car l’oppresseur nous a rendu hypersensible et prévisible émotionnellement. Beaucoup d’entre nous souffrons du syndrôme de Stocolm. Il faudra les sacrifer. Il n’y a pas d’omelette sans casser des oeufs, ce que les africains ainsi que afro-descendant semblent avoir oublier. Je ne veux pas laisser ce monde merdique comme héritage à mes enfants. Je me prépare à toute éventualité ainsi qu’aux pire. Toutefois, Je croies à notre libération, cependan, le fait qu’un mouvement minoritaire fondé par des femmes publiquement reconnues gays et et trans soient à l’avant-plan pour défendre les droits des afro-descendants alors que la vaste majorité masculine de la classe dominante socialement et économiquement, demeure sous silence, suscite en moi de vives inquiétudes. Quoi qu’il en soit, J’ose espérer que des groupes non médiatisés se mobilisent. Si tu en connais un laisse-moi savoir, je voudrais m,impliquer plus concrètement. Merci de m’avoir lu mon cheer. CVontinue ton bon travail. One love.

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