Je pense, donc j'écris

La maladie mentale existe-t-elle chez les Haïtiens?

Par WALTER INNOCENT JR

Publié le 27 octobre 2017

Il y a quelques jours, un ami me racontait comment il est follement amoureux de sa nouvelle copine. Un autre m'avouait qu'il est secrètement fou de sa collègue de travail. Et je suis moi-même un fou du sport.

Bref, nous avons tous eu une certaine folie dans la vie. L'auteur brésilien Paulo Coelho croit même qu'un peu de folie est nécessaire pour faire un pas de plus.

Le hic, c'est que plusieurs d'entre nous, surtout dans la communauté haïtienne, font deux pas en arrière en ce qui a trait à la santé mentale. Nous nous approprions ces termes émanant des maladies mentales sans toutefois considérer les individus souffrant de celles-ci.

La première fois que j'ai mis les pieds à l'hôpital Louis-H Lafontaine, je devais avoir 15 ans. Ou peut-être 16. À l'époque, je faisais du bénévolat pour le BCHM (Bureau de la Communauté Haïtienne de Montréal). Deux autres personnes adultes et moi accompagnions Jacques, un compatriote qui souffrait de troubles mentaux.

Ma visite à cet hôpital aujourd'hui appelé Institut universitaire en santé mentale de Montréal m'a donné l'impression de voyager dans un autre monde. Un monde méconnu et méprisé.

En nous séparant de Jacques, qui était pris en charge par les professionnels de la santé, la tristesse était palpable sur notre visage. Les images de cette scène ont colonisé ma mémoire dèjà envahie par de regrettables souvenirs des péripéties des Haïtiens à Montréal.

Je commençais à prendre conscience de la société dans laquelle nous vivons. Je constatais que la stigmatisation et la discrimination ne se limitaient pas qu'à la couleur de peau, qu'elles atteignent également ceux qui entendent des voix que d'autres n'entendent pas.

Sans aucun doute, l'infléchissement de ma vision de la maladie mentale a fait grandir en moi ce désir de militer en faveur de la justice sociale.

La maladie mentale ne discrimine pas

Selon l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, un Québécois sur 5 sera touché par la maladie mentale au cours de sa vie. Mais selon l'Haïtien, seuls les plus faibles et les drogués en sont atteints. <<Les Haïtiens sont immunisés contre ces maladies de Blancs>>, croit-on.

Ah bon?

Pourtant, lorsque nous faisons une rétrospective de notre vie, nous constatons que nous avons tous eu soit un parent, un cousin ou un ami ayant eu une santé mentale moins bonne que la nôtre.

L'an dernier, un ami proche dont le comportement était erratique m'a confessé le diagnostic de sa bipolarité. Son <<coming out>> a en quelque sorte solidifié notre amitié, qui était fragilisée par ses changements d'humeur sans raison apparente.

J'ai encore souvenance de cette ex-copine qui, durant la première année de notre relation, cachait ses médicaments d'anxiété et brouillait les pistes de ses rendez-vous avec son psychiatre.

Ah, nous les Noirs et la peur du jugement!

Je ne dis pas que nous vivons dans un monde fou, fou, fou. Je pense tout simplement que nous sommes fous de nier l'existence des maladies psychiatriques dans notre communauté. Que croire qu'une tante atteinte de la schizophrénie a été la cible de la sorcellerie est de l'ignorance pure et simple.

Qu'il s'agisse de la dépression, de troubles bipolaires ou de la schizophrénie, nous risquons tous un jour d'être l'un de ces fous. L'une de ces statistiques.

La résilience des Haïtiens peut-elle repousser la dépression, qui est une maladie très répandue?

Bien sûr que non.

Malheureusement, un bon nombre d'entre nous dans la communauté haïtienne mènent un combat quotidien contre des ennemis invisibles alliant la tristesse et le sentiment de vide. Ce sont là des signes bien évidents de la dépression.

Qui sait, peut-être qu'à la suite du décès de ma mère, j'ai eu un <<down>> qui était plus long qu'à la normale.

Et vous qui avez eu une perte d'appétit et une insomnie prolongée dues à votre rupture amoureuse, ne pensez-vous pas que la dépression a possiblement frappé à votre porte?

Vous qui avez régulièrement des prises de bec avec votre partenaire et vos enfants, une consultation pourrait sauver votre mariage...

La honte des troubles mentaux

Mais pourquoi nous, les Haïtiens, nous dissocions-nous autant de tout ce qui est relatif aux troubles mentaux?  Parce que nous avons honte.

Honte de quoi ou de qui?

Pour mieux élucider la honte que nous éprouvons pour nos proches ayant une mauvaise santé mentale, analysons un peu le traitement réservé à ceux-là qu'on appelle <<moun fou>> en Haïti.

Rejetés par la société, abandonnés par leur famille, les malades mentaux d'Haïti sont perçus comme un fardeau social. Souvent battus et enfermés par les autorités, il n'est pas rare de voir ces laissés-pour-compte être utilisés comme divertissement par des gens en manque de distraction : on les provoque pour attiser leur colère suscitant la risée générale.

<<On reconnaît une société à la façon dont elle traite ses fous>>, a déjà dit Jean Oury, un célèbre psychiatre.

Personnellement, je ne reconnais pas cette société haïtienne, qui, disons-le, est réputée pour sa sensiblité et sa compassion. Je reconnais plutôt son ignorance souvent exacerbée par des croyances religieuses.

C'est une société qui refuse d'accepter ce qu'elle ne comprend pas. Et il importe de préciser que plusieurs parents haïtiens font tout leur possible dans ces moments difficiles.

Parlant de religion, est-il nécessaire de souligner qu'un pasteur, malgré ses prétentions de polymathie, ne peut remplacer un psychiatre? Et qu'un prêtre vaudou ne peut pas guérir une personne atteinte de schizophrénie?

Finalement, ces quelques lignes ne sont qu'une observation analytique d'un sujet préoccupant de la communauté. Un sujet assez vaste, qui requiert beaucoup plus qu'un texte de 900 mots, j'en conviens.

Briser les tabous

Néanmoins, cette analyse nous permet d'établir l'influence que nos valeurs culturelles et spirituelles ont sur notre perception de la maladie mentale.

Le peuple haïtien est loin d'être bête. Il n'est pas le seul à ignorer les problèmes de santé mentale. Cependant, force est d'admettre qu'il est emprisonné par ses tabous. Par conséquent, nous qui vivons ici, au Québec, devrions profiter des bienfaits de la Révolution tranquille pour affranchir nos esprits des pensées archaïques.

D'ailleurs, je vous propose de suivre un ami qui compte exorciser nos tabous avec des séries d'entrevue via son show  Radio Dyol sur Facebook. Une belle initiative pour la communauté.

Quant à moi, quand je me promène dans les rues du centre-ville, je ne vois pas de fous. Je ne vois que des êtres humains souffrants, qui ont besoin de notre compréhension, notre attention.

 

 

 

 

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18 Responses

  1. Tamara Mayard
    J'en parlais à mon conjoint l'autre jour. Même aller voir un psychologue est compliqué dans notre communauté . La déficience intellectuelle aussi c'est troublant la plupart des gens de notre communauté croit qu'on insulte la personne en question. Pourtant le quotient intellectuelle est bien réel. Surtout lorsque nos enfants ont des difficultés d'apprentissage on a tendance à dire qu'il ne veut pas, on ne se pose pas la question est ce qu'il ne peut pas réellement a t il un trouble quelconque ? On le chicane!! C'est pas évident.
    • Walter Innocent Jr Walter Innocent Jr
      Tu as soulevé un très bon point, Tamara Mayard. Nous avons beaucoup de chemin à parcourir. Commes tu le dis, beaucoup d'enfants sont victimes de l'ignorance de leurs parents. Malheureusement. Qund ils ne comprennent pas leur leçon, on les appelle <<tête dure>>, et on les bat. Nous sommes constamment en déni, et nous nous complaisons dans notre monde tabou. Merci pour ta visite, chère amie. À la prochaine...
  2. Nersa
    Très bel article et surtout touchant. Effectivement, j'ai côtoyé des gens bipolaires dans notre communauté et qui refusait d'aller se faire soigner ou simplement en depression. Pour eux c'etait signe de faiblesse. Il preferait detruire leur entourage et blâmer les autres. Ton texte m'a vraiment touché et merci encore.
    • Walter Innocent Jr Walter Innocent Jr
      En effet, Nersa, quand une personne atteinte d'une maladie mentale refuse de se faire soigner, il n'y a pas qu'elle qui souffre. Son entourage en souffre autant. Tant de couples et d'amitiés ont été brisés à cause d'un malade pas soigné. Espérons que les choses changent dans la communauté. Nersa, je te remercie pour les compliments et reviens nous voir! À bientôt...
  3. Guerlens VILMENAY
    Un texte interessant! La maladie mentale est un peu inconnue à première vue dans la société haïtienne vraiment. Cependant, ce que j'ai remarqué lors d'un stage que j'ai fait au Centre Universaire Hospitalier de Psychiatrie Mars & Kline, ce centre, en général, devient le dernier recours des personnes à problème mental. Avant de venir dans ce centre, ils sont déjà passés voir soit un pasteur, soit un prêtre du vodou. C'est à ce moment là, lorsqu'ils n'ont pas trouvé de resultats satisfaisants, qu'ils envahissent le centre. Et ceci, ils viennent du quatre coins du pays. Donc, tout cela montre que l'haïtien, généralement, face à la maladie mentale, donne une explication religieuse à priori.
    • Walter Innocent Jr Walter Innocent Jr
      Très bon point, Guerlens. Les institutions religieuses ont une très grande influence sur nos façons de faire. Donc, n'est-ce pas la responsabilité des pasteurs et prêtre vaudou de dire aux gens atteints de maladie mentale que centre psychiatrique est le chemin à prendre? Toi et moi connaissons déjà la réponse. Malheureusement, dans un pays aussi relgieux qu'Haïti, les pasteurs et hougans ont plus de poids que les psychiatres. Espérons que la situation change. Merci pour le compliment, cher camarade, et reviens nous voir.
  4. Gerlande
    Merci beaucoup Mr Walter pour ce bel écrit. Ayant travaillé pendant 19 ans en santé mentale , j'affirme qu'on a beaucoup de route à parcourir avant de d'atteindre notre objectif qui est de sensibiliser les gens à s'occuper de leur santé mentale. D'ailleurs, Même pour une pathologie autre que la santé mentale ils ont de la difficulté. Le processus d'acceptation est long avec un Haitien... Ils ont une pensée magique qui laisse croire qu'ils sont négligeants dans tout et pour tout... C'est pour cela que je nous demande de prendre le temps, avec amour et patience, de leur réexpliquer le pourquoi bien prendre sa médication, pourquoi respecter la diète prescrite, pourquoi venir aux rendez-vous etc..... Travailleurs communautaire, Pro fe la santé soyons persévérants. Continuons de les soutenir. Qui sait? Ça fera peut-être bien une différence.
    • Walter Innocent Jr Walter Innocent Jr
      Wow! J'adore ton réalisme jumelé à l'optimisme, chère Gerlande. Nous (les Haïtiens) revenons de loin. De l'esclavage à la dictature, nous n'avons pas trop eu de temps pour nous épanouir. Comme tu le mentionnes, le chemin est long, mais nous y parviendrons. Nous vaincrons nos peurs, éliminerons nos tabous et éradiquerons l'ignorance. Il nous suffira d'écouter des gens comme toi. Merci pour le compliment, Gerlande. Selon Walter espére te revoir bientôt.
  5. Inconnue
    Je suis moi-même atteinte de maladie mentale et diagnostiquée schizophrène. Mon père m'a déjà avoué que je suis une folle et m'a dit que je suis une plaie, ma famille et les personnes que je connais depuis l'enfance me rejettent. Ayant fait plus de quinze années d'études au collégial et à l'université j'ai travaillé en santé mentale ce qui n'a pas été évident. Je suis constamment mise de côté et jugée par les personnes sachant ma condition médicale ce qui aurait pu être n'importe quelle autre maladie. Ce qui serait important de constater c'est que même les personnes atteintes de maladie maladie mentale ont de belles qualités, ont du potentiel de réaliser qu'importe le rêve qu'une personne atteinte de santé mentale veut réaliser, de bonnes capacités d'avancer, sans le jugement de la communauté haïtienne qui a souvent tendance à vouloir mettre des bâtons dans les roues à n'importe quelle personne qui réussit dans sa vie. Il vrai de croire que même une personne atteinte de santé mentale peut devenir médecin ou un grand spécialiste.
    • Walter Innocent Jr Walter Innocent Jr
      Chère Amie, tout d'abord, j'applaudis ton éloquence, qui est une grande qualité. Les gens atteints de maladie mentale ne sont pas dépourvus de talent. Oh que non! Je suis désolé de savoir que ton entourage t'a rejetée. La communauté haïtienne a un grand travail à faire. Nous devons nous libérer des pensées passéistes. Le monde change, mais nous gardons les mêmes mentalités archaïques. Tu peux tout faire dans la vie, chère amie. Je crois en toi ansi qu'aux autres souffrants des maladies mentales. Merci pour ta visite, chère compatriote et j'apprécie beaucoup ton témoignage. Courage..
  6. Inconnue
    Cher Walter, Je me sens choyée et en même temps surprise par vos éloges et sur ce, je vous en remercie énormément. En fait tout ce qui a trait à la vie d'une personne vivant une problématique de santé mentale se trouve "hypothéquée sur tous les points de vues c'est-à-dire: que ce soit au niveau de l'emploi, de sa vie sociale, de sa vie familiale, de son contact avec son monde extérieur (certaines personnes peuvent perçevoir que cette personne vit un problème de santé mentale simplement par le gestuel, le language, la démarche ou le type de propos verbaux). Automatiquement il y a un recul à aller vers la personne même chez les blancs c'est encore pire dans la communauté haïtienne. De mon côté après plus de vingt de prise de médication, de consultations médicales, et de therapies avec mon médecin spécialiste lui et moi avions prise une entente de cesser les rendez-vous réguliers et de venir pour une visite de routine une fois aux deux au trois ans. La prise du médicament en petites doses est consommée régulièrement et faxé à mon pharmacien suite à l'accord du professionnel de la santé attitré à mon dossier qui me connait très bien lors du début de l'âge adulte étant mal en point et ayant été boulversée par l'atmosphère familial à une certaine époque et ensuite eurent lieu plusieurs hospitalisations. Aujourd'hui après cinq années sans avoir été à l'hôpital et complètement libre dans ma vie je m'occupe de mes activités économiques pour vivre et des activités régulières comme je l'ai toujours rêvé. Je souhaite à toute personne vivant une maladie en santé mentale d'être discret face à une telle révélation car peu de gens veulent faire affaires avec ce genre de personnes et il s'agira toujours d'un tabou dur à accepter spécifiquement dans la culture caraïbéenne, haïtienne et africaine car on les considérait envoûtés par le diable il fut plus d'une quarantaine d'années donc aujourd'hui avec les différents médias qui en parlent ouvertement il s'agit d'un sujet quasi-normal. Certaines personnes auront toujours du recul à vouloir fréquenter une personne prise en face ayant une légère lacune au niveau de sa santé morale ou mentale. Aujourd'hui célibataire depuis sept (7) ans je rêve de rencontrer l'homme qui saura me traiter avec respect, avec de la classe et sera instruit. N'ayant jamais été traitée en princesse par mes ex petits amis je rêve un jour de me caser et d'enfin trouver l'homme qui fera vibrer mon petit coeur pleine de bonnes choses à donner. Cette personne acceptera mes particularités comme celles de n'importe qui d'autre en espèrant avoir la chance de fonder une famille et arrêter de continuer à cheminer seule dans la vie avec cette lourdeur qui me pèse dans mon âme tous les jours depuis 7 ans. Enfin je souhaite partir sur des nouvelles bases et voir l'avenir sur d'autres perspectives plus positives le plus que possible.
    • Walter Innocent Jr Walter Innocent Jr
      Tes témoignages ne passent pas inaperçus, chère compatriote. Les gens doivent être choyés par tes écrits éducatifs. Je te souhaite bonne chance dans ta quête amoureuse et ainsi que dans ta vie sociale. Merci encore et à bientöt...
  7. Marc E. O.
    Mon cher Walter, je te félicite pour cet article si bien écrit et édifiant. Je l'ai reçu d'une amie. Des réflexions de ce genre, nous en avons grandement besoin pour l'avancement de notre société et le bien-être de nos compatriotes. Depuis 2010, je réfléchis en fait à ces choses que la science elle-même ne peut pas expliquer, donc à la métaphysique. Les physiciens sont très avancés de nos jours dans la recherche des solutions aux différentes pathologies liées au coté physique de l'homme (ce qu'on peut voir ou toucher). Que dire des autres parties de l'homme à savoir l'esprit et l’âme que l'on ne voit pas qui peuvent être malades aussi. En analysant ton propos ''Que croire qu'une tante atteinte de la schizophrénie a été la cible de la sorcellerie est de l'ignorance pure et simple.'', j'arrive à la conclusion que ton texte, partiel en partie dénote aussi un peu de partialité. Partiel, pour avoir pris comme pattern uniquement le comportement des fous des pays occidentaux pour étudier celui des fous de notre société. Etant donné que ce ne sont pas les mêmes réalités, il est évident que les résultats divergeront. Nos techniciens dans d'autres domaines de l'économie ou des finances par exemple, quoique très brillants, commettent également la même erreur en essayant d'appliquer en Haiti sans une adaptation adéquate et de manière aveugle, des modèles testés au Canada, en France ou aux Etats-Unis. La science est universelle certes mais il convient aussi de tenir compte des réalités de chaque environnement dans la recherche des solutions viables et durables aux problèmes qui rongent une société. En ce qui concerne les maladies mentales, Haiti a fait de très grandes avancées. Les résultats des recherches dans ce domaine sont très convaincants, notamment ceux du Dr Douyon, un éminent psychiatre haiten de regrettée mémoire et Franck Dégoul, un ethnologue français dont une revue sur le traitement des zombis en Haiti peut-être lue dans internet (https://www.erudit.org/fr/revues/ethno/2006-v28-n1-ethno1446/014156ar/) , pour ne citer que ces personnalités là. Ton texte est un peu partial en ce sens qu'il minimise l'apport des pasteurs et des hougans - guérisseurs- ( à remarquer que je n'ai pas dit bôkô qui est un sorcier quoique de nos jours tous les hongans se sont convertis en bôkô pour des raisons financières) qui n'ont fait qu'essayer de combler le vide laissé par les psychiatres et les psychologues dans ce domaine. Nier l'implication de la sorcellerie dans la montée des maladies mentales en Haiti, ce serait aussi nier l'existence dans notre société de l'esclavage sorcellaire (les zombis esclaves) auquel il nous faut libérer tôt ou tard. Le problème en Haiti est beaucoup plus compliqué et complexe que ce que l'on peut comprendre ou imaginer à cause même de notre passé esclavagiste que nous ne cherchons pas à comprendre malheureusement. Je te conseille de lire le Code noir de 1685 pour en avoir une idée. Le passé, oui il faut en faire table rase, mais après l'avoir bien cerné pour mieux nous permettre de bien comprendre le présent en vue de regarder l'avenir avec espoir. Je te remercie encore une fois pour cette louable initiative et espérons qu'un jour, de ces idées jailliront cette lumière qui éclairera nos compatriotes conscients, peut-être dans 300 ans, dans la recherche de vraies solutions à ces problèmes qui déshumanisent nos frères et sœurs de la société haïtienne...
    • Walter Innocent Jr Walter Innocent Jr
      Mon cher Marc, mille mercis pour ta participation à la discussion. Ta présence est très remarquée. Il est vrai que la réalité haïtienne est différente de la réalité occidentale. De toute évidence, des explications anthropologiques doivent être ajoutées aux pathologies classiques de l'Occident. Je fais confiance à l'ethnopsychiatrie haïtienne. Et j'ai lu le Code noir de 1685, mais toi et moi savons qu'il n'est pas possible de tout relater dans un texte d'environ 900 mots. Je promets une suite de ce sujet très vaste et complexe. Merci pour le compliment et à bientôt, mon ami..
  8. J F. Lazarre
    J'aime beaucoup votre article Walter. Je me suis retrouvé en face de la schizophrénie via ma belle mère ( épouse de mon père ) il y 3ans et sans mon ouverture d'esprit et beaucoup de lecture sur le sujet elle serait peut être plus de ce monde . La prise en charge et la médication appropriée ont fait la différence et aujourd'hui mon père peut continuer sa vie de retraité avec sa femme et moi continuer à profité de ses bonnes recettes culinaires que j'avais perdu tout le temps de sa maladie. Notre rôle est de trouver les moyens d'éduquer notre communauté. Continuer ton bon travail . Filbert.
    • Walter Innocent Jr Walter Innocent Jr
      Bravo mon ami! Il est bon de savoir que certains d'entre nous se démarquent du lot par leur ouverture d'esprit et leur acharnement. Je suisheureux de savoir que tu aies pu faire une différence dans la vie de ta belle-mère et de celle de ton père. Je te remercie également pour tes compliments, et oui, continuos de trouver des moyens pour éduquer la communauté. L'union fait notre force. À bientôt...
  9. Balance
    Merci d'avoir soulever un sujet aussi delicat qui n'est pas toujours bien recu dans la communaute Haitienne. Il est evident que nous devons entamer une campaghe de sensibilisation afin d'encourager les personnes atteintes de rechercher l'aide des psychologues, des psychiatres, des psychotherapeutes et autres professionels qui sont en mesure de les aider a gerer leur condition. Toute fois il ne faut pas ignorer l'existence de causes qui presentent les memes symptomes et comportements q'un desequilibre mental et qui pourtant proviennent d'une source metapsychique et ne repondent pas aux methodes utilisees pour traiter les affections au niveau pychiatrique ou psychique. Un respect mutuel entre les metaphysiciens et les membres du corps medical faciliterait un diagnostique approprie pour chaque cas et permettrait d'effectuer un triage afin d'offrir un traitement totalement personnalise qui servirait mieux les personnes affectees afin d'offrir des solutions plus ef efficaces. Ma formation aux USA en medecine bio-energetique, l'hypnotherapy intuitive et le chamanisme m'a permi de faire l'experience de la depossession, du retrait de l'ame et beaucoup d'autres manifestations de l'aspect psycho-energetique de l'etre.
    • Walter Innocent Jr Walter Innocent Jr
      Merci énormément pour ces précisions scientifiques, Balance! En effet, comme tu le dis, il serait bien que d'autres Haïtiens qui ont fait des études dans le domaine de la santé puissent sensibiliser nos compatriotes sur l'importance de la santé mentale. Une bonne santé commence par la santé mentale. J'espère te relire, camarade et continue ton bon travail pour la communauté.

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