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Suicide : la communauté haïtienne en détresse

Aujourd’hui, j’ai le cœur lourd. Après une semaine marquée par une mini-vague d’actes de mort volontaire dans la communauté haïtienne, je constate que celle-ci est malade et qu’un bon nombre de ses membres souffrent en silence.

De ce fait, chers compatriotes, je me permets de déclarer que la communauté haïtienne est en détresse.

Le vendredi 24 mai, en fin de soirée, quand mon téléphone s’est mis à pleurer, je savais que j’allais moi aussi verser une larme ou deux. Je savais qu’on m’appelait pour m’annoncer le départ d’un-e ami-e ou d’une connaissance, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit un départ volontaire…

Eh oui, vendredi dernier, le suicide a de nouveau frappé à la porte de notre communauté. Tel un colporteur, il persiste et pénètre dans notre maison. La récurrence de ses visites nous montre bien qu’il ne discrimine pas. Que l’on soit Noir, Blanc, jeune, vieux ou pauvre, il sévit.

Le suicide ne discrimine pas

Et selon les statistiques, il continuera de frapper, car toutes les 30 secondes, une personne s’enlève la vie, quelque part dans le monde, et il est inutile de préciser que notre belle communauté fait également partie de ce beau monde…

Un jeune homme en détresse

En effet, nos plus récentes statistiques en la matière inquiètent : deux cas en une semaine. De « gros chiffres » pour un si petit groupe.

Il s’agit bien là d’un S.O.S. d’une communauté en détresse. D’une communauté qui refuse de croire qu’elle est contaminée par la dépression et l’anxiété. D’une communauté qui, par son ignorance, a érigé un « mur de Berlin » entre elle et ses membres atteints d’une maladie mentale.

Dans ces moments tragiques, on est souvent à court de mots pour décrire notre tristesse, notre impuissance. Par des cogitations causalistes, on tente d’expliquer le geste suicidaire. Enfin, d’expliquer l’inexplicable…

Or, selon moi, les deux drames des derniers jours, qui ont bouleversé l’opinion publique de la communauté, suffisent à tirer la sonnette d’alarme.

Il s’agit bien là d’un S.O.S. d’une communauté en détresse. D’une communauté qui refuse de croire qu’elle est contaminée par la dépression et l’anxiété. D’une communauté qui, par son ignorance, a érigé un « mur de Berlin » entre elle et ses membres atteints d’une maladie mentale.

La dépression n’a pas de couleur

Le suicide et la maladie mentale. Tout un tabou! Tout un combo!

J’aimerais bien savoir ce qu’en pense le chanteur Shoubou… Bon, sans plus tarder, je vous livre le fond de ma pensée sur ma communauté et cette question sociale.

Une jeune femme dépressive

Un Haïtien dépressif, vous en connaissez?

« Chut!… On ne parle pas de dépression dans une communauté forte et résiliente, dont seuls les faibles peuvent être blessés dans l’âme ».

« On ne parle surtout pas de psychologue ou de psychiatre dans une société où l’on se fout des fous ».

Et bien entendu, dans un groupe aussi emprisonné par ses tabous, on ne parle pas de suicide et de tentative de suicide, on parle de… rien .

Non, les amis, nous ne pouvons plus continuer de nous complaire dans cette aberration et ce déni.

Vous êtes convaincu que vos évasions nocturnes dans les bals de Klass ou de Nu-Look vous libèrent de vos angoisses? Bien. Cependant, pour en avoir le coeur net, contactez un psy, car comme le dit l’expression de lakay, Aprè fèt tanbou lou ...

Vous comblez un sentiment de vide en vous inventant une vie sur Facebook et Instagram? D’accord. Toutefois, assurez-vous bien d’exprimer votre sentiment de solitude à vos proches.

Voyez-vous, dans notre très fière communauté, on attend des Haïtiennes et Haïtiens qu’ils soient braves et ne montrent aucun signe de vulnérabilité et de désespoir. On les déshumanise en leur interdisant d’avoir des émotions, des blessures et des peines.

Quand le silence tue

Malheureusement, sous le poids de la honte, nos compatriotes aux prises avec des idées sombres et des pensées suicidaires se taisent. Et en cas d’acte suicidaire, nous honorons leur silence.

Pourquoi donc maintenir l’omerta lorsque nous faisons face à ce fléau social d’envergure?

Chers membres de la Communauté, s’il est possible de prévenir l’acte de mort volontaire, il convient de souligner que la parole est la première étape d’une démarche préventive.

Plus on chuchotera lorsque ce sujet est d’actualité, plus ceux et celles qui ont le mal de vivre s’isoleront.

On est 250 000, faut se parler!

Mais surtout, il faut dire les vraies choses afin de prévenir le suicide et de promouvoir la vie.


Si vous ou l’un de vos proches êtes en détresse, appelez sans frais au  1 866 APPELLE( 277-3553 ). Des professionnels de la santé seront à l’écoute en tout temps.


Je vous invite à prendre part à la conversation en laissant un commentaire au bas du site. Merci.

38 Commentaires

  1. Jocelyn Jean Louis Répondre

    Bon travail mon frère. Une immense appréciation. Continue ce bon travail

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Mille mercis pour ces bons mots, Jocelyn! Oui, je continuerai ce travail tant qu’il y aura des gens aussi intéressants comme vous dans la communauté. Des gens qui s’intéressent à ce qui passe dans leur communauté.

      À la prochaine, camarade.

    • Très bon texte qui porte à réfléchir. La vraie force n’est-elle pas de reconnaitre ses faiblesses? Favorisons tous ensemble une ouverture sur ce sujet tabou.

      • Walter Innocent Jr Répondre

        Merci beaucoup Manuel Saul! En effet, celui qui parvient à reconnaître ses faiblesses est fort. C’est ce qu’on appelle du courage. Et, oui, collectivement, nous pouvons détabouiser le suicide et la maladie mentale.

        À bientôt, camarade.

    • Irvin St-Louis Répondre

      Très belle article Walter. Merci de bien souligner ce fléau qui frappe notre communauté!!!

      • Walter Innocent Jr Répondre

        Merci beaucoup pour votre compliment, Irvin! Des gens comme vous me motivent à écrire…

  2. Ah oui la dépression tueur silencieux qui tue nos projets, tue nos ambitions et nous arrache la vie. C’est un mal dont souffre beaucoup de noir,mais dans la culture black on est des gens forts,or à l’intérieur on se détruit peu à peu jusqu’au jour ou survient l’Élément déclencheur et on passe à l’acte. Le black ne connait pas le psy, or l’entretien de notre âme est vital! Que Dieu console la famille de ce jeune homme et qu’il y’ait plus de sensibilisation sur le sujet. Zoya du DMA system

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci beaucoup pour cette intervention, Zoya Melouna! Nous devons à tout prix nous libérer de nos tabous si on veut avancer dans la société occidentale.

  3. Bonjour Mon cher Walter. Merci de nous porter à réfléchir sur ce sujet« Suicide» qui auparavant était réservé au blanc, au même titre que Psychologue et psychiatre. Il va falloir que les médias haïtiens fassent leur travail d’éducation au lieu de se plaire dans les bals et autres potins qui ne sont pas du tout utile à la communauté. Un autre phénomène ronge la communauté c’est celui des pasteurs et des soi-disant prophètes qui invitent les gens à prier plutôt que d’aller se faire soigner. Comme dit la chanson c’est dit tout à Jésus. Quelle aberration! Salut et merci encore.

      • Walter Innocent Jr Répondre

        Merci pour le compliment et votre visite, Marie-Berline!

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Salut Robert! Un grand merci à vous pour les beaux mots. Et vous avez bien résumé l’article, même que vous avez ajouté un point essentiel, qui se trouve dans mon article « La maladie mentale existe-t-elle chez les Haïtiens? ». Dans cet article-là, j’ai fait mention des croyances religieuses qui peuvent parfois être un obstacle à la détabouisation de la maladie mentale dans notre communauté.

      Merci pour cette belle intervention, camarade. Revenez nous voir…

  4. Je crois qu’il faut faire la différence entre les haïtiens vivant ici et ceux là-bas (en Haïti) ou fraîchement arrivés. Les haïtiens d’ici refusent de vivre la réalité d’ici. Avec notre train de vie, le niveau de stress quotidien, la quête de la perfection, vouloir avoir du succès à tout prix, la peur et la honte d’échouer etc.. il n’est pas étonnant de voir de plus en plus de gens en détresse. La réalité des québécois devient notre réalité, on s’est assimilé, on a adopté la culture et le train de vie.
    En Haïti, tout est molo, jan’m ye mwen bon, pas de stress, la misère fait partie du quotidien, le gazon du voisin n’est pas plus vert que le tien la plupart du temps. On a pas le choix d’être résilient. Il est grand temps qu’on réalise qu’il y a une nette différence et l’accepter afin d’aller chercher de l’aide dans les moments difficiles.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Très bon point, Mendy G. La réalité des Haïtiens de la diaspora est différente de celle de ceux de Lakay.

      Cependant, j’aimerais bien avoir les statistiques des cas de suicide en Haïti. Nous ne pouvons pas dire que cela n’existe pas.

      Merci pour votre participation, camarade. À bientôt.

    • Excellent commentaire! Nous vivons la réalité québécoise, alors nous nous devons d’être francs envers nous-mêmes et d’accepter que nous ne pouvons pas être psychologiquement plus forts que les autres. Il y a des moments là où on croule, et on a besoin d’aide. Ce n’est pas signe de faiblesse, mais plutôt signe d’intégration dans une société exigeante qui vise avant tout l’excellence et l’accumulation de biens. Se faire dire dans un moment de désespoir que la femme noire est forte, qu’elle ne sombre pas est un vrai camouflet pour une personne souffrante.

      • Walter Innocent Jr Répondre

        Exactement, Mimitone. Le concept de la femme noire forte a également ces répercussions négatives. C’est une forme de déshumanisation.

        Merci pour votre belle réflexion. Toujours aussi brillante.

        À bientôt.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci à vous, GBernier, de bien vouloir prendre part à cette conversation si importante.

      J’espère vous revoir sur le site Selon Walter très bientôt.

  5. Il faut trouver des solutions, prendre des actions concrètes, se demander comment ces personnes auraient pu prendre un chemin différent? La santé mentale est aussi tabou chez la communauté asiatique, il manque de ressources interculturelles, il n’y a pas d’intervenants qu’on serait à l’aise avec quand c’est rendu à un niveau complexe, alors on laisse faire ou on se fait prescrire des pilules.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Maleesa, puisqu’il y a problème, comme vous dites, nous devons trouver des solutions. La santé mentale est tabou partout, mais dans la communauté haïtienne ainsi que dans d’autres, c’est plus que tabou…

      Merci pour votre visite. À bientôt, j’espère.

  6. Merci. Bon sujet de réflexion. Et cela me ramène à mes éternelles pensées sur Haïti dont je crois est la seule solution. Si on s’évertuait tous à la rendre meilleure peut être on aurait moins besoin de vivre avec ce statut de citoyens de seconde classe, devrais-je dire de dernière classe dans une société qui a sombré plus profondément dans la ségrégation depuis le début du mouvement « accommodements raisonnables ». La communauté haïtienne est en retard sur la compréhension des expressions et des sentiments des terres d’accueil, terres d’exil, d’autoflagellation et de résignation. Nous préférons nous convaincre de la fatalité de la terre de nos ancêtres. Il semble plus facile de ressembler au blanc. Et c’était déjà le suicide avant la détresse dont on parle aujourd’hui.
    Nous sommes pris au piège l’émigration qui se convertit toujours en exil forcé, étant incapables de retourner au pays ancestral. Nous sommes devenus des payeurs de taxes, des faiseurs d’enfants payeurs de taxes à leur tour pour assurer la viabilité et la pérennité de la terre d’accueil en mal de reproduction et de démographie. Vous venez de comprendre les raisons d’état des coups d’état des 35 dernières années en Haïti. Dites autant de mal que vous voulez de l’ex président Jean Bertrand Aristide, il était le seul vrai légitime président de récente mémoire à promouvoir le retour de la diaspora haïtienne au pays et le seul à n’avoir reçu de l’aide étrangère et le seul à avoir fait peur aux « amis d’Haïti » , à avoir lancé l’investissement des haïtiens de la diaspora en Haïti, qui promettait beaucoup d’ailleurs. Les fonds bancaires s’en allait par milliards en Haïti et c’était par l’entremise des entreprises privées du président, légitimes mais avec un accent de conflits d’intérêts. Tout cela lui donnait les moyens pour dévier et contrôler la mainmise et les monopoles de l’oligarchie traditionnelle sur l’économie haïtienne.
    Naturellement cette dernière n’avait pas apprécié cette politique lavalassienne mais voici ce que nous avons aujourd’hui. Cette oligarchie se doit de mieux faire et ne pas seulement demeurer les éternels alliés de nos terres d’accueil.
    Nous vous invitons tous à la réflexion du retour au pays de nos ancêtres car, malgré nos petites réussites personnelles nous n’avons pas d’avenir en tant que peuple au pays d’accueil. Je regarde nos enfants pensif, silencieux, solitaires et sans appartenance à la société dans laquelle ils évoluent comme cela s’est passé pour nous autres premières générations d’immigrés. Les américains noirs sont la preuve que cela n’ira pas mieux dans trois cents ou quatre cents ans.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci pour le compliment, M. Constant! Votre analyse est bonne. Je comprends très bien votre point. Cependant, je crois qu’il serait mieux qu’on parle du retour au bercail une autre fois. Concentrons-nous plutôt sur le sujet en question ( suicide dans la commmunauté haïtienne ) pour le moment.

      Très bon point, toutefois.

      À la prochaine, camarade.

  7. Ici je prends la liberté de poster un article qui a les caractéristiques pour décrire le problème haïtien dans son ensemble et qui pointe également du droit les responsables de la détresse de la communauté haïtienne.cet article est très long et s’inscrit de ce fait dans complexité du sujet.

    http://www.loophaiti.com/content/des-jeunes-accusent-le-core-group-davoir-impose-le-phtk-aux-haitiens

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    Des jeunes accusent le Core Group d’avoir imposé le PHTK aux Haïtiens
    Loop News Created : 1 June 2019
    Politique
    Photo: le Core Group (composé de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, des Ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union Européenne et du Représentant spécial de l’Organisation des États Américains)

    Photo: le Core Group (composé de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, des Ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union Européenne et du Représentant spécial de l’Organisation des États Américains)

    Cette semaine, suite aux incidents enregistrés au Sénat de la République, le Core Group (composé de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, des Ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union Européenne et du Représentant spécial de l’Organisation des États Américains), a réagi pour condamner les actions des quatre sénateurs de l’opposition et appeler à la tenue d’un débat devant permettre d’engager un agenda de réformes, d’assurer la tenue des élections parlementaires et le bon fonctionnement des institutions ». En réaction, un groupe de jeunes réunis au sein de la structure Nou P ap Konplis, ont adressé une lettre ouverte au Core Group qu’ils accusent d’avoir imposé Jovenel Moïse et le PHTK aux Haïtiens. Nous publions ici in entenso ladite lettre.

    Lettre ouverte au Core Group
    De: Nou Pap Konplis
    Au: Core Group

    Mesdames/messieurs du Core Group,

    Si nous prenons la liberté de nous adresser à vous, représentants des supers puissances, nous, un groupe de jeunes haïtiens du mouvement Petro Challenge du regroupement « Nou Pap Konplis (Nous ne serons pas Complices)», c´est dû à votre importance dans notre vie de peuple, à l’influence que vous exercez, malheureusement, sur notre pays, Haïti.
    Vous êtes déjà au courant, sans doute, de la dégradation de plus en plus accélérée de la situation économique, sociale, politique , et environnementale de notre pays; de l’importance mais surtout de l’urgence que représente la crise humanitaire qui nous menace aujourd’hui: la faim, la précarité, l’insécurité sociale qui s’installent durablement chez nous et provoquent le désespoir qui accélère l’émigration massive de nos compatriotes vers d’autres rives.

    Dans ce contexte, et, en ce moment exceptionnellement difficile que nous vivons, caractérisé d’ailleurs par le chômage chronique, l’inflation galopante, la faim qui tenaille nos entrailles, l’endeuillement de nos familles, la menace constante planant au quotidien sur notre existences de peuple, votre silence nous étonne fort autant qu´il nous accable.

    Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est certainement la conséquence de vos décisions de doter notre pays d’une pseudo-démocratie à votre convenance. Pensant bien faire sans doute, mais somme toute menée dans le mépris de nos intérêts, de notre culture, de notre quête d’une vie meilleure pour tous nos concitoyens. Nous prétendons ici vous mettre face à votre part de responsabilité dans le malheur de notre pays incarné par votre support indéfectible à un pouvoir malveillant, incompétent et corrompu; celui que vous nous aviez imposé et dont nous subissons les bêtises. Nous le dénonçons nommément; il s’agit du président Jovenel Moïse qui fait fi de toutes nos calamités. Évidemment, nous ne sommes pas déçus de ce que vous continuez à supporter le pouvoir en place, coupable de violation de la Constitution, des lois de la République et des droits humains.

    Selon des rapports d’enquête de plusieurs organismes de défense des droits humains dont le RNDDH, et confirmé par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) ce pouvoir, vous le savez autant que nous, est accusé d’implication dans des massacres d’Etat qui ont été commis sur la population civile (femmes et enfants compris) à la Saline, à Carrefour-Feuilles, à Tokyo (bas Delmas), et à Cité Soleil. Contrairement à nos traditions ancestrales et à la dignité humaine, les victimes n’ont pas eu droit à des funérailles. Leurs corps ont été livrés à des chiens et porcs errants pour être dévorés en plein jour sous les regards de tous. Point n’est besoin de souligner à votre attention, combien ces crimes abominables nous offusquent et nous révoltent.

    De nombreux incendies criminels ont éclatés dans nos marchés publics alors que des bandes armés à la solde du gouvernement terrorisent la population de Port-au-Prince, capitale économique et politique du pays, mais également dans plusieurs régions de l’arrière-pays au point qu’elles les ont transformées en zones de non droit. Les bandits armés opèrent en plein jour sans s’inquiéter. La police nationale est impuissante par rapport à la force de frappe des malfrats et du soutien dont ils jouissent des plus hautes autorités de l’Etat. La police a été affaiblie et rendu incapable de s’acquitter convenablement de sa tâche. Le chaos s’installe dans le décor social haïtien. Le véhicule d’un diplomate chilien a même essuyé des tirs récemment dans la zone de Croix-des-Bouquets.

    Pourquoi faites-vous silence sur cette violence qui endeuille le peuple haïtien alors que nombreux sont ceux d´entre vous qui prétendent être amis d’Haïti? Pourquoi êtes-vous si prompts à défendre un régime qui promeut la criminalité ne se gênant pas à s’afficher, sans complexe, avec des bandits armés sans foi ni lois qui tuent, volent et violent impunément? Est-ce ça le projet démocratique que vous supportez en Haïti?
    Nous osons souligner à votre attention l’action autoritaire du régime que vous supportez, sur l’appareil judiciaire, son acquisition par prébendes des votes de certains membres véreux du parlement, faisant fi de l’indépendance des pouvoirs, véritable clé de voûte de toute démocratie fonctionnelle. Nous les jeunes, véritables avenir de la nation, pourtant sans avenir dans un pays où il n’y a pas de justice sociale et c’est la règle du monopole qui s’applique, notre seul espoir c’est la révolution. C’est d’ailleurs le sens de notre engagement et de notre combat. Ne soyez surtout pas effrayé de nous entendre parler de révolution. Du train que ça va avec le système actuel dont vous supportez les tenants, fort malheureusement, la révolution n’est pas une option, mais une obligation pour nous qui voulons un meilleur avenir pour notre pays et pour nous-mêmes. Cette révolution gronde déjà dans les quartiers difficiles des grandes villes et des milieux ruraux.

    Nous admettons que certains États du Core Group ont mis des fonds au service du pays. Cependant, ces fonds n’ont servi ni le pays ni le peuple haïtien dont près de 80% vit quasiment dans l’extrême pauvreté. En fait, ces fonds ont été détournés pour servir les objectifs du régime prédateur qui veut se perpétuer au pouvoir par tous les moyens en imposant au pays la terreur et la peur. Et vous en êtes bien informés par le biais de vos services de renseignements.

    De la Floride à l’état de New York,de Boston à Connecticut en passant par New-Jersey, de Atlanta à Chicago jusqu’à Philadelphie, du Brésil au Chili où se sont installés nos compatriotes par centaine de millier, nous savons que ces haïtiens rêvent d’une Haïti digne et florissante, belle, régénérée et prospère. C’est à la construction de cette Haïti que nous travaillons. Il en est de même pour notre diaspora au Canada, en France, aux Bahamas, en République Dominicaine et de part le monde qui s’oppose, néanmoins, à la corruption tolérée en Haïti par une politique incompréhensible, injustifiable, de vos gouvernements qui prétendent forcer au dialogue sans succès. La raison de cet échec s’explique par l’arrogance du président Jovenel Moïse dans cette démarche peu sincère et qui n’inspire pas confiance. Les partis de l’opposition invitées à la table des négociations savent que c’est un dialogue tronqué pour épater la galerie et donc vous-autres les puissants de ce monde. Nous aussi ne croyons pas dans cette entreprise qui consiste en une véritable opération cosmétique conçue pour la consommation de l’opinion publique internationale.

    Jovenel Moïse que vous supportez de manière inconditionnelle, ce président impopulaire qui dirige pour sa famille politique et ses amis d’une frange très influente du secteur des affaires regroupé pour la plupart au sein du Forum Économique, est loin d’être l’homme qui puisse créer un climat sûr et stable en vue de mettre le pays sur la voie du progrès et de la paix durable. Il ne peut pas garantir la cohésion nationale dont nous avons besoin pour conduire le pays vers la réconciliation nationale et la relance de notre économie par l’investissement générateur d’emplois massifs pour les couches défavorisées notamment les femmes et la jeunesse. En Haïti le mot dialogue est devenu synonyme de tromperie comme celui de Jovenel est synonyme de mensonge…

    Les pires scandales de corruption ont éclaboussé le régime honnis du PHTK que vous avez imposé au pays au travers d’un processus électoral contesté. De nombreuses manifestations populaires (plus de 200) dont certaines avaient réunies plusieurs millions de personnes à travers le pays pour dénoncer la corruption, avec en toile de fonds la dilapidation des 4.2 milliards de dollars américains du programme Petrocaribe. Vous vous êtes toujours montrés indifférents jusque-là par rapport à cette revendication fondamentale du peuple haïtien. A travers le monde, la lutte contre la corruption fait d’importants progrès au point que des chefs d’Etat, des parlementaires et autres hauts fonctionnaires de l’Etat ont été destitués, jugés et incarcérés pour leur implication dans des crimes financiers. Cependant, quand les protestataires ont réclamé la démission du président de la République, votre protégé, en raison de son inexpérience notoire en matière de gestion économique et politique et de son implication dans le gaspillage du fonds Petrocaribe, vous êtes intervenu pour rappeler aux haïtiens que c’est par les élections qu’on prend le pouvoir. Pourtant, à notre grand étonnement, beaucoup d’entre vous dont les États-Unis reconnaissent un président autoproclamé au Venezuela. s’agit-il d’un traitement de deux poids et deux mesures? Pourquoi ce double standard? N’est-ce pas un paradoxe? En ce sens, vous vous faites passer chez nous pour les champions de la démocratie et en même temps, vous nous laissez comprendre qu’Haïti n’aurait pas droit selon vous à se libérer d’un régime prédateur qui cause du tort à tout un pays?

    De plus, n’êtes vous pas au courant que des mercenaires étrangers venus des Etats-Unis se sont introduits dans le pays illégalement avec des armes de guerre, circulant dans des véhicules sans plaques appartenant à des proches du président? Ils se sont rendus au siège de la Banque Nationale de la République et pourquoi faire? Ce qui dans n’importe quel pays, notamment chez vous, serait considéré, avec raison, comme un acte terroriste; pourtant, le gouvernement haïtien s’est arrangé, via son ministre de la justice, pour remettre en liberté sans aucune forme de procès, ces individus arrêtés par la police haïtienne. Aucune explication officielle n’a toujours été fournie sur ce qui s’est passé.

    Avec des frontières poreuses où ont lieu toutes sortes de trafic illicite et de contrebande, Haïti est caractérisé aujourd’hui comme une menace pour la sécurité nationale de ses voisins au point que les États-Unis, pays dominant du Core Group, le place sur une liste noire des pays à ne pas visiter. Cette décision affecte considérablement le secteur touristique haïtien, un pan très important de notre économie déjà asphyxiée. Le peuple peut-il continuer à vous considérer comme ses amis?

    Évidemment, là encore, vous vous êtes tus. Et vous n’avez pas raison de vous taire puisque dans le malheur actuel du peuple haïtien, vous avez pactisé avec ses bourreaux et le clan mafieux qui opèrent dans le pays. Sachez que vous allez devoir vous positionner autrement lorsque le peuple haïtien se révoltera pour renverser le système pourri qui lui enlève son droit naturel d’avoir une vie normale, décente et acceptable. Nous espérons que vous continuerez à vous conforter dans votre silence.
    En fait, il n’est un secret pour personne qu’Haïti est divisée en deux camps distincts: le camp des démocrates et celui des ennemis de l’ordre et du progrès; les mêmes d’ailleurs que vous avez toujours supportés. Il est tout à fait évident que vous aurez choisi votre camp, celui qui s’oppose à la démocratie, au respect des droits humains et au progrès d’Haïti. Au lieu de vous solidariser avec le peuple haïtien, ne vous rangez-vous pas du côté de ceux qui sont en train d’implémenter un projet antidémocratique et autoritaire en Haïti?

    A ce stade, vous êtes conséquents et cohérents avec le versant de la politique colonialiste de vos gouvernements respectifs. Et cela se comprend. Jamais nous ne vous demanderons de vous déjuger puisque le régime Tèt Kale (qui se décrit lui-même comme celui des bandits légaux) est le fruit de votre -politique archaïque en Haïti- une politique nettement raciste et de mépris de l’haïtien qui consiste évidemment à nous imposer des dirigeants issus d’élections truquées.

    Vous avez été les architectes de l’ascension de ce régime au pouvoir. Cela a commencé en Mai 2011 avec Michel Martelly puis Jovenel Moïse qui assure la continuité d’une politique de démolition d’Haïti et du rêve haïtien. Lors des dernières élections frauduleuses organisées dans le pays, vous avez tout mis en œuvre pour que ce soient votre protégé, un novice qui parvienne aux timons des affaires en Haïti pour effectuer son stage présidentiel. Cela est une blessure mortelle pour le pays et pour la démocratie. C’est contraire aux vœux des haïtiens qui trouvent dans le vote, une expression de liberté garantissant le vivre ensemble dans la paix.

    Déjà, nous voulons vous prévenir que l’histoire ne se répétera pas cette fois; d’autant qu’il est claire qu’il n’y aura pas d’élections en Haïti ni cette année ni avec le régime en place, comme vous le souhaitez; ce qui est regrettable, mais évident. Avec le régime en place, celui que vous supportez au détriment du peuple haïtien dont vous faites fi de la douleur et de la misère, il ne saurait y avoir d’élections pour plusieurs raisons dont la principale consistera à trouver l’argent nécessaire à cette entreprise. Il est à déplorer que des millions de dollars fournis par vous pour l’organisation de précédentes élections aient été détournés par les organisateurs. En général, les résultats ne reflètent pas nécessairement l’expression du vote populaire. En plus de la contestation, cela a provoqué la démobilisation de l’électorat au point que le taux de participation des électeurs aux dernières élections était des plus bas.

    Il n’y aura pas d’élections avec l’actuel Conseil Électoral Provisoire (CEP) qui ne jouit ni de légitimité ni de la confiance de la population et dont les membres sont payés pour ne rien faire depuis deux ans. Son mandat est arrivé à terme depuis plus de deux ans. Et ce CEP ne pourra être reconduit pour rien au monde.

    Il n’y aura pas d’élections dans le pays tant que ceux qui ont dilapidé les fonds du programme Petrocaribe, soit 4.2 milliards de dollars américains, n’auront pas été jugés. Et avec le régime en place, nous n’avons aucune garantie que le procès aura lieu. Il n’a lancé aucun signal positif en ce sens. Au contraire, il fait tout pour empêcher toute avancée dans le cadre de ce dossier.

    Il n’y aura pas d’élections tant que le dossier de corruption dans laquelle la première dame de la République est impliquée n’est pas éclaircie. L’attribution du contrat de Dermalog, firme chargée de fabriquer les cartes électorales, n’a pas respecté les lois sur la passation de marcher, selon ce que révèle la commission anti-corruption du Sénat Haïtien. Nous comprenons mal que vous vous complaisez avec ceux qui violent la loi!
    Il n’y aura pas d’élections si les conditions de sécurité ne sont pas réunies. Cela doit passer inévitablement par la création d’un climat sûr et stable dont l’élément fondamental est le désarmement général de tous les gangs armés qui prolifèrent à travers le pays et dont le régime en place se sert pour faire peur à la population et à ses opposants directs.

    Enfin, il ’y aura pas d’élections si une certaine communauté internationale s´aviserait d’interférer dans le processus électoral afin d’imposer de dirigeants incapables, incompétents et corrompus. Il doit être clair pour tout monde que les élections sont un élément de la souveraineté nationale et nous n’entendons pas brader cette souveraineté ni la céder à un quelconque tiers. De même, les élections sont un élément de la démocratie, mais pas la démocratie elle-même. Après tout, même les pays où il y a système de parti unique, des élections se tiennent régulièrement.
    Le dernier acte d’ingérence de bon aloi que vous pourriez poser, serait de nous débarrasser de votre colis explosif en la personne de Jovenel Moïse devenu définitivement trop encombrant et encore trop destructeur pour le pays.

    Notre combat ne consiste pas uniquement à renvoyer un régime anti-démocratique, corrompu et incapable de résoudre le moindre problème. Nous œuvrons pour la construction d’un nouveau système où les droits de chaque citoyen est respecté- un système inclusif fondé sur l’état de droit et où les haïtiens sont maîtres de leur destin.

    Nous, petrochallengers challengers de Nou Pap Konplis, voulons des élections correctes, transparentes et inclusives. Nous voulons voter pour des dirigeants dignes, responsables et capables de répondre aux défis du présent et du lendemain. Ce que nous voulons, c’est la récupération de notre dignité de peuple et notre droit à l’autodétermination; la liberté, l’égalité, la fraternité dans l’union qui fait la force.

    Nous, jeunes petrochallengers, souhaitons réunifier le pays avec l’aide d’alliés qui comprennent que la nouvelle génération se cherche un avenir heureux ou les sanctions de l´international ne soient pas un instrument de destruction pour faire imploser Haïti. Nous vous exhortons à un meilleur traitement de notre peuple.

    Nous vous écrivons non pas pour implorer votre pitié, mais pour vous rappeler q’Haïti souhaite être traité avec justice et équité par la communauté internationale que vous représentez. Évidemment, nous sommes ouverts à la coopération qui respecte notre dignité et nous nous opposons fortement à l’assistanat international qui ne répond pas à nos besoins et à nos attentes.

    Notre objectif, est de vous faire part de notre sentiment d’exaspération par rapport à votre politique en Haïti-Une politique contre-productive qui a échoué parce qu’elle est arrogante et ne tient pas compte des aspirations des haïtiens. Il est donc temps de changer de paradigmes. Notre exposé est une démarche consistant à attirer votre attention sur la nécessité d’évoluez vers une prise de conscience, une analyse honnête de votre politique qui a des conséquences néfastes pour notre pays.

    Nous connaissons nos failles et nos manquements, mais cela ne saurait justifier la mise en œuvre d’aucune politique de mépris à l’égard du vaillant peuple haïtien.

    Recevez, mesdames et messieurs du Core Group, toutes nos salutations!

    Signatures:
    Ricardo Fleuridor, Porte-parole
    Jonathan Renois, Chargé de Communication
    Evens Ciril, Stratégiste

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  8. Je croie que le probleme touche tout etre humain peu importe sa nationalité. premierement avouée quon ne vas pas bien es une chose mais aller en parler avec un inconnue 😖 en es une autre comment lui pourrais nous aider il ne vie pas ce que nous vivons ou ce que nous avons vécu,il nous connais pas comment peut il nous aider. pour avoir passer part la une chance que jai des amis(es) en or et que javais peur de mes actes car je nai jamais vue la nécessité daller parler a un professionnel (et cest pas comme si on me lavais pas suggéré)non peut etre pas la nécessité mais le courage on sais quon ne vas pas bien mais on refuse.on a honte cest comme si la situation qui nous a fait plonger dans la depression on la trouve trop niaiseuse.on se trouve niaiseuse detre dans cette etat.il y a tellement didees et de mise en scene dans notre tete que je croie quil faut etre fort pour avoir le courage daller chercher de laide professionnel.(je parle a titre personnelle cest comme ca je me sentait)chaque etre humain es different mais je croie que la depression es semblable pour tous on ce sans seule pas aimer et ceux qui nous aiment on sans fou on a carrement le mal de vivre et surtout la honte detre dans cette etat. Donc je croie quon devrais plus parler de depression que de nationnalite car sa touche tout le monde. De faire comprendre aux gens que la depression ca peu arriver a nimporte qui a nimporte quel événement peut etre pas de banaliser la dépression mais je sais pas… Quand tu es dedans tu ne veux pas croire que tu en vie une.cest tellement bizare letat detre quand on es en depression.😔

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci pour ce beau témoignage, Marina! En effet, la dépression touche tout le monde, que l’on soit Haïtien ou Italien. Je suis content que vous ayez pu maîtriser la situation avec l’aide de tes proches. Un bel exemple à suivre.

      J’espère vous lire très bientôt.

  9. Thank you for this. It was much needed. I will look forward to reading more from you and from the comments.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Thank you to you, Jay Bee! I hope to chat with you again on Selon Walter.

  10. Ernude Pierre-Louis Répondre

    Tabou …..il n ‘ y a pas que la maladie mentale , le tabou est ancré dans la culture Haïtienne , je travaille dans le milieu de la santé et je peux vous dire une chose , les Haïtiens ne font pas de dépression … non … non , dès qu’ ils ont un petit bobo ils mettent la faute sur le dos de la magie , des sorciers , sorcières qui leur font du mal , qui vlé mangé yo , ça prend des gens comme vous pour faire des sorties publiques pour qu ‘ on arrêtent de faire l ‘ autruche et d ‘ accepter qu ‘ il n’ y a pas de honte et qu’ on peut avoir de l ‘ aide . Du fond du cœur merci beaucoup.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Camarade Emude, permettez-moi de vous dire que nous sommes de grands collectionneurs de tabous. Il faut égalementsouligner que l’esclavage et la dictature n’ont pas aidé la cause en ce qui a trait à notre silence. Nus devons nous dire certaines vrités pour nous libérer des tabous. Et grâce à des gens comme vous, nous y parviendrons.

      Merci à vous pour ce beau commentaire, camarade.

  11. Hélas… cet article m’est partagé après que mon roch, mon héros, mon petit frère eu commis l’inattendu. C’est bien inattendu car personne non personne n’a su voir l’arriver cet acte ultime… malgré que nous connaissions ses difficultés des 2 dernières années. Comme quoi même avec nos lunettes nous sommes demeurés aveugles… Celui qui nous remontait, nous motivait, se reinventait et cherchait le « self improvment »Je suis d’accord avec vous. Il faut ouvrir le dialogue et arrêter de croire que notre belle communauté ayant survécu bien des guerres ne peut perdre des batailles…

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Très bien dit, Cassandre. On ne s’y attend jamais. On a beau être au courant des moments difficiles des suicidaires, mais on ne pensejamais que ceux-ci passeront à l’acte. Nous devrons changer cette mentalité. La prévention est le meilleure façon de changerles choses…

      Désolé pour votre héros, votre petit frère. Soyez forte.

      Merci pour votre visite, et j’espère vous lire de nouveau.

  12. C’est un travail extraordinaire que vous faites, bravo à vous. Je souhaite que la belle Haïti reçoive au plus tôt toute l’aide dont elle a besoin. Cette population le mérite tellement.

  13. Merci pour cet article, et oui, c’est un immense problème dans notre communauté, et fortement Tabou dans toute la diaspora Noire du monde, que ce soit dans les Caraïbes, aux États-Unis, en Europe, ou en Afrique !

    Mais j’aimerais amener les regards sur un autre aspect qui me semble peu pris en compte en général dans la compréhension de cette détresse psychologique, en plus de la pauvreté pour beaucoup, et des complications au quotidien… Car ici en France, beaucoup de Noirs sont en dépression sans pour autant être pauvres, ou souffrir d’un lourd racisme, ou de difficultés à avoir un bon job, et pourtant, ce même mal-être existentiel les habite… Alors, quelles potentielles autres sources plus lointaines encore ?

    Je suis moi-même concernée par la question… j’ai 37 ans, et je dois avouer que j’ai commencé à réaliser l’Histoire des noirs très très tard vers mes 20 ans seulement, (car très peu enseignée à l’école n’est-ce pas ?) et j’ai commencé à me documenter seule sur ça dans la période où l’on se construit le plus dans sa tête en prime ! (car j’avais de partout cette pression pour ne jamais en parler, ni dans nos familles car « passé trop douloureux », ni avec nos amis non-Noirs, car on « se plaint trop ou on se victimise »), ainsi, on finit par faire un déni de sa douleur, seulement un jour on tombe sur un Film, comme « Birth of a Nation », ou « 12 years a Slave », ou « Amistad », ou bien on revoit avec d’autres yeux éclairés « Autant en emporte le vent »… Avec ces images d’une violence inouïe, et clichés traumatisants qui nous alourdissent l’âme et nous stigmatisent… Et personne autour de nous bien-sûr, pour parler de notre choc émotionnel, psychologique, et même physique car pour ma part c’étaient crises de larmes, cauchemars, tremblements, maux de tête, frustration et colère immense…

    Un jour je suis tombée sur une photo sur le Web, d’un esclave dont le maître l’avait fouetté si fort dans le dos, que son dos s’était ouvert en deux… je voyais la chair largement ouverte comme les pages d’un livre sur une très très longue surface et le maître si fier à côté, j’ai ressenti un profond désespoir, et même je suis honnête, une poussée meurtrière envers cet homme pourtant déjà mort depuis longtemps, je pense qu’au temps de l’esclavage on m’aurait jetée aux chiens (car oui il y a ça aussi, les chiens et cochons mangeurs de Noirs désobéissants… on a été vraiment servis niveau horreur, comment ne pas donner en masse vie à une lignée de traumatisés dépressifs qui savent mal (s’)aimer et ont souvent peur des chiens d’ailleurs ?) Je regardais longuement son visage sur la photo à cet homme Noir, il ressemblait à un de mes tontons…

    Il avait pu impunément être ouvert en deux par un homme Blanc juste parce qu’il avait une peau Noire, comme la mienne… Je me suis inconsciemment identifiée à son statut, car si j’étais née à peine un siècle plutôt, j’aurais subi les pires sévices moi aussi, juste parce que j’étais Noire… C’est d’une violence inouïe de réaliser ce que sa peau a pu provoquer, c’est pourtant juste une peau, juste de la mélanine qui en prime la protège et la fait briller, c’est un détail comme la couleur des yeux, ou la taille des pieds, c’est si insignifiant à la base car juste pour s’adapter à l’endroit où l’on naît… Mais certains hommes l’ont rendue particulière, diabolique et à part juste pour l’exploiter, juste pour l’argent. J’ai appris ce qu’était le code Noir, le droit de cuissage, les viols quotidiens sur femmes, enfants, et hommes même si c’est tabou ça aussi (pour rappel, l’homosexualité n’est pas apparue il y a 80 ans hein… alors imaginez les marchés aux esclaves… sex toys et esclaves sexuels, femmes et hommes de ménage, robots de cuisine, masseurs, jardiniers, nettoyeurs de fesses et de fosses… Nos ancêtres servaient tous les vices et tous les services ! Pour une mort affreuse souvent très jeunes, séparés de leur famille pour les empêcher de s’aimer (ceci explique d’ailleurs aussi nos défaillances familiales nombreuses et l’absence des pères Noirs encore aujourd’hui, car pendant des siècles ils étaient juste des « reproducteurs » ou devrais-je dire des « producteurs » pour l’écurie d’esclaves des maîtres), mon propre père a été absent pour nous, et il a plus de 20 enfants en tout avec plusieurs femmes (sans être polygame ou quoi que ce soit hein !)… je sais c’est fou, et ça m’a fendu le coeur de conscientiser tout ça, de comprendre l’impact sur ma vie encore aujourd’hui, j’ai pleuré pendant des semaines, en cachette bien-sûr, car il ne fallait surtout pas « me plaindre ».

    J’ai alors eu besoin de faire une thérapie vers mes 25 ans, et à la différence de beaucoup de Noirs, je ne me juge pas parce que j’ai mal, avoir mal est humain, et je suis humaine, rien de plus, rien de moins. L’eau lave mon corps, le dentifrice lave mes dents, la thérapie lave mon âme. Si il y a un docteur pour mon corps, un pour ma sexualité, un pour mes yeux, pourquoi je refuserais qu’il y en ait un pour mon cerveau ? N’est-ce pas lui qui justement, fait tourner tout le reste ?

    Seulement, j’avais besoin d’un psy NOIR, qui puisse comprendre ce que je lui expliquais ! Je ne supportais pas l’idée d’un psy Blanc qui me réponde « Hum hum » et me donne des cachets que mon cerveau aurait sûrement vu à l’époque comme des « pilules anti-révolte » quand je lui aurais raconté le choc de ce que ses ancêtres ont fait aux miens ! Il n’y aurait été pour rien à l’histoire ce pauvre psy bien-sûr, tout comme moi je n’ai pas vécu l’esclavage, mais comme ma douleur était là, ce qu’il m’évoquait lui, l’aurait été aussi, c’était un fait, ça n’aurait pas marché. Mais là, surprise dans mes recherches : AUCUN PSY NOIR !!! O_o

    Et oui, j’ai alors découvert que les Noirs ne suivent quasiment pas de cursus scolaire psychologique ! Un infime pourcentage d’étudiants, et bien trop peu pour avoir une chance d’en trouver un qui ait un cabinet dans une grande ville ! Et pourtant il y a une forte clientèle en demande (la preuve encore avec cet article !) !!!

    Parents Noirs : S’il vous plaît, encouragez vous enfants à devenir médecins du cerveau, soyez fiers qu’ils puissent aider des gens, les empêcher peut-être de mettre fin à leur jour, les encourager à s’aimer en tant que Noirs ! Le monde entier y gagnera !

    Si vous êtes croyants, pensez-vous vraiment que Dieu ne validerait pas ce genre d’aide entre ses enfants ? Prier Dieu en demandant de l’aide, ce n’est pas attendre un coup de baguette magique et d’être guéri du jour au lendemain, c’est parfois Lui demander de l’aide, et que quelques jours ou semaines, ou mois après, une personne vous donne le numéro d’un Psy ou d’un thérapeute ! Répondrez-vous alors : « Non merci, j’attends le coup de baguette magique de Dieu » ? Et bien vous aurez juste refusé l’aide de Dieu, parce que vous n’aurez malheureusement pas su la reconnaître. Et puis un jour dans une colère vous Lui direz « Je t’ai appelé à l’aide, et tu ne m’as pas répondu, tu m’as abandonné ». Comme beaucoup de sourds et d’aveugles dans le Royaume Terrestre hélas… :-/ Et pourtant, nous ne sommes JAMAIS abandonnés.

    Et le savoir m’a sauvée. Dans ma détresse j’ai pour ma part prié, et on m’a ensuite parlé d’une thérapie pour m’aider, mais ne trouvant pas de thérapeute Noir, j’ai décidé de devenir moi-même thérapeute et de me former, j’ai choisi une méthode d’accompagnement dans les « thérapies douces », et aujourd’hui j’en ai fait un métier, j’accompagne des gens à retrouver confiance en eux, estime d’eux, et c’est magnifique, et ça réjouit le coeur de Dieu, je le sens dans chacun de mes sourires, et de ceux des gens que j’accompagne. Aujourd’hui je suis une femme Noire heureuse et accomplie, je suis Libre dans mon corps et dans ma tête, et aucun Blanc, ni Noir ne détermine plus ce que je suis : l’Amour de moi et des autres (tous les autres) a remplacé la peur et la colère dans mon coeur.

    Je finirais en partageant avec vous tous ce témoignage de l’actrice Taraji P.Henson, l’actrice très connue de la série « Empire », qui a connu la dépression et la maladie mentale, et découvert l’horreur des tabous dans notre communauté. Bien évidemment, j’ai été très émue de reconnaître ma propre détresse dans son histoire, et de réaliser que même derrière les grands écrans à Hollywood, un Noir, reste un Noir.

    (copier-coller dans google si jamais le lien est inactif) :

    https://www.youtube.com/watch?v=I_j1wMoSxjg

    Merci Walter pour ta plume, ta compassion, ton Amour de la communauté et d’oser parler de ces tabous, et Force à tous ceux et celles qui pensent qu’ils sont seuls dans leur souffrance, oh que non ! Mais si vous ne parlez pas, on ne vous trouvera pas, n’est-ce pas ? <3 Paix et Amour.
    Edith

  14. Perpetue Robert Répondre

    Merci Walter pour ce beau article. Je pense qu’appart des vrais problèmes de psychologique , la dénaturation des aliments qui apporte beaucoup de carence alimentaire, la déconnection avec la nature, la déconnection avec la spiritualité apporte tant de vide dans l’être humain qu’il ne trouve plus de repère. La déconnection apporte la dépression.

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