Femme noire

Un grand succès pour la 5e édition du Salon international de la Femme Noire à Montréal


Le Salon international de la Femme Noire (SIFN) à Montréal a encore attiré la foule. Tout au long de la fin de semaine du 6 et 7 aout, le public a répondu présent à cet évènement qui valorise les modèles de réussite des communautés noires, et qui loue l’influence des femmes afrodescendantes d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Cette année, pour souligner la reprise des activités sociales et économiques après la longue période de confinement sanitaire, le Salon international de la Femme Noire s’est déroulé sous le titre de Renaissance.

L’éveil d’une conscience collective

Pour aborder le sujet de la place de la femme noire sur le plan social et entrepreneurial, des ateliers et des interviews ont été organisés, mais avant de plonger dans le vif du sujet, permettez-moi de vous présenter celle qui a mis sur pied ce grand rassemblement annuel.

Dorothy Rhau, qui a provoqué cette prise de conscience collective, s’est assurée de hausser la qualité du SIFN en le déménageant au Grand Quai du Port de Montréal, qui dispose d’un plus grand espace par rapport à la configuration de la première édition.

Dorothy Rhau, fondatrice du Salon international de la Femme Noire à Montréal

Si vous cogitez sur les origines du Salon international de la Femme Noire, sachez qu’elles sont étroitement liées à l’invisibilité des femmes afrodescendantes dans l’espace public.

En effet, déçue de l’absence de produits cosmétiques pour la peau noire et métisse dans les pharmacies, l’humoriste et entrepreneure sociale a créé des plateformes de discussions orientées vers l’autonomisation et l’émancipation de la femme noire, qui, aujourd’hui, se distingue par sa détermination et son audace.

Ah, j’allais oublier : elle est également cofondatrice du mouvement Audace au Féminin, un organisme qui s’illustre sur les réseaux sociaux.

Je ne me suis pas présenté au Grand Quai du Port de Montréal pour assister au SIFN en tant qu’observateur, mais bien en tant qu’homme solidaire au mouvement des femmes, et plus particulièrement à l’afroféminisme.

« Pourquoi existe-t-il un salon de la femme noire ? », m’a récemment demandé une connaissance d’origine polonaise.

Je vous épargnerai les longues discussions au sujet du racisme et du sexisme dont sont victimes les femmes noires dans notre société complexe, c’est-à-dire que je ne m’attarderai pas sur la légitimité de ce rendez-vous annuel, mais plutôt sur sa positivité.

Discuter pour vaincre les tabous

Par exemple, dans une interview sur le changement de sexe, Carline Joseph, ancienne Miss Haïti, son mari Godfroy Guillaume et leur fils Isayah Guillaume, dont le sexe féminin lui a été assigné à la naissance, ont répondu courageusement aux questions pertinentes de l’animatrice Nolie Imprévert, dimanche.

Indubitablement, cette conversation à la fois émouvante et informative, et qui a suscité l’attention du public, est la preuve que le Salon international de la Femme Noire contribue à la démocratisation des communautés noires ainsi qu’à l’élimination de certains de leurs tabous.

En d’autres termes, dans une vingtaine d’années, on parlera encore de Carline, de Godfroy, d’Isayah, cette famille qui a fait évoluer la mentalité de certaines personnes de la communauté noire.

L’autre moment fort de ce week-end mouvementé s’est produit samedi, lorsque la panéliste Nancy Falaise, fondatrice du Salon Académie Nancy Falaise, a prodigué des conseils de prévention contre les cancers féminins tels que le cancer du sein.

L’engouement de l’intervention de cette experte en cheveux naturels et en produits de soins capillaires s’articule sur sa victoire contre le cancer.

Des dizaines d’exposantes et exposants ont participé au SIFN afin de vendre et promouvoir leurs produits et diffuser leurs messages de prospection.

Émergence économique des femmes noires

À vrai dire, aucun autre évènement ne permet aux entrepreneures des communautés noires d’avoir autant de visibilité au Canada.

Pour Gabriella Kinté Garbeau, propriétaire de la librairie Racines, tisser des liens avec sa communauté et ses clients est indispensable à son entreprise. Même son de cloche chez Jessie Legent, coach de vie, qui nous propose de nous accompagner dans l’atteinte de nos buts personnels et professionnels.

Erika, de l’arrondissement d’Anjou, qui a assisté à l’édition 2018 du SIFN, s’est réjouie de la pluralité des kiosques :

« Je suis contente de constater qu’il ne s’agit pas uniquement de restauration ou de produits pour les cheveux, qu’il y a aussi des boissons alcoolisées, des véhicules électriques, d’assistances pour celles et ceux qui se lancent en affaires, que ce soit sur le plan de prêts bancaires ou autres… », a déclaré la jeune fonctionnaire.

Mariama, une Torontoise d’origine sénégalaise, a été charmée par l’exposition des poupées noires et métisses de Brown Divas. Elle ne pouvait s’empêcher de replonger dans ses souvenirs d’enfance où les poupées de Pére Noël ne lui ressemblaient aucunement.

Pour Henry, de Montréal-Nord, le Salon international de la femme noire est la découverte d’une activité enrichissante : « D’habitude, c’est ma femme qui est ici, cependant cette année, j’ai décidé de satisfaire ma curiosité, et en tant qu’homme, je trouve cet évènement très « legit » (d’envergure et universel), a raconté l’informaticien, tout sourire.

Personnellement, j’ai été émerveillé par l’ambition des entrepreneures de notre communauté qui ont pris place à l’espace Quartier Black Wealth pour raconter leur parcours et leurs anecdotes entrepreneuriales.

J’ai également été ravi d’avoir pu rencontrer Louis-Edgar Jean-François, PDG du groupe 3737, un chic type qui est dévoué au développement économique des communautés noires.

Et il était plaisant de discuter avec quelques-unes des personnes qui solidifient mon lectorat.

Bref, il n’y avait que du positif au Grand Quai du Port de Montréal ce dernier week-end.

Il y a toujours place à l’amélioration, toutefois, force est de reconnaître que le SIFN 2022 n’est pas loin de la perfection : il a été organisé avec grandeur et beauté.

Pour celles et ceux qui n’y étaient pas, restez à l’affût par le moyen du site Web ou de la page Facebook d’Audace au Féminin.

Messieurs, vous êtes invités à visiter le Salon international de la Femme Noire l’an prochain.

Faites comme chez vous, mais n’oubliez pas que vous êtes dans le royaume des femmes noires, et que chacune d’entre elles doit être traitée comme une Queen.


Je vous invite à participer à la conversation en laissant un commentaire un peu plus bas sur le site. Merci.


1 Commentaire

  1. Carline A Joseph Guillaume Répondre

    🌈🌈🌈WoW! Merci Walter Inn pour ce beau résumé du SIFN. Effectivement j’ai été ébloui de voir que notre Panel « Maman je change de sexe » a attiré une foule monstre. Cela m’a permis de voir qu’effectivement il y a plus de personnes qu’on le pense qui sont concernés pas ce sujet.

    🌈🌈🌈Je remercie mon fils Isayah Guillaume pour sa souplesse et son ouverture face à sa transition quelle FIERTÉ. Sa fiancée Angélique Jastremski merci de rendre mon fils si heureux! Et bien sûr ma cerise sur mon Sunday mon adorable mari Godfroy Guillaume qui me supporte dans tout contre vent et marée.

    🌈🌈🌈La communauté LGBTQIA + 2 est de plus en plus grandissante dans notre communauté noire et la tendance de nos pairs à vouloir fermer les yeux face à cette réalité est selon moi la plus grosse des erreurs à ne pas commettre ou du moins à ne plus commettre pour le bien de notre génération future. OUVRONS NOS CŒURS ET NOS YEUX croyez moi, ensemble nous allons SAUVER des VIES. N’oubliez surtout pas que nos enfants sont les leader de demain soyons-en FIER

    🌈🌈🌈Soyons ouvert et sautez dans le train pendant qu’il est encore temps et ce pour vous et pour nous principalement la jeunesse de demain ! Encore Merci Dorothy Rhau pour cette charmante invitation, Nolie Imprévert pour ton ouverture et ta présence et toute l’équipe qui a su travailler d’arrache pieds pour le succès de cet événement.

    #sifemmenoire #audaceaufeminin #sifn2022 #SIFN #lgbtqia #transgenderrights #transgenre #JosephGuillaumefamily

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