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Un judicieux doigt d’honneur au racisme européen

L’Europe le mérite. Les spectateurs de football – soccer – européens l’ont cherché. Et le monde entier devait le voir. En levant ses majeurs vers la foule, dimanche dernier, Moussa Marega, l’attaquant du club Porto, au Portugal, a mis le doigt sur les principaux problèmes de l’Europe : le racisme, le racisme et le racisme…

Cela fait depuis plus de 30 ans, soit à l’arrivée des joueurs africains dans le paysage footballistique européen, que les racistes s’expriment en toute roue libre dans les stades : jets de bananes sur le terrain, effigies d’hommes noirs pendus et pancartes racistes.

Un match de la honte

Pour plusieurs, surtout ceux qui n’ont jamais eu à faire face au racisme, le footballeur Moussa Marega a manqué de professionnalisme en « désertant » son équipe à la 70e minute d’un match important du championnat portugais.

Un doigt d’honneur bien mérité

Certains ont même affirmé naïvement que « les spectateurs sont pris en otage par les caprices des enfants gâtés du football » pour décrire le tempérament rebelle du footballeur de 28 ans.

Pour moi qui ne jouis pas du privilège accordé à la majorité de la population occidentale, le geste de Moussa Marega est tout à fait normal, pour ne pas dire héroïque.

Je vous propose de relater les faits saillants de ce match de foot de la honte, afin de mieux comprendre ce que vivent les joueurs afro-descendants dans ce vieux continent qui tient à ses vieilles mentalités.

Je comprends mal que Paul Canoville, un ancien joueur de Chelsea, ait été traité de nègre par ses propres supporters sans la moindre réaction du club, et qu’il ait été congédié pour avoir frappé l’un de ses coéquipiers, qui lui a crié « Shut up, nigger! ».

Le dimanche 16 février, le Vitoria Guimaräs affronte le FC Porto, l’équipe de Moussa Maregua. À la 60e minute de jeu, alors que le score est 1-1, le Franco-Malien marque un but. Pour répondre aux cris racistes des partisans, Moussa célèbre avec l’un des sièges qu’on a lancés sur le terrain.

Les autres joueurs ont vainement essayé de garder Moussa sur la pelouse

Ce qui lui a valu un carton jaune des officiels insensibles à tout ce qui ne concerne pas le ballon rond.

Bon, il faut croire que tout le monde, y compris ses coéquipiers qui le forçaient à rester sur la pelouse, était contre Moussa cette soirée-là.

De ce fait, permettez-moi d’attirer votre attention sur l’indifférence et le « je-m’en-foutisme » des clubs et des fédérations nationales.

Je comprends mal que Paul Canoville, un ancien joueur de Chelsea, ait été traité de nègre par ses propres supporters sans la moindre réaction du club, et qu’il ait été congédié pour avoir frappé l’un de ses coéquipiers, qui lui a crié « Shut up, nigger! ».

Cette histoire remonte à 1986, et aujourd’hui, force est de constater que les propos et actes racistes dans les championnats européens sont en hausse.

Cependant, chers compatriotes, il faut se rendre à l’évidence qu’une lutte contre le racisme va au-delà de la dénonciation. Sans des actions sérieuses telles que le boycott des produits venant des fautifs, nous continuerons à être fiers de porter le drapeau de gens résilientes.

Dénoncer et agir

Pourquoi les partisans de l’équipe locale ont-ils proféré des insultes racistes envers l’attaquant d’origine africaine?

Une autre façon de poser cette question est de se demander pourquoi y a-t-il autant de racisme et de xénophobie contre les personnes d’ascendance africaine dans le discours public des pays européens.

Moussa Maregua n’est certainement pas le meilleur joueur de foot du monde, mais il a la couleur de peau des dieux du stade.

Aux yeux de ces racistes, il ressemble à Pelé. Court comme Usain Bolt. Et il a la force de caractère de Muhammad Ali.

Tous des athlètes noirs qui ont été au sommet de leur discipline.

Ces raisons sont-elles valables pour expliquer les hurlements simiesques des partisans lorsqu’un joueur noir de l’équipe adverse brille sur le terrain?

Bien sûr que non!

À vrai dire, il ne me revient pas d’élucider les causes de la maladie de ces gens. Qu’ils trouvent eux-mêmes le pourquoi du comment de leur inquiétude obsessionnelles d’une « planète noire ».

Mon rôle, et celui de tous les Noirs également, est de toujours dénoncer les actes racistes qui perturbent la vie de millions de personnes vivant en Occident.

Cependant, chers compatriotes, il faut se rendre à l’évidence qu’une lutte contre le racisme va au-delà de la dénonciation. Sans des actions sérieuses telles que le boycott des produits venant des fautifs, nous continuerons à être fiers de porter le drapeau de gens résilients.

Et si tous les joueurs noirs sortaient du terrain en signe de solidarité chaque fois qu’un des leurs est victime d’actes racistes?

Et rien ne nous oblige à regarder les matches de foot des championnats de l’Europe, où les nôtres sont réduits à la sous-hommité.

Certes, vous me direz que vous aimez bien Messi, Ronaldo et Mbappé, et que le football est une drogue. Soit.

Toutefois, comme dirait un ancien no 44 du Canadien de Montréal, sachez qu’il n’y a pas que le foot dans la vie.

Il y a aussi l’honneur et le respect…


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1 Commentaire

  1. La partie était-elle jouée à Porto? Il semble, si on se fie à Google.

    Si c’est le cas, Marega devrait les envoyer paître et aller jouer ailleurs. Sinon, c’est quand même bien dommage et indique qu’une partie de l’Europe est bien attardée.

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