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Une victoire sénégalaise, sans l’aide de « cerveau » européen


Alors que le Cameroun, le Ghana et l’Égypte, des puissances du football africain, ont fait appel à des entraîneurs européens afin de remporter la Coupe d’Afrique des Nations, le Sénégal prône plutôt le vieux slogan afro-américain « For us, by us », en faisant confiance à Aliou Cissé, un sélectionneur local, pour trouver le chemin de la victoire.

Résultat : premier titre de champion d’Afrique. « Pour les Sénégalais, par un entraîneur sénégalais. »

L’émergence des sélectionneurs africains

« Enfin ! », semble avoir soupiré le peuple sénégalais et ses alliés après que Sadio Mané a inscrit le penalty gagnant qui a permis aux onze Sénégalais de battre l’Égypte 4-2 aux tirs au but et de mettre la main sur la Coupe d’Afrique des Nations après un match nul 0-0.

Quelle belle histoire remplie de combativité, d’amour-propre, d’autonomie et d’autodétermination !

Après avoir perdu la finale de la CAN 2002 comme capitaine, et celle de 2019 comme entraîneur, la réussite sourit finalement à Aliou Cissé.

Certes, je me réjouis du sacre historique du Sénégal ; toutefois, la saveur locale de ce triomphe me procure une double satisfaction.

En d’autres mots, voir un enfant du pays diriger la sélection sénégalaise et occuper l’avant-scène des conférences de presse représente la cerise qui manquerait à mon gâteau.

Or, cette année, un mouvement qui dépasse les frontières du sport est né : la majorité des pays africains ont compris qu’il ne vaut pas la peine d’aller chercher en Europe ce qui existe déjà chez eux.

L’autodétermination

Sans vouloir racialiser le sujet, j’avoue avoir toujours éprouvé un malaise lorsqu’un Hollandais, un Belge ou un Anglais débarque en Afrique pour mettre en place des plans et des tactiques de jeu des équipes nationales, comme si les anciens grands footballeurs africains étaient des incapables.

Chaque fois que je vois un entraîneur étranger à la tête de l’équipe haïtienne, mon cœur se brise, sachant qu’Haïti a déjà participé à la Coupe du monde de football avec des entraîneurs haïtiens.

Or, cette année, un mouvement qui dépasse les frontières du sport est né : la majorité des pays africains ont compris qu’il ne vaut pas la peine d’aller chercher en Europe ce qui existe déjà chez eux.

Ils ont déconstruit la croyance selon laquelle l’herbe de l’Europe est toujours plus verte.

En effet, pour la 33e édition de la Coupe des Nations, parmi les 24 entraîneurs qui y ont pris part, 16 sont Africains.

C’est un précédent, et espérons que plusieurs pays africains tirent profit de l’émergence de ces entraîneurs made in Africa.

Cela fait des décennies que le ballon rond roule en Afrique, et ce continent a produit de grands joueurs évoluant dans des clubs prestigieux, alors pourquoi serait-il incapable de développer également des entraîneurs ?

Personnellement, je ne vois pas la France, l’Angleterre ou le Portugal, des figures emblématiques de la colonisation de l’Afrique, engager un Africain comme sélectionneur.

Cela contreviendrait aux idéologies et aux pratiques du Vieux Continent.

Sadio Mané tenant la coupe

Bref, le football consiste à ce que les joueurs maîtrisent le ballon et marquent des buts contre l’équipe adverse, et ces principes du football ont été magistralement prodigués par l’entraîneur Aliou Cissé.

Oui, je sais, je risque de me faire taper sur les doigts par les rigoristes du ballon rond en raison du simplisme de mon analyse footballistique. Cependant, je crois qu’il nous faut simplifier les choses afin de faire tomber certains de nos complexes.

Je dis bravo et merci au Sénégal pour cette belle réalisation !

Certes, la victoire des Lions est dédiée au peuple sénégalais, mais elle montre également aux autres Noirs que quand on veut, on peut.


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