Culture

Haïti a Été le Vrai Wakanda


Nous sommes en 1816, au mois de novembre. James M’Kewan, un maître d’esclaves de la Jamaïque, accoste au quai, le Deep Nine, son bateau rempli d’esclaves. Profitant d’un moment d’inattention de leur maître qui vient de débarquer du bateau, les 15 esclaves se trouvant à bord ont mis le cap vers Haïti, pays noir libre, le « Wakanda » imaginé par les créateurs de Black Panther.

Aussitôt arrivés à Trou Bonbon, ces esclaves de la Jamaïque ont automatiquement obtenu leur citoyenneté haïtienne en vertu de la loi.

James M’Kewan, maître de ces esclavages fugitifs, qui vient de perdre toute sa « richesse », se rend à Port-au-Prince pour plaider sa cause devant le président Alexandre Pétion. Refusant tout pourparler avec un tel individu, le président lui envoie ce message clair :

« Colonizer, les hommes que vous recherchez sont dorénavant libres et citoyens de la République. Ils ne sont plus votre propriété. Quant à vous, je vous accorde 24 heures pour quitter le sol haïtien ».

Le président Alexandre Pétion

Si aujourd’hui le Wakanda de T’Challa interpelle notre imagination et fracasse des records au Box-Office, nous devons reconnaître que la Révolution de Dessalines a nourri l’espoir des esclaves du Nouveau Monde.

Une révolution qui est malheureusement inconnue des cinéphiles.

La similarité entre Wakanda et Haïti

Honnêtement, je ne regrette pas d’être allé voir Black Panther, non pas une mais bien trois fois, question de mieux saisir les mots anglais et, bien entendu, pour mon appétit vorace pour le pop-pcorn

En me présentant à la première de ce film tant attendu, j’anticipais le déroulement d’une histoire de super-héros me dispensant de tout effort cérébral, dans laquelle les effets spéciaux s’harmonisent avec les gadgets ultrasophistiqués.

Eh bien, non!

Avec des sujets aussi complexes que la colonisation et l’immigration dans le Monde noir, Black Panther nous invite à une activité beaucoup plus intellectuelle que prévu.

Et plus j’essayais de comprendre le film de Ryan Coogler, plus j’associais Wakanda à l’Haïti de 1804.

Nul besoin de dire que la cohabitation de ces deux puissances noires dans mon esprit s’est avérée propice à de profondes cogitations.

À l’instar du jeune réalisateur qui a mis de côté la réalité actuelle des Afros-Américains pour nous propulser dans le monde imaginaire de Wakanda, j’ai supprimé provisoirement de ma mémoire l’incendie du Marché en fer de Port-au-Prince pour plonger dans le passé de l’Haïti post-esclavagiste.

Cet exercice m’a d’ailleurs permis d’avoir un double regard sur le film et d’établir des similarités entre ces deux États noirs : l’un n’a jamais été conquis, et l’autre fut la première république noire.

Quant au féminisme de Wakanda, notez que Gran Toya, la femme qui a enseigné à Dessalines comment se battre, incarne le féminisme haïtien.

Toutefois, nous devons admettre que ces deux pays similaires sont séparés par deux solitudes, soit la fiction et la réalité.

Aussi, n’avoir jamais été conquis est une chose, mais être le seul à avoir connu du succès dans une révolte d’esclaves en est une autre.

De ce fait, je salue la virginité de l’Éthiopie en ce qui a trait au colonialisme.

La Citadelle Laferrière, la plus grande forteresse des Caraïbes

Dans l’oeuvre cinématographique du talentueux réalisateur, il est notamment question de roi, de vibranium et de Wakanda, qui nous fait rêver grand et large.

Pourtant, il y a plus de deux siècles, Haïti était ce Wakanda doté de son roi et de son vibranium.

Le berceau de la liberté

En effet, au début du 19e siècle, dans un monde où l’esclavage faisait loi, la liberté haïtienne représentait le vibranium pour les esclaves qui voulaient briser leurs chaînes.

Sachez qu’il n’y avait pas que les esclaves qui recherchaient le vibranium haïtien. Des révolutionnaires blancs tels que Francisco de Miranda et Simon Bolivar ont sollicité Haïti afin de libérer l’Amérique du Sud des colons espagnols.

De plus, dans les années 1970, un général vietnamien a avoué avoir été inspiré par les tactiques militaires de Jean-Jacques Dessalines pour combattre les Américains durant la guerre du Vietnam. C’est beaucoup dire…

Gran Toya, femme guerrière, qui a enseigné à Dessalines comment se battre

Bref, l’impact qu’a eu la révolution haïtienne sur le monde est indicible. Il n’a pas d’égal.

C’était  « l’haïtimanie ».

Permettez-moi de vous énumérer quelques anecdotes historiques qui pourraient authentifier Haïti comme le Wakanda du monde noir.

Il est dit qu’au Brésil, à la suite de la victoire des Haïtiens sur les Français, des esclaves du Brésil ont porté des colliers avec des pendentifs à l’image de Jean-Jacques Dessalines.

En Jamaïque et aux États-Unis, les esclaves ont improvisé des chansons honorant les héros haïtiens : « les Nègres français (les Haïtiens) sont des vrais hommes », fredonnaient-ils.

Le révolutionnaire Simon Bolivar, surnommé  »El Libertador »

En 1812, à Cuba, le Noir affranchi Jose Antonio Aponte, qui voulait organiser une révolte, montrait à ses troupes de rebelles des portraits des héros de la Révolution haïtienne pour les galvaniser.

Une histoire peu connue

De nos jours, dire qu’Haïti est pauvre peut être une lapalissade, car les médias propagent constamment sa paupérisation. Mais derrière cette pauvreté extrème se cache une riche histoire qui est ignorée par le monde cinématographique.

Oui, je sais! Wakanda est un monde fictif qui nous permet de donner du sens à notre vie, et l’Haïti de 1804 est une réalité passée qui ne nous permet pas de rêver.

Cependant, si nous ne sommes pas vigilants, ce passé peut disparaître dans l’univers de l’obscurantisme.

Au fil des ans, en traversant sporadiquement les frontières de la réalité et de la fiction, j’ai constaté que ces deux mondes peuvent produire une certaine confusion : une forte campagne de médiatisation peut brouiller la limite de la réalité et de la fiction.

Vertières

Par exemple, une amie sud-américaine à qui je contais les grands exploits d’Haïti refusait catégoriquement de me croire. Bien que celle-ci m’appelle admirablement Walt, elle est persuadée que je n’ai pas la voix de Disney ou… de Marvel

Personnellement, j’ai aimé voir la distribution principalement noire de Black Panther, tout comme j’appréciais celles des films du réalisateur noir Spike Lee.

À l’instar de l’Haïti de 1805, Wakanda est beau, puissant et autosuffisant. Mais il ne me fait pas rêver puisque j’ai déjà eu mon « Wakanda ».

Il est tout simplement dommage que Vertières soit tabou pour Hollywood

Il est aussi désolant que des jeunes Haïtiens ne sachent pas qu’ils ont des vrais héros qui ont marqué l’Histoire. Des héros qui ont vaincu l’impérialisme.

Ah! Voilà!

Nous venons de solutionner le problème du blocus hollywoodien.

En conclusion, le 28 aout 1963, à Washignton, la communauté noire et Dr King ont rêvé. Aujourd’hui, T’Challa et Wakanda nous font rêver.

Cependant,  certains faits historique de la première République noire doivent être diffusés, car il importe que nos enfants sachent que les Noirs ne font pas que rêver, qu’ils ont aussi réalisé de grandes choses…


Je vous invite à participer à la conversation en laissant un commentaire un peu plus bas sur le site. Merci.


17 Commentaires

  1. Cher Monsieur Walter,

    Étant moi-même né et grandi en Haïti, j’ai lu avec beaucoup d’émotion votre comparaison entre Haiti aux alentours de 1804-1805 et le fictif pays du continent africain dénommé Wakanda. J’ai moi-même vu le film Black Panther et aimé l’image véhiculée d’une nation africaine forte et indépendante contrairement à l’image décrite par les medias mainstream comme celle d’une afrique pauperisée et incapable de se débrouiller sans une assistance étrangère .
    Je viens juste de découvrir votre blogue et ai lu certains de vos textes que je trouve fort appropriés à la réalité haitienne.
    Vos articles mettent vraiment en exergue votre grande perspicacité et votre génie pour ce qui a trait à la réalité de notre pays.
    Je vous demanderais de bien continuer sur cette belle lancée. Vos écrits sont comme une boussole; nous guidant, nous faisant réflechir et nous rendant fiers d’être des haitiens.

    Recevez, Mr Walter, l’expression de mes salutations distinguées.

    ADONIS Kémal

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Cher Adonis,tout d’abord, mille mercis pour les compliments. Et je vous félicite pour la clarté de votre analyse sur le rôle des médias dans notre société. Et je vous promets de continuer à faire la promotion de la riche histoire de notre pays. Merci pour la visite et à bientôt…

  2. Monsieur,
    Laissez-moi vous saluer et surtout vous remercier pour vos articles qui nous sont d’excellentes sources de savoir.

    Dans votre article « Haïti a Été le Vrai Wakanda », vous avez mentionné l’Éthiopie qui a su se préserver du colonialisme en comparaison d’un pays jamais conquis (Wakanda) et du seul pays à se libérer lui-même de l’esclavage (Haïti).
    Me permettez-vous de vous rappeler (car vous le savez sûrement et que j’aurais adoré lire cela dans votre article), que parmi ceux et celles qui recherchaient le « vibranium haïtien », il y avait cette nation naissante qui allait devenir la Grèce!
    Haïti fût le premier pays à reconnaître la Grèce et lui expédia une quantité incroyable de café pour que la jeune Grèce puisse s’acheter des armes… pendant que l’Éthiopie la nourrissait de vivres! (Ces deux pays méritent d’être mieux connu!)
    Plus tard, La princesse Marina de Grèce, en guise de remerciement, visita Haïti en 1935.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci pour ces bons mots, Jean! Et je tiens à vous féliciter pour cette belle observation. En effet, la Grèce a bénéficié du « vibranium haïtien ». D’ailleurs, à ma grande surprise, plusieurs Grecs sont au courant de ce fait. N’ayant pas voulu dépasser la limite des 1100 mots, j’ai négligé cette partie importante de l’histoire d’Haïti et de la Grèce. Toute une faute!

      Merci pour ce petit rappel, cher camarade! J’espère bien vous revoir sur Selon Walter!

  3. Widmarc Innocent Répondre

    Lors de conversations avec plusieurs personnes (Grec), j’ai constaté qu’il sont au courant de ce que le vibranium (d’Haïti) a pu faire pour leur pays mais malheureusement nos fils et filles d’Haïti n’ont pas cette connaissance des faits.

  4. Merci pour ce texte si révélateur et plein de vérités. Quelle belle comparaison entre Haïti et Wakanda. En le lisant, j’ai ressenti tant d’émotions et de fierté. Fière de mes ancêtres et de qui je suis. Il y a tant à dire sur Haïti.

    Quand je lis l’histoire d’Haïti, je ne peux pas croire que beaucoup de personnes n’en savent rien. Il y a bel et bien un boycotte sur notre histoire. Très jeune, j’ai compris le pouvoir des médias et j’ai décidé d’étudier le cinéma. Je compte bien faire une oeuvre sur l’histoire d’Haïti et des vidéos. Dessalines n’avait pas seulement une vision pour Haïti, mais pour le monde entier.

    Merci à vous. Je souhaite que du bonheur et de l’épanouissement dans votre carrière.
    Sonia

    • Walter Innocent Jr Répondre

      « Dessalines n’avait pas seulement une vision pour Haïti, mais pour le monde entier ». Quelle belle phrase, Sonia! Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour les bons mots d’encouragement. C’est vraiment gentil de votre part.

      Et, oui, les médias ont cette mauvaise habitude de nous montrer l’Haïti que l’Occident aime voir, et rien sur l’Haïti internationnaliste. Un pays noir qui a aidé autant de pays non noir ne doit pas exister, aux yeux de plusieurs.

      Aussi, je vous encourage avec votre projet de cinéma, ainsi donc, le monde entier connaîtra Vertières un peu plus..

      Merci encore pour votre intervention, Sonia, et je vous dis à bientôt.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci beaucoup pour le compliment, Renaud. Et c’était tout un plaisir pour moi de visiter votre blog. J’y retournerai régulièrement.

      À bientôt, camarade de Mayotte.

  5. Vive le peuple Noir,Vive Haiti, Vive,Vve notre Héro Gran Toya, Vive Dessalines Le grand Héro Immortel du peuple Noir, l Afrique éternel la source du peuple Noir Vive tous Héros Noirs et martyrs du peuple noirs.

  6. Et Un grand Merci a vous Walter Innocent Jr pour votre éclaircissement. Moi je regardé ce film Black Panther. au moins 15 de fois et encore aujourd’hui hui je regarde encore et encore parce que ce film me fait rêver et me donne l espoir dans l avenir que mon peuple sera totalement libre un jour et sera un peuple héroïque , un peuple de génie de savoir. travailleurs,bâtisseurs dans toute sa splendeur et nous seront enfin réuni comme un seul homme et invincible comme Dessalines. Car nous sommes un peuple doué et béni par les Dieux égyptiens nos aïeux et nos ancêtres africains veilles sur nous. Mille fois merci.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci à vous Issug! Nous devons nous unir afin que nous reconstruisions notre Wakanda.

      À bientôt, camarade.

  7. Whaouh… vive émotion, je dois absolument, mais absolument aller voir Haiti de mes propres yeux un jour !!!
    Je réalise que je connais si peu d’elle, finalement à part les Fugees et Mélissa Laveaux, et quelques petites choses lues ici et là ces dernières années, je ne savais pas grand chose d’elle… et pourtant je m’intéresse tellement à notre histoire en tant que membre de la Diaspora, ça donne le vertige de réaliser tout ce qu’on ignore… Vertières et la date du 18 novembre à absolument célébrer, cet article m’a tant appris déjà, sur Jean-Jacques Dessalines, François Capois, … Quels héros, je me sens fière moi aussi, car leur combat était pour tous les Noirs et pour nos ancêtres esclaves qu’ils ont nourri d’espoirs donc oui, un grand Merci ! <3

    Il nous faut des productions Noires, réalisateurs qui fassent des films sur tout ça pour nous éduquer et transmettre à la jeunesse, Black Panther n'était qu'un début ! Lupita Nyongo récemment acheté les droits pour faire un film sur les Amazons du Dahomey, seules vraies Amazones ayant existé dans le monde, et non pas Xéna que je regardais petite en imaginant pas une seule seconde que c'étaient des femmes Noires les versions originales ! Tout comme j'ai encore récemment découvert par exemple que Betty Boob, que j'adorais plus jeune, était en fait elle aussi inspirée d'une femme Noire ! Esther Jones, aka "Baby Esther". Bref beaucoup de choses ont été cachées, de gloires volées, Gran Toya mérite tout un film sur elle aussi, et nous avons vraiment de quoi faire avec notre histoire Noire ! <3

    Merci Walt pour le partage et à tous les commentateurs qui ont aussi partagé de précieuses ressources comme pour la Grèce et l'aide d'Haïti aux autres pays !! *_* C'est fou de voir tout ce qu'on ne nous a jamais appris sur notre histoire en tant qu'Afro-descendants !!! Je suis aussi choquée qu'émerveillée des découvertes, mais c'est stimulant, galvanisant ! Soyons fiers, et mieux vaut tard que jamais, Wakanda est bien réelle, et la réalité est encore mieux que le rêve ! Un jour, j'irais embrasser cette Terre de héros. E.L

  8. Aybobo
    Je viens de découvrir votre blog, j’ai lus bcp d’article que je trouve pertinent, instructif et constructif à la fois.
    Je suis guinéen, et je me sens profondément haitien. D’ailleurs nos deux pays ont des similitudes dans l’histoire :
    – Haïti première République Noire du monde.
    – Guinée premier pays francophone indépendant en 1958 et disant NON à la proposition-colonialiste-raciste de De Gaulle.
    Haïti à subit bcp de tracasserie de la France, qui a fait d’elle le mauvais exemple dans les Antilles, tout comme la Guinée aussi pour dissuader les autres pays africains à rester avec la France.
    – Haïti à inspirer le monde Noir vers la liberté et l’épanouissement.
    – La Guinée à également inspirée les pays africains à se liberer de l’hyenne colonialiste.

    J’ai un projet de construire une école dans mon pays, et ça s’appellera Lycée Haïti en hommage à ces braves femmes et hommes, qui ont fait l’Hitoire du monde Noir dans un contexte où nous étions que <> pour les européen.nes.

    Qu’en soient honorer les vénérables Ancêtres!

    Hotep

  9. le wakanda est un phantasme pour frustré complexé comme l’est votre obsession pour Haiti dont le seul mérite est d’avoir obtenu une certaine autonomie au prix de son sang mais qui s’est crue assez forte pour garantir sa liberté et qui s’est crachée en vol !
    je salue cette volonté de vouloir vivre libre mais il suffit de voir l’histoire personnelle de « ces héros » qui ont liberé Haiti pour comprendre qu’ils ne valaient pas mieux que ceux qu’ils combattaient et je trouve votre silence et votre complaisance à ce sujet bien hypocrite mais pas étonnant, contrairement au pseudo universalisme que vous affichez, vous n’etes qu’un partisan qui défend sa chapelle et par conséquent vous ne valez pas mieux que le camp d’en face !

  10. Marie Pascale Dumas Répondre

    Ayiti fut le vraie Wakanda. Mais non-protégé de l’œil incisif du colonialisme, nous sommes devenu Haïti. La force astrale qui guidait notre nation et coulait dans chaque haïtien durant l’ère relative à l’indépendance à été dissipée ou emprisonnée. De nos jours, qui en Haïti soutiendrait l’expression « la liberté ou la mort » face à une poignée de millions »? D’ Ayiti à Haïti, les ramifications demeurent profondes, complexes et dangereuses pour l’individu qui voudrait réellement être notre deuxième J.J.D..
    Mais, nous n’avons plus l’esclavage où notre sang et celui de nos enfants baignaient quotidiennement le sol pour nous galvaniser à clamer « tous pour un et un pour tous ». Nous voulons le respect, mais bâti sur des sables mouvant. Après tout, pour en arriver là après tant d’exploits inconnus, il est difficile pour l’accueillant d’imaginer que nous avons le même QI.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci pour ces mots précieux, Marie Pascale. Comme vous le dites, « Tous pour un, un pour tous ».

      À bientôt, compatriote.

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