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La Vie Des Enfants Noirs Compte-t-Elle Au Québec ?

C’est l’un des moments les plus douloureux qui soient. La disparition d’un enfant. L’absence de cet être qui est le centre de notre univers laisse un vide que l’on peut difficilement combler.

Vous avez sans doute deviné que ces derniers mots faisaient allusion au jeune Ariel, qui a été porté disparu en début de semaine.

Au moment d’écrire ce texte, le garçon de 10 ans n’est toujours pas retrouvé. Espérons de tout cœur qu’il soit finalement réuni avec ses parents désemparés.

Cependant, toujours en ce qui a trait à cette triste situation, certaines questions doivent être posées. Il existe dans notre société certains problèmes auxquels nous devons nous attaquer.

Il se trouve que dans la société du petit Ariel, qui est disparu depuis quelques jours, le racisme ne disparaît pas : certains ne partagent pas la souffrance de ses parents en raison de la couleur de sa peau.

Pire, ces sans aveux ne se gênent pas pour exhiber leur racisme et leur insensibilité dans les réseaux sociaux : l’une d’entre eux a publié ostensiblement « qu’elle souhaite le retour du garçon, car elle lui réserve un bel avenir d’esclave à domicile ».

Entre l’ignorance et la méchanceté

En toute vérité, j’hésite entre les qualificatifs « ignorante » et « méchante » afin de lui coller une étiquette. Disons que les deux lui vont merveilleusement. On pourrait même ajouter un troisième, qui est « perverse narcissique », soit  celle qui a une image dévalorisante d’elle-même et qui se valorise en rabaissant les autres.

Un enfant nous signalant que les vies des Noirs comptent

Bref, ce racisme qui a le caractère d’être ouvertement explicite risque de contaminer d’autres tel un virus.

Et nous devons admettre q’une fois de plus, nous avons été dupés.

Nous avons cru que les lettres d’excuses des racistes d’Occupation Double mettraient fin à ce mal répandu.

Les belles paroles du détaillant H&M, qui a vêtu un enfant noir d’un sweat-shirt recouvert de l’inscription « Coolest monkey in the jungle », ont quelque peu ensommeillé notre esprit.

Nous nous replions constamment, ne faisant face qu’aux attaques raciales qui sont visibles ou médiatisées.

Sauf que cette fois-ci, cette attaque est beaucoup plus violente que les autres fois. Il s’agit d’un coup dur à encaisser lorsqu’un enfant manquant à l’appel en est la cible.

Au-delà du racisme

J’essaie toujours de savoir ce qui me choque le plus dans tout cela : le racisme affirmé de ces gens ou leur insensibilité à la situation?

Cet événement me rappelle la fois où, dans un zoo de Cincinati, aux États-Unis, on a dû abattre un gorille afin de sauver un bambin qui s’était approché de lui.

Après avoir appris que l’enfant en question et ses parents étaient noirs, le public a tenu des propos aussi racistes que ceux tenus présentement dans l’histoire du petit Ariel. Ils ont déploré la mort de Harambe, le gorille abattu.

Harambe le gorille et l’enfant noir

La vie d’un enfant noir serait-elle moins précieuse que celle d’un animal?

D’ailleurs, une étude menée par Phillip Atiba Geoff, de l’université UCLA, révèle que les enfant noirs sont perçus comme étant moins innocents et moins jeunes que les enfants blancs.

En d’autres termes, les jeunes garçons de race noire sont tenus responsables de leurs actions, alors qu’au même âge, les garçons blancs sont exemptés de toute responsabilité.

J’ai beau être un Innocent, mais je ne suis pas innocent au point de ne pas pouvoir déceler le privilège blanc dans ces nombreux cas d’injustice

J’entends le silence des privilégiés

Alors, posons-nous les vraies questions :

Si Ariel et le petit du Zoo de Cincinati étaient blancs, y aurait-il autant de gens anesthésiés, insensibilisés par la douleur de leurs parents?

H&M a-t-il déjà pensé à un garçon blanc pour être le « singe » dans sa campagne de promotion?

L’enfant noir portant le sweat-shirt « The coolest kid in the Jungle » et l’enfant blanc, celui du « Jungle Survivor »

À ces questions, je réponds malheureusement non.

Et j’ai honte du silence de ceux qui sont privilégiés par le système.

J’ai également honte que le Premier ministre de ma province,  qui est largement soutenu par les électeurs racisiés, ait fermé la porte au débat sur le racisme ( commission sur le racisme systémique ).

Personnellement, je n’ai pas d’enfant, mais paradoxalement, dans des cas comme celui du jeune Ariel, tous les enfants de ce monde sont les miens. Qu’ils soient noirs, blancs, rouges ou jaunes, dans mon cœur, ils forment l’arc-en-ciel humain, ce qui ne manque pas de stimuler mon sens de l’humanité.

Finalement, aussi marginales ces personnes dépourvues de valeurs morales soient-elles, elles ne doivent pas être prises à la légère, car les conséquences futures de leurs actes peuvent être lourdes.

Certes le droit à la vie est essentiel pour tous les êtres humains.

Néanmoins, vu les circonstances actuelles, nous devons préciser que la vie des enfants noirs compte.


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6 Commentaires

  1. Je suis d’accord, ça devient de pire en pire! Avec l’avènement des réseaux sociaux, les gens sont de plus en plus à l´aise de laisser libre court à leurs pensées néfastes. De plus, ça leur permets de rencontref des gens qui partagent leurs idéaux racistes!

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Bien dit, Sly! Les réseaux sociaux nous permettent de transmettre de bons messages et de renouer avec des gens, mais, malheureusement, ils permettent aussi à des gens malhonnêtes de diffuser des messages très négatifs. Merci pour ce commentaire, frère. À bientôt.

  2. Je découvre tout juste votre blogue. Bien dit, bravo. J’ai honte pour le Québec. Je me dis que rien ne changera pour la diversité si elle ne s’unit pas et ne passe pas à l’action. Je plains leurs enfants qui grandissent sans un sentiment fort d’appartenance à une terre, car elle les rejette, nie leur identité et les empêche de prendre leur juste place dans la société. Il y a une volonté manifeste d’empêcher leur intégration par tous les moyens. L’amour-propre de toute une génération de Québécois.es en prend un sacré coup et c’est dramatique.

    • Walter Innocent Jr Répondre

      Merci beaucoup Marc! Vous avez tout résumé, cher ami. Espérons que plusieur y prennent note.

      Et j’espère vous revoir sur Selon Walter. Merci.

  3. je suis tout a fait de votre avis monsieur mais l’esclavage a fait de gros dogats , qui ne risque pas de s’arrêter de sitot nous vivons dans un monde sans Dieu , c’est vrais ka une epoke les non croyants avaient une conscience ,mais maintenant que l’homme a rejeter Dieu , c’est fini , mais heureusement il y a un petit reste ,ceux ki sont croyants et même ceux qui ne le sont pas agissent differament, mais le noir kelke soit la ou il ira ,il faudra kil se battent
    bon courage monsieur pour ce k vous faite

  4. je ne vois aucun haitien se préoccuper du sort des enfants indiens.
    un petit indien compte-il moins qu’un petit noir ou chacun ne s’occupe-t-il que de sa communauté ?
    les noirs ne sont donc pas moins égoistes que les autres, En toute vérité, j’hésite entre les qualificatifs « égoiste » et « raciste » mais une hypothèse non explorée par le débatteur est que l’auteur ou l’autrice de la phrase « …un bel avenir d’esclave à domicile » appartient à sa propre communauté, l’esclavage moderne autre que celui exercé par les capitalistes sur les travailleurs est bien souvent le fait de « minorités » huppées sur leur congénères moins favorisés.

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