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Chères Québécoises et chers Québécois, si vous ne connaissiez pas Usher, maintenant vous le connaissez !


Comme le disait si bien le chanteur Giordany Joseph, du groupe musical Tropicana, « dans la vie, chacun a son kina ». Par exemple, si vous n’aimez pas Usher, c’est votre droit. Mais dénigrer celui-ci en disant qu’il n’a pas assez de chansons à succès pour qu’il anime la mi-temps du Super Bowl constitue en soi une double ignorance.

Dans la philosophie antique, celui qui vit sans réflexion ni introspection est souvent atteint d’une « double ignorance », c’est-à-dire ne pas prendre conscience de sa propre ignorance en pensant savoir.

C’est exactement ce qui s’est produit lorsque certaines personnes de notre Belle Province ont douté du répertoire du chanteur Usher Raymond (de son nom complet), quand il a été désigné comme la tête d’affiche du spectacle de la mi-temps au Super Bowl de 2024.

Personnellement, j’avoue ne connaître aucun des succès de Taylor Swift, qui, de l’avis de plusieurs, est la chanteuse la plus populaire au monde depuis quelque temps, mais je ne dirais jamais que son arsenal musical ne lui permet pas de faire vibrer pendant une dizaine de minutes la foule à la mi-temps du Super Bowl.

Et c’est ce qu’on appelle la simple ignorance.

Cela dit, dans la vie, chacun a son « kina », ses préférences ou ses champs d’intérêt.

Usher a vendu plus de 100 millions d’albums dans le monde, dont 33 millions aux États-Unis, faisant de lui l’un des artistes ayant vendu le plus de disques dans le monde. Tenez-vous bien, Gens du Pays : 20 de ses chansons ont trôné dans le top 10 du Billboard Hot 100, dont neuf fois à la première place.

Et ce n’est pas tout : il s’est classé no 1 dans chacune des trois dernières décennies, un exploit qu’aucun autre chanteur pop n’a pu réaliser.

Disons-le sans ambages : Usher est un faiseur de « hits » (succès), n’en déplaise à ceux et celles qui ne le connaissent pas et qui ne veulent pas non plus le connaître.

Pour moi et pour la majorité de mes amis facebookiens, le spectacle d’Usher, dimanche soir, a été un succès.

Quand il s’est présenté sur scène, d’une allure royale, avec son habit blanc, qui a été conçu par Dolce & Gabbana, je savais que quelque chose de magique se produirait.

Je savais qu’il allait nous éblouir. Bon, je ne devrais peut-être pas conjuguer ce verbe à la première personne du pluriel, car d’après ce qui a été observé sur les réseaux sociaux quelques minutes après le spectacle, de nombreuses personnes ont été déçues par la prestation d’Usher.

De manière instinctive, je ressens le besoin de poser la question suivante : comment peut-on rester indifférent à ses pas de danse qu’il a exécutés avec aisance en dépit de son âge ?

Non, vraiment, j’aimerais le savoir.

Ce qui est encore plus impressionnant, c’est que tous ces déplacements, que ce soit en patins à roulettes ou en pivotant, ne l’ont pas empêché de chanter réellement (pas de lip-sync), contrairement à d’autres.

Comment ne peut-on pas être séduit par l’apparition d’Alicia Keys, de Jermaine Dupri, de Ludacris, de H.E.R, de Lil Jon et de will.i.am ?

Mais comme je l’ai mentionné plus tôt, je devrais me libérer du despotisme de l’ego, c’est-à-dire arrêter de me regarder le nombril : ce n’est pas parce que j’aime Usher, la musique RnB et le hip-hop que d’autres doivent les aimer et les trouver bons.

Au fur et à mesure que j’avance dans la rédaction de cet article, je constate qu’il existe bel et bien une frontière qui sépare la musique d’Usher d’une bonne partie du Québec. Et pourtant, il y a un vieil adage qui dit que la musique n’a pas de frontières, qu’elle est apatride.

Sans vouloir racialiser le sujet, je dirais que les Noirs vivant au Québec s’offusquent du manque d’égard de certains médias de leur province envers Usher, et certaines personnes blanches québécoises auraient préféré que ce soit Justin Bieber ou Taylor Swift qui chante à la mi-temps du Super Bowl cette année.

Il s’agit bien là du sempiternel cas « des deux solitudes », de deux mondes, qui voient les choses différemment.

C’est principalement à cause de cette dichotomie que le Gala Dynastie et la télésérie Lakay Nou ont été créés.

Hélas !

Pour conclure, je réitère ce point fondamental : j’ai mon « kina », et vous avez le vôtre. Il n’est pas nécessaire d’aimer le mien, mais, de grâce, respectez les œuvres musicales et le talent de mon artiste !

Usher forever !


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Auteur

Gagnant du prix Rédacteur (rice) d’opinion aux Prix Médias Dynastie 2022, Walter Innocent Jr. utilise sa plume pour prendre position, dénoncer et informer. Depuis 2017, il propose aux lecteurs du magazine Selon Walter une analyse critique de l'actualité.

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