Société

BCHM : un projet d’envergure pour renforcer la communauté haïtienne de Montréal


À l’occasion des festivités soulignant le 50e anniversaire du BCHM (Bureau de la communauté haïtienne de Montréal), divers événements de commémoration ont été organisés, et le public en a beaucoup appris au sujet de cet organisme. Cependant, le dévoilement d’un projet de grande envergure a été le sujet qui a retenu l’attention du public lors de la clôture des festivités, le samedi 19 novembre, à l’auditorium de la Grande Bibliothèque.

C’est dans une ambiance chaleureuse et conviviale que la directrice du BCHM, Ruth Pierre-Paul, s’est adressée à un auditoire composé d’anciens membres de l’organisme, de jeunes militants, et d’importantes figures de la classe politique et des milieux économiques.

Avoir le soutien de la classe politique

Après avoir effectué une brève rétrospective historique, marquée par des souvenirs douloureux, du BCHM, Mme Pierre-Paul a finalement annoncé le projet d’acquisition du célèbre bâtiment situé au 6970, rue Marquette, afin de l’agrandir et de le réaménager.

C’est ce que l’on appelle « penser à l’avenir pour mieux panser le passé ». Et ce projet d’infrastructure qui est dénommé « Village du BCHM (Lakou pataj) donne tout son sens au proverbe africain « pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village ».

Le public a accueilli cette nouvelle avec enthousiasme, et des personnalités politiques telles que Dominique Anglade, Dre Marie-Françoise Mégie, Gabriel Nadeau-Dubois, Emmanuel Dubourg, Shirley Dorismond et Alexandre Boulerice ont pris la parole afin de donner leur appui au Bureau de la communauté haïtienne de Montréal.

« Ruth, puisque je quitterai la vie politique, j’aurai un peu plus de temps libre », a lancé l’ex-cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, sous les applaudissements de l’auditoire.

Notons également la présence de Jean-Claude Icart, Renée Condé-Icart, Rosemay Eustache, Marlène Râteau et Philippe Fils-Aimé, des combattants de la première heure, qui ont le BCHM tatoué sur le cœur.

Un autre moment fort de cette soirée mémorable a eu lieu lorsque l’architecte Tudor Radulescu, du cabinet d’architecture KANVA, qui est mandaté pour la conception architecturale du projet, a présenté la maquette de Lakou pataj.

M. Radulescu a pris soin de fournir les informations nécessaires et a insisté sur certains éléments qui lient le Village du BCHM au pays d’origine de ses membres.

Un projet audacieux et visionnaire

Entrons brièvement dans l’imaginaire de Lakou pataj pour que celui-ci devienne un projet commun !

Cette cure de modernisation a pour but d’accueillir des enfants de la DPJ grâce à la construction d’une douzaine d’appartements à l’étage supérieur, et de disposer de plus de salles d’activité pour les aînés ainsi que pour les jeunes qui sont inscrits au camp d’été et au tutorat scolaire.

Pour ne pas brouiller la mémoire collective de l’ancienne génération, l’entrée se trouvera sensiblement au même endroit, et la brique rouge du côté nord du bâtiment gardera son caractère original.

La grande salle où les gens se réunissaient pour discuter de politique haïtienne ou des défis rencontrés par la communauté noire sera deux fois plus grande et elle portera le nom de « Grande grande salle ».

Le toit du BCHM sera vert et divertissant, car le jardin y sera aménagé, et pourra aussi être utilisé comme terrasse.

En bref, cette initiative consiste à renforcer la communauté haïtienne, et cela ne serait pas possible sans la contribution de l’ingénieure Suze Youance Lubin, présidente du conseil d’administration du BCHM et responsable du comité infrastructure de Lakou vilaj.

Vers un but collectif

Il convient également de souligner le rôle important que joue Réginald Fleury dans l’aventure du BCHM. Titulaire d’une maîtrise en sciences de l’éducation, M. Fleury est responsable de tout ce qui touche l’éducation et la persévérance scolaire, tout en étant vice-président du conseil d’administration.

En fait, l’apport de tous ceux et celles qui collaborent, de près ou de loin, avec la direction du BCHM, est grandement apprécié, et Paul Déjean ainsi que Karl Lévêque seraient fiers du chemin que leur centre communautaire a parcouru.

Pourquoi est-il important de faire l’acquisition du local du BCHM ?

Permettez-moi de répondre à cette question par une autre question.

Combien de fois entend-on des Haïtiano-Québécois se lamenter sur le faible poids économique de leur communauté et sur l’absence de salles de réception appartenant à l’un des leurs ?

Très souvent.

Il importe donc que chaque membre de la communauté haïtienne caresse ce projet autant que les membres du BCHM afin de permettre à la jeunesse de rêver, d’imaginer et de construire son avenir.

La réalisation de ce projet créera un sentiment de fierté non seulement parmi les membres de la communauté haïtienne, mais aussi au sein des autres communautés noires.

Combien coûtera ce projet ?

Comme bien d’autres qui ont été conviés à ce beau rassemblement, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur le financement de ce merveilleux projet de constructions, toutefois je suis persuadé que le BCHM saura informer le grand public au moment approprié.

Dans un documentaire réalisé par la documentariste Roxan Ledan, le sociologue Jean-Claude Icart a révélé qu’à la suite de la chute du dictateur Jean-Claude Duvalier, en 1986, la pérennité du BCHM a été remise en question, car tout le personnel de l’organisme était retourné en Haïti.

Or, aujourd’hui, on constate que ce centre communautaire est là pour de bon, et il ne fait aucun doute qu’il y a un éveil de la conscience en ce qui concerne notre rôle dans la Belle Province.

Autrement dit, après avoir mené de durs et longs combats pour prendre notre place dans la société québécoise, on finit par comprendre qu’il est temps de bâtir.


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Auteur

Gagnant du prix Rédacteur (rice) d’opinion aux Prix Médias Dynastie 2022, Walter Innocent Jr. utilise sa plume pour prendre position, dénoncer et informer. Depuis 2017, il propose aux lecteurs du magazine Selon Walter une analyse critique de l'actualité.

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