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Un nombre record de candidats noirs aux élections municipales


Le 7 novembre 2021, les citoyennes et citoyens montréalais ont rendez-vous avec l’histoire : certes, ils se prononceront sur des candidats de partis politiques qui leur proposent des programmes intéressants, mais ils auront également l’occasion de mettre Montréal sur la carte en ce qui concerne la diversité et l’inclusion dans le monde politique.

Près de 26 candidats issus de la communauté noire briguent un siège aux conseils municipaux, sept à la mairie d’un arrondissement et un à la mairie de Montréal, ce qui nous donne un total de 34 candidats noirs qui se retrouveront sur les bulletins de vote.

Petit, j’étais fier d’apprendre que Jean Alfred, originaire d’Haïti, a été le premier Noir élu à l’Assemblée nationale du Québec en 1976. Et il ne fait aucun doute que la majorité des Haïtiens de la province ont partagé ce sentiment.

Qu’un élu noir ait fait partie du cabinet ministériel ou non, nous étions contents, nous jubilions de voir un des nôtres assis dans le Salon bleu ou dans la Chambre des communes.

Ainsi donc, nos votes sont souvent tenus pour acquis.

Fort heureusement, nous avons fini par comprendre que cette époque de sentiment de fierté est révolue. Nous avons supprimé de notre vocabulaire le tokénisme, cette pratique qui consiste à faire des efforts symboliques d’inclusion.

Aujourd’hui, nous exigeons des actions concrètes de la part des partis politiques.

Pour être plus clair, nous visons des rôles clés dans le processus décisionnel à tous les niveaux de la scène politique.

À cet égard, sans vouloir « projétiser » ou « décoderriser » qui que ce soit, je dirais que le parti Projet Montréal détient un pas d’avance sur les autres : 14 candidats noirs, dont quatre à la mairie d’un arrondissement et une Haïtiano-Québécoise, Dominique Ollivier, comme présidente du comité exécutif, sans compter Guedwig Bernier, qui est le président par intérim du parti.

Qui dit mieux ?

Bon, Mouvement Montréal (11 candidats noirs), mené par Balarama Holness, se démarque aussi.

Du jamais vu.

Permettez-moi de vous faire part de mes coups de cœur de ces élections municipales qui passeront à l’histoire.

Malik Shaheed : Se présentant comme candidat indépendant au poste de conseiller municipal du district 8 à Dollard-des-Ormeaux, Shaheed a été un élément essentiel à la vie scolaire et communautaire en apportant un soutien aux enfants ayant des difficultés d’apprentissage.

Il siège sur la Commission scolaire Lester B. Pearson.

Malik Shaheed (Indépendant), candidat au coneil municipal de Dollard des Ormeaux

Au cours des 30 dernières années, je n’ai jamais vu un individu embrasser et respecter les autres cultures autant que lui.

Son séjour à la chaîne de télévision MusiquePlus, où il était animateur, et son expérience en tant qu’organisateur dans le monde du divertissement lui ont permis de trouver sa vocation, celle d’être à l’écoute des gens et guider la jeunesse sur le droit chemin.

Will Prosper : Le candidat à la mairie de Montréal-Nord n’a certes pas besoin de présentation, mais je tiens tout de même à dire que le Will que je connais est fidèle à son engagement communautaire et est préoccupé par les iniquités sociales et raciales.

Will Prosper (Projet Montréal), candidat à la mairie d’arrondissement de Montréal-Nord

Le Will que je connais se soucie de la situation des aînés et des travailleurs de son arrondissement.

Le Will que je connais a un amour inconditionnel pour Montréal-Nord.

Le Will que je connais s’est tenu debout pour Mamadi Fara Camara et pour Fredy Villanueva.

Enfin, le Will que je connais représente celui qui peut apporter le changement nécessaire pour résoudre les problèmes de Montréal-Nord.

Et, vous, vous n’avez qu’à raconter le Will que vous connaissez au bureau de vote.

Balarama Holness : Bien que je sois en total désaccord avec son projet de référendum sur le statut linguistique de Montréal afin d’en faire une ville officiellement bilingue, je salue sa détermination de prendre les rênes de la mairie de Montréal.

Balarama Holness (Mouvement Montréal), candidat à la mairie de Montréal

J’ai encore souvenance d’une discussion politique avec lui, lors d’un repas dans un restaurant libanais, au centre-ville, en février 2020. Et à la question « Seras-tu candidat à la mairie de Montréal ? », il m’a répondu, sourire aux lèvres : « Would you vote for me ? (voterais-tu pour moi) ».

D-yana Bommier : Faisant partie de l’équipe Will Prosper, cette candidate au siège de conseillère d’arrondissement pour le district Ovide-Clermont, dans Montréal-Nord, est comme Obélix, c’est-à-dire qu’elle est tombée dans la marmite du système communautaire et du politique dès son jeune âge grâce à l’implication sociale de sa mère.

D-yana Bommier (Projet Montréal) , candidate au siège de conseillère d’arrondissement pour le district Ovide-Clermont, dans Montréal-Nord

D-yana Bommier coordonne le Regroupement des intervenants et intervenantes d’origine haïtienne (RIIOH) et offre volontairement ses services de tutorat à la Maison des jeunes l’Ouverture.

Je n’oublierai jamais les échanges qu’elle avait eus avec Balarama Holness, lors d’un débat ouvert portant sur la jeunesse montréalaise, au Keke Show, en 2017. Depuis cette intervention militante, je savais qu’elle se lancerait en politique afin de devenir la voix des jeunes, des aînés et de tous ceux qui veulent être entendus.

D’autres candidats afrodescendants tels que Josué Corvil (Ensemble Montréal), Kettly Beauregard (Projet Montréal) et Dominique Ollivier (Projet Montréal) attirent également mon attention.

Ah, oui, j’allais oublier Henri-Robert Durandisse (Projet Montréal), Dapĥney Colin (Projet Montréal), Emilia Tamko (Ensemble Montréal) et…

En fait, je dirais que nous sommes comblés par la diversité de ces élections.

Que vous soyez de Verdun, d’Anjou, de Montréal-Nord ou de Rivière-des-Praires, vous avez la possibilité de voir des candidats qui vous ressemblent sur les pancartes électorales.

Des candidats qui, espérons-le, sauront défendre les intérêts de tous les citoyens, y compris ceux des laissés-pour-compte.

En effet, certains aspect de la politique montréalaise semblent avoir changé, et ce changement ne serait peut-être pas concrétisé sans l’opiniâtreté et la persévérance d’activistes comme Emilie Nicolas, Anastasia Marcelin, Will Prosper, Renzel Danshington, Thierry Lindor et tant d’autres.

Gens de la communauté, peu importe votre allégeance politique, ne manquez surtout pas le train de ce rendez-vous historique en exerçant votre droit démocratique de voter.

D’ailleurs, vous pourrez voter par anticipation le dimanche 31 octobre, et dans certaines municipalités, vous pourrez le faire dès aujourd’hui. Consultez le site internet de votre municipalité pour plus d’informations.

Afin de vous guider dans votre choix, je vous rappelle qu’en politique, le principe « donner sans rien attendre en retour » ne s’applique pas.

Un électeur vote pour un parti politique ou un candidat qui est le plus apte à lui venir en aide au moment opportun.

Et ce n’est pas une histoire d’amour du genre « remen moun ki renmenw », c’est plutôt un deal du monde politique


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